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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 19 octobre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-Inconnu

TRACKLIST

1) Fährde
2) Schattenschafott
3) Ruß
4) Herbstluft
5) Laere
6) Der Ietzte Pfad
7) Moorbrand
8) Heimkehr
9) Adern des Abgrunds
10) Enthauptet

DISCOGRAPHIE

Ødnis (2021)

Dødsdrift - Ødnis
(2021) - black metal - Label : Vendetta Records



Black metal, vous avez dit, black metal ? C’était bien ce que vous recherchiez en ouvrant la porte, non ? Il fallait s’en douter un peu aussi. Vous contempliez une maison de bois perdue au milieu d’une forêt enneigée, éclairée de son seul foyer incandescent. Il ne fallait pas être devin pour tout deviner. Et puis ses sonorités germaniques prononcées par cinq puissants gaillards fortement grimés et tout de noir vêtus, sans identité. C’est alors que la troupe s’est abattue sur vous…

Dødsdrift avec sa deuxième sortie ne cherche pas les faux-semblants. Tout au plus la petite intro de rigueur apporte-t-elle une déviation dans une ligne de conduite globalement parfaitement compréhensible : noir glaçant, neige perçante, nuit éternelle. Car le propos des Germains est dur et pur. Blasts appuyés et très définis couverts de riffs frigorifiques fermement appuyés par une production à l’avenant, forte dans son appréciation de la grosse caisse, précise pour reproduire la caisse claire, et surtout, surtout, excessivement glacée dans ses guitares. Le caractère du quintet (on le devine par l’entremise de la photo promo) est sacrément affirmé. Et pour les âmes en fuite des mélanges des genres, l’occasion est rêvée de s’abandonner à l’écoute d’une possible pépite de leur art favori.
Qu’importe l’enrobage, autre chose certaine, Dødsdrift ne va pas chercher ses influences bien loin : un peu de Infestus, un soupçon de Der Wer Einer Freiheit et pourquoi pas un épanchement de Verheerer pour la partie allemande. Risquez-vous à évoquer le Marduk récent pour certains riffs fusant sur une vitesse interdite. Vous avez alors une vision précise de cette bête furieuse qui s’appuie sur des riffs saillants pour bâtir une atmosphère, sinon épaisse, tout du moins prégnante à tous les égards. La créature avance alors à marche forcée sans regard derrière car la pointe de ses crocs gicle en permanence vers l’avant, à l’affût de la moindre faiblesse de ses auditeurs. Ødnis s’écoute en pensant aux Grands Anciens de Thulé, à ces peuples hyperboréens de légende qui affrontaient le froid le plus total.
Ce qu’il en reste semble infuser le sang écarlate qui coule dans les veines des Allemands. Avec une réussite insolente, ils enchaînent des chansons assassines tout autant que porteuses émérites des valeurs sombres de leur pays. Riffs simples mais carrés et froids, avec ce chant braillard, raclé avec vigueur, abrasif en allemand, support imbattable des collusions martiales et vindicatives. Notez également la performance sans faille de l’ami batteur, qui entre le son, la rapidité d’exécution et la précision des frappes rappelle furieusement un certain Tobias Schuler des précités Der Weg Einer Freiheit. Puissance et précision, la partie rythmique donne la force de frappe. Les guitares dans tout leur embrasement, capables d’assumer un mid-tempo tout comme le tremolo le plus rapide réjouissent tympans et amateurs de noirceur.


Bien bel album que voilà. Saupoudré juste finement d’une couche post qui serait anecdotique si on ne l’avait pas notée. Pas original, pourtant bien personnel, hautement homogène dans sa qualité, Ødnis fait partie des sorties avec lesquelles il faut compter en cette année 2021 dans le black metal, indubitablement.





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