18455

CHRONIQUE PAR ...

3
TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 octobre 2020
Sa note : 12/20

LINE UP


(chant)

-₣
(chant+guitare+claviers+basse)

TRACKLIST

1) Onde
2) Vésuve
3) Ecueil
4) Sans sèves
5) In Humus
6) Nitre

DISCOGRAPHIE

Sel de pierre (2020)

Vous autres - Sel de pierre
(2020) - black metal - Label : Season Of Mist



Problématique : comment faites-vous lorsque vous prenez un promo dont vous savez pertinemment qu’il ne vous correspondra pas ? Vous essayez de faire preuve d’ouverture d’esprit en chassant les immanquables préconceptions qui pollueront par trop votre jugement qui deviendrait alors hautement partial. C’est ce à quoi je dois m’attacher avec Vous autres. Le groupe coche beaucoup d’alertes rouges : nom français, chant français, dépressif, torturé et pas que black. Cerise sur le gâteau, ils sont Parisiens.

Seulement là où réside la lueur d’espoir est dans le mélange opéré. Point de core ou post ou rock ou autre étourderie romantico-catastrophique. Du sludge. Ah, déjà un voyant passe au vert. Black avec touche de sludge, ça rappelle Regarde les hommes tomber, dont le meilleur album est l'avant-dernier, celui à la teneur en sludge plus élevée que le trop black dernier opus. Éclaircie obscure qui comble de bonheur un cœur trop fragile. Cependant, les tentations post demeurent, même si elles restent sous tutelle serrée (la fin de "Onde" par exemple). Et le sludge se manifeste très rapidement par un son gras, lourd et collant. La grosse caisse est à ce titre fermement mise en avant dans le mix avec une rondeur excessive pour vous enfoncer copieusement à chaque frappe.
Les compositions pour leur part aiment à s’étirer, bien qu’il ne soit pas rare qu’elles daignent passer sous la barre des cinq minutes. De plus, l’album en lui-même est court : à peine trente-huit minutes pour six chansons. Nous ne devrions pas avoir matière à côtoyer l’ennui. D’ailleurs, si certaines durées flashent les huit minutes, c’est surtout dû à un rythme pachydermique qui s’exprime pour appuyer le propos apocalyptique qu’elles souhaitent envoyer à l’auditeur. Apocalypse et désespoir, n’oublions pas que nous sommes dans un black metal d’obédience citadine et moderne. Dans ce cadre, les blasts sont rares, et c’est une bonne chose car ils ne s’acoquinent guère au son très lourd de la grosse caisse, qui prend alors toute la place dans le message sonore.
Black sludge donc… ambiance apocalyptique de fin du monde. Nous sommes dans le vrai. Là où le groupe peut décevoir, c’est dans la variation de son expression. Certes, la joie n’a pas droit de cité, et c’est bien normal, mais les méthodes de composition semblent se répéter de plage en plage, ce qui, malgré leur qualité tout à fait honnête, va conduire le moins excité doucement vers l’ennui. Un discours relativement linéaire qui bloquera une partie du public. Peut-être est-ce un bon signe pour les amateurs fermes, eux seuls seront en mesure de juger, mais concrètement, ce n’est pas le type de sortie qui convertira les récalcitrants.


Un effort méritoire cependant, gorgé d’ambiances lourdes et pesantes propres au sous-genre. Il ne prendra pas une place au soleil dans l’esprit du blackeux, mais il n’est pas le public visé. Pour les autres, voyez-y un bon moment, malgré un manque de diversité patent, et plus si affinité.





©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6