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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 21 novembre 2020
Sa note : 15/20

LINE UP

-Simon Duson
(chant)

-Jonathan Verstrepen
(guitare)

-Bert Vervoort
(guitare)

-Yarne Heylen
(basse)

-Vincent Verstrepen
(batterie)

TRACKLIST

1) Iron Discipline
2) Sepulcher of Alteration
3) Where Death Lies
4) Spirit Excision
5)  Napalm Ascension
6) Serpent's Breath
7) Malformed Regrowth
8) Reincarnation
9) In Chasms Abysmal

DISCOGRAPHIE


Carnation - Where Death Lies
(2020) - death metal - Label : Season Of Mist



Dans la multitude des sorties estampillées death old school, il est parfois difficile de s’enthousiasmer, de trouver le disque qui saura vous transporter réellement, davantage que lors des primes écoutes. Nombreuses sont en effet les formations à ne proposer qu’une énième copie carbone de ce qui a été fait par le passé.

Carnation est de ceux-là. De jeunes Belges qui entendent rendre hommage à une scène death très ancrée dans le début des années 1990. Leur premier album a cependant fait parler de lui, grâce à de véritables qualités, mais également quelques défauts, ce qui est tout à fait excusable pour une première offrande. Les prestations live de la troupe n’ont fait qu’accroitre sa réputation d’espoir du death belge. Voici donc venue l’heure si délicate de se présenter avec un second enregistrement et de savoir si les espérances de beaucoup seront confirmées. Qu’il soit annoncé, sans ambages : rien n’a quasiment bougé. Ne vous attendez pas à une révolution musicale en écoutant Where Death Lies. L’ensemble est toujours ancré dans le swedeath, les lignes de guitares ne trompent en effet personne sur l’inspiration de Carnation. Le groupe semble s’être imposé une limitation de vitesse drastique. Pas de risque de se faire contrôler et verbaliser ici pour excès de célérité. Pas de quoi envisager une kyrielle de passages trop lents cependant, mais les compositions élaborées ici demeurent mesurées en termes de vivacité. Quelques blasts maîtrisés sont pourtant de la partie, sans chercher à dépasser le mur du son.
La force des Flamands réside dans leur capacité à être efficaces, sans oublier de faire montre de puissance et de virulence. De très bonnes choses, il y en a sur cet album. Du riff costaud et bien violent, dont le meilleur exemple est "Where Death Lies", le meilleur moment de ces quarante minutes de musique. L’aspect mélodique n’est pas oublié, quelques soli se frayant une place au milieu de ce puissant maelström, dès le massif et introductif "Iron Discipline" ou sur le très bon "Spirit Excision". Les vocaux de Simon Duson sont une fois encore excellents et magnifient la musique de ses acolytes. Ils sont bien profonds et évoquent toujours l’un des géants du genre, George Corpsegrinder. Carnation ne s’est pourtant pas contenté de recopier un premier album en y gommant quelques scories. Il a tenté quelques originalités, en témoigne le clavier qui annonce "Reincarnation" et apporte de fait un aspect moins brutal. Le mid tempo qui s’ensuit, sans être désagréable, casse quelque peu la dynamique en marche. Et le final "In Chasms Abysmal" aura du mal à retrouver la fougue du début. Lourd au possible mais trop long, il laisse émerger un chant clair peu assuré. L’on comprend aisément que la formation a cherché à proposer autre chose que du death classique, sans parvenir à pleinement convaincre.


Le deuxième album de Carnation est donc bien conforme à nos attentes. Il y présente la suite logique de Chapel of Abhorrence, à savoir un death des plus classiques, maîtrisé et puissant. Sans totalement subjuguer, il faut reconnaitre aux Belges leur propension à travailler de nombreux détails qui les place parmi les meilleurs représentants du style actuellement. Espérons que le futur les verra encore grandir et ne pas perdre cette hargne qui les caractérise.






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