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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 11 septembre 2020
Sa note : 16/20

LINE UP

-Fenriz
(tout)


TRACKLIST

1) Vinterskugge
2) Gjennom skogen til blaafjellene
3) Ut i vannets dyp hvor mørket hviler
4) Dommedagssalme
5) In the Halls and Chambers of Stardust the Crystallic Heavens Open
6) Fanden lokker til stupet (Nytrad.)
7) Naglfar
8) Thy Gruesome Death
9) Deathcult
10) Rise from Below
11) Dark Lord of Gorgoroth
12) Trollwandering (Outro)
13) The Fog (Early 1991)
14) Storm of Evil
15) Begtrollets gravferd
16) Our Lord Will Come

DISCOGRAPHIE

Vinterskugge (1994)

Isengard - Vinterskugge



Ne vous fiez jamais à Google Translator ! Jamais ! « Vinterskugge » ne veut pas dire « Ombre de l’hiver ». « Vinterskugge » veut dire « Gloubiboulga ». Pour mémoire, et pour les plus jeunes d’entre nous, le gloubiboulga est le plat préféré de Casimir, dinosaure orange bipède anciennement salarié d’Antenne 2, au même titre que son vert cousin Hippolyte. Ingrédients : chocolat, confiture de fraise, moutarde, saucisse crue. La chantilly n’entre pas dans la composition du mets, c’est une invention des media. Casimir a d’ailleurs démenti sur Twitter cette fake news.

Le rapport avec la première sortie grand format d’Isengard ? Que Fenriz y a fourré également plein de trucs. C’est le propre des compil, me direz-vous,  mais cet ordre quasi-aléatoire dans cet agencement de folk metal, black metal, doom metal, death metal, ambient et même de gothopunk, via le fabuleux OVNI "Storm of Evil", laisse un peu pantois. Et on peut être sûr qu’il s’est retenu de mettre du thrash et du neofolk... A y réfléchir un peu plus, cette diversité n’est pas si étonnante : d’une part, le crâne de Fenriz a toujours abrité un bouillon créatif important. D’autre part, l’ancêtre d’Isengard, Pilgrim Sands, était un projet doom, et l’on sait tous que Darkthrone a commencé en tant que groupe de death metal, avant d’aller dessiner des cercles intérieurs. Bref, qu’un projet ait cristallisé les divers centre d’intérêt de l’artiste ne doit pas surprendre. En revanche, la dynamique de l’ensemble est un peu étrange. Pourquoi casser d’entrée le rythme créé par "Vinterskugge" en plaçant juste derrière un titre doom/ambient lancinant ?
Bloc death-metal old-school mis à part, de "Thy Gruesome Death" à "The Fog" , on éprouve une sensation de marche aléatoire à l’écoute des différentes pistes… Et vous savez le pire ? C’est que ça marche ! Si cette œuvre jouit depuis sa sortie d’un statut d’album kvlt, ce n’est pas uniquement pour le nom de son créateur, ni pour cette fabuleuse pochette*, une des meilleures du genre. Ce sentiment de ne pas savoir ce qui va te tomber sur le coin de la gueule dans les minutes suivantes, agrémenté du parfum « nature malfaisante » qui émane de toutes les pistes, crée un climat unique, qui parvient à gommer le semi-ennui engendré par le quart d’heure garage death-metal évoqué plus haut. Le reste des titres, en revanche, s’avère de grande qualité. Ils naviguent entre unholy black metal, dungeon synth maudit et folk metal raw et grandiloquent à la fois et créent une atmosphère unique, ponctuée de surprises comme ce "Storm of Evil", surgi de nulle part. La compil se referme sur un "Our Lord Will Come", mélange doom/folk/deathrock reflétant bien le mélange proposé et la possible perplexité d’un auditeur non préparé. Welcome to Fenriz’s world.


Vinterskugge, c’est culte. Riche, sombre, varié, bordélique. Ce recueil des premiers travaux de Fenriz hors Darkthrone est également imparfait -cf. le trou normand que représente le « moment death metal » de l’œuvre, mais il s’en dégage quelque chose d’unique. Une sorte d’unification chaotique du côté noir de Mère Nature. Et cette pochette, bon Dieu cette pochette…

*Si quelqu’un pouvait me dire ce que Fenriz tient dans ses mains -une pique ? une faux ? un simple bâton ?- je lui en serais éternellement reconnaissant.




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