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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 05 mars 2021
Sa note : 18/20

LINE UP

-Markus "Schwadorf" Stock
(chant+guitare+basse+batterie)

-Thomas Helm
(chant+claviers+piano)

Ont participé à l'enregistrement :

-Nadine Mölter
(flûte)

-Aline Deinert
(violon+alto)

-Robina Huy
(violoncelle)

TRACKLIST

1) The Three Flames Sapphire
2) A Lucid Tower Beckons on the Hills Afar
3) The Oaken Throne
4) Moonrise
5) The Archer
6) The Wild Swans
7) In the Morning Mist
8) Über den Sternen

DISCOGRAPHIE


Empyrium - Über den Sternen
(2021) - doom metal folk - Label : Prophecy Productions



- Là !
-Quoi encore ?
-J’ai vu un orque !
-Pfff…
-Mais je te jure ! Et toute à l’heure, Gandalf est passé à cheval ! Il m’a frôlé !
-Mais oui bien sûr ! Je te rappelle qu’on se ballade dans l’univers d’Empyrium ! EM-PY-RIUM ! Pas SUM-MO-NING ! Tu comprends ?


Et pourtant… Après, je comprends l’incrédulité du second promeneur des Monts Empyréens. Si le duo germain n’a jamais donné dans la condamnation des vilains méchants pourrissant notre belle société via des chansons judicieusement et originalement intitulées "Fuck the society!" ou "Mort à la police !", leur doom-folk-metal et leur neofolk, donnaient jusque-là dans la poésie sérieuse. Chez Empyrium, on parcourait de vraies forêts en séchant de vraies larmes, tandis que de vrais cygnes et de vrais spectres gambadaient dans le brouillard. Aucune trace de créatures tolkiéniennes (tolkiéniques ?). Pas de Balrog, pas de Tom Bombadil empruntant les mêmes sentiers que Schwadorf et Thomas. Avec le splendide Über den Sternen, ça change. Ma première écoute de "A Lucid Tower Beckons on the Hills Afar" m’a absolument pris au dépourvu et électrisé. Ce mystérieux syncrétisme empyriumo-summoninguien fonctionne à merveille ! Je rassure les fans hardcore des deux Teutons : Empyrium n’a pas troqué ses merveilleuses sonorités pour le clavier Bontempi des Autrichiens. Mais, ces sons cristallins et « orientaux », cette guitare vrombissante sont reconnaissables entre mille ! "A Lucid Tower..." est le titre où l’influence est la plus nette, mais la fin du splendide "The Oaken Throne" nous ressert de la guitare aigrelette façon Protector et Silenius.
Du coup, l’ambiance de conte qui entoure Über den Sternen se teinte d’un côté fantastique. Comme si le romantisme du groupe se parait d’un je-ne-sais-quoi aventureux. Pour le reste, la nouvelle livraison du groupe ressemble fort à une synthèse de ce qu'Empyrium fait de mieux. Mélangeant brillamment le neofolk de Weiland, le doom folk clean de The Turn of the Tides et le doom atmosphérique de Songs of Moor and Misty Fields - sans le côté trop maniéré qui m’agaçait sur les premières œuvres du duo - cette errance au-dessus des étoiles a tout d’un parcours sans faute. Trois moments très forts se détachent. Outre "A Lucid Tower...", "The Oaken Throne", rêverie folk où le velouté lyrique de Thomas nous émeut une fois de plus, prolonge de manière succulente le titre précédent. Le titre final éponyme, ponctue l’album de manière épique, avec ses dix minutes de doom simple et grandiloquent. La qualité du reste de cette sixième saison des aventures d’Empyrium est néanmoins guère inférieure à celle du splendide trio. Le folk inquiétant de "The Archer" et la simplicité désarmante d’un "The Wild Swans", tous claviers dehors sauront faire frémir le fan et le moins fan. Et puis, le mot est lâché…


Simplicité. Simple is beautiful. Empyrium est passé maître dans cet art bien plus délicat que ce qu'en pensent les fans intégristes de technique, ceux qui se gaussent dès qu'un titre ne possède pas une dizaine de breaks. Tant pis pour eux. Sorte de synthèse des épisodes précédents, Über den Sternen intègre également quelques éléments propres aux orques du pays voisin et nous régale une nouvelle fois. Merci à eux.





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