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CHRONIQUE PAR ...

88
Mita
Cette chronique a été mise en ligne le 26 septembre 2020
Sa note : 8/20

LINE UP

-Ross William Jennings
(chant)

-Richard "Hen" Henshall
(guitare+claviers)

-Charles "Charlie" Griffiths
(guitare)

-Diego Tejeida
(claviers)

-Conner Green
(basse)

-Raymond "Ray" Hearne
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement :

-Pete Rinaldi
(guitare sur 1 et 6)

-Pete Jones
(claviers+programmation)

-Adam "Nolly" Getgood
(basse sur 6)

TRACKLIST

1) Prosthetic
2)
Invasion
3)
Carousel
4)
The Strain
5)
Canary Yellow
6)
Messiah Complex I: Ivory Tower
7)
Messiah Complex II: A Glutton for Punishment
8)
Messiah Complex III: Marigold
9)
Messiah Complex IV: The Sect
10)
Messiah Complex V: Ectobius Rex
11)
Only Stars

DISCOGRAPHIE

The Mountain (2013)
Affinity (2016)
Vector (2018)
Virus (2020)

Haken - Virus
(2020) - metal prog repompé - Label : Inside Out Music



Haken revient vers nous avec son nouvel opus. Continuant l’album concept autour du fameux « Cockroach King », Virus est une suite directe de Vector leur album précédent. Virus a d’ailleurs été écrit / tourné / enregistré dans le bus pendant la tournée de Vector.

L’album se divise donc en deux parties qui souffrent toutes des mêmes travers. Ces travers peuvent passer inaperçus pour certains auditeurs, mais ce n’est malheureusement pas mon cas. Dans un premier temps, la transition entre les morceaux crée de la confusion (changement de style, rythme, ambiance). Ensuite, Virus est un album concept autour du Cockroach King (CK) certes, mais il y a une insistance incroyable sur la thématique. Les références aux couronnes, à l’or (car le CK est associé à Midas cf. les lyrics de CK), ou n’importe quoi qui fait un lien avec le CK sont omniprésentes, parfois de façon directe (repompage de lyrics (voir de morceau) en passant par des citations de Tolkien). Faire un album concept est une chose, saouler les gens avec le concept en est une autre. Ici Haken insulte un peu l’intelligence de ses auditeurs en leur mettant des rappels tous les trois couplets du thème abordé (la légende raconte que les membres d’Haken se sont fait retirer des côtes pour mieux pouvoir s’auto-sucer). Finalement, tout au long de l’album, le chant reste un peu mou du gland, on attend des envolées, mais rien du tout, Icare reste au sol et il n’y a donc plus de mythe à raconter. La première partie commence avec le morceau promo "Prosthetic" qui forme un lien direct entre Virus et l’album précédent Vector. Ce lien est assez évident que ça soit musicalement, dans les thématiques abordées ou même en faisant une référence à l’artwork de Vector (Rorschach). Le morceau est simple sans être simpliste, le riff est efficace. Parfait morceau promo pour enjailler les fans ! On enchaîne avec "Invasion", un autre morceau promo sur lequel le chanteur porte le groupe comme à son habitude, le faisant passer d’ersatz de Leprous à un groupe qui fait le boulot, sans faire de zèle. Jusque là, tout va bien et on passe un bon moment.
Sauf que."Carousel" arrive, un morceau de dix minutes, qui semble en faire cent. Malgré quelques effets de style (le loup qui crie au garçon, les références à l'inversion des valeurs, le nihilisme #PhilosopheMoustachu), le morceau souffre de transition hasardeuse qui donne un aspect patchwork et / ou fourre-tout. De plus, certains passages de tapping me font un peu trop penser à Scale The Summit que pour être honnêtes. La première partie s’achève avec les morceaux "The Strain" et "Canary Yellow" (le dernier morceau promotionnel). "The Strain" souffre de pas mal de défauts : Ross Jennings qui chante faux sur certains passages (le comble pour un groupe qui met tant le chant en avant), le mixage laisse à désirer (probablement que ça a été mixé dans le Drive-In du McDalle pendant la tournée) et finalement il n’y a pas vraiment de rapport entre le chant et l’instru qui est censé l’accompagner. "Canary Yellow" lui est un peu mou du gland, mais fait le boulot, sans particulièrement redresser la barre. Force est de constater que les morceaux promos font partie du top 3 des morceaux de l’album (publicité mensongère ? Je vous laisse vous faire votre propre avis). Maintenant qu’on a commencé à rentrer dans le puant, c’est le moment de rentrer dans la fosse sceptique qui sert de deuxième partie à cet album. Je parle bien évidemment de "Messiah Complex I-V" que je vais me permettre de commenter dans son ensemble. "Messiah Complex" est un repompage total de ce que Haken a fait dans le passé. Que ça soit revisiter leur seul morceau à succès ou pomper des trucs (pardon, faire un clin d'œil) à Metallica, Gentle Giant ou d’autres, rien de neuf n’est proposé. Seule la deuxième partie se démarque un peu avec un chant qui se reprend et une instru qui m’a sorti de l’apathie provoquée par cette seconde partie d’ album.

Haken revient donc nous présenter son Virus « Eco+ », que j'aurais personnellement défini par Cancer. Car oui, le fan service, le repompage, les références ont leurs limites. Et là c’est l’overdose. Haken confirme pour moi être un groupe que je qualifierais de “One-hit wonder”. Avoir un bon morceau c’est bien, en faire deux albums concepts… C’est moyen. Utiliser la pandémie pour nourrir les fans hardcore et les boulimiques de musique n’est pas une excuse pour un travail si peu inspiré.



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