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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 26 octobre 2021
Sa note : 16/20

LINE UP

-2.Division, Infanterie-Regiment Nr.147, Oberleutnant - Ditmar Kumar 
(chant)

-37.Division, Feldartillerie-Regiment Nr.73, Wachtmiester - Liam Fessen
(guitare)

-5.Division, Ulanen-Regiment Nr.3, Sergeanten - Vitalis Winkelhock
(guitare)

-9.Division, Grenadier-Regiment Nr.7, Unteroffiziere - Armin fon Heinessen
(basse)

-33.Div., 7.Thueringisches Inf.-Reg't. Nr.96, Gefreite - Rusty Potoplacht
(batterie)

A participé à l'enregistrement :

-David Bjerregaard "Dave" Ingram
(chant sur "Passchenhell")

TRACKLIST

1) War In
2) Arrival. The Meuse-Argonne
3) A7V Mephisto
4) High Wood. 75 Acres of Hell
5) Beat the Bastards (The Exploited cover)
6) Hanging on the Barbed Wire
7) Passchenhell
8) C'est mon dernier pigeon

9) Stoßtrupp
10) The Hundred Days Offensive 
11) War Out

DISCOGRAPHIE


1914 - The Blind Leading The Blind
(2018) - death metal black death doom metal - Label : Archaic Sound



Parmi les thèmes favoris des musiciens de la scène metal, on retrouve régulièrement Satan, la magie et la sorcellerie, les dragons, la tristesse... Figurant en bonne position, la guerre sous toutes ses formes est souvent source d’inspiration pour les artistes œuvrant dans ces styles.

1914 nous vient d’Ukraine et avec un nom pareil, vous vous doutez bien que ces messieurs ne vont pas vous raconter la bataille des Thermopyles. Non, ici c’est de violence industrielle, de boue et de froid dont il sera question. Après un premier effort longue-durée qui ne restera pas dans les mémoires, sobrement intitulé Eschatology of War, la troupe est de retour quelques années plus tard, avec de plus solides arguments. À commencer par une magnifique pochette réalisée par Vladimir Chebakov, qui ancre directement l’auditeur dans cette atmosphère mortifère qui ne le quittera jamais durant l’heure que dure l’album. Pour dépeindre l’horreur de ce premier conflit mondial, le quintet a affuté ses armes. Il propose toujours un doom death teinté de black, mais bien plus maitrisé que sur lors de ses primes estocades. Après une chanson datée de 1914 d’Helen Clarke censée motiver les troupes, c’est un puissant "Arrival, The Meuse-Argonne" qui vous plonge directement dans l’enfer des combats que tente de dépeindre 1914, suivi du très bon "A7v-Mephisto". L’aspect doom death fait forcément penser aux pontes du genre, à commencer par Asphyx. 1914 ne s’interdit pas cependant de pilonner comme il se doit son public, telle une batterie d’obusiers préparant l’assaut, avec des passages plus enlevés.
Au milieu de cette déferlante sonore, une véritable bizarrerie. Une cornemuse, rappelant que dans ce premier conflit mondial, les mobilisés venaient de toutes les contrées, Écosse incluse. Drôle d’introduction pour un "Beat The Bastards" qui n’est autre que la reprise à la sauce 1914 du tube des punks de The Exploited.  Avant qu’un gros morceau de cette sortie ne soit dévoilé, "Passchenhell", avec d’inquiétants violents qui viennent en contrepoint d’une rythmique imposante et d’une mélodie entêtante. Ajoutez à cela la présence de Dave Ingram, que l’on connait pour son travail avec Benediction, qui a également un temps rejoint la compagnie Bolt Thrower. La comparaison avec ce dernier groupe est d’ailleurs évidente, notamment eu égard au thème évoqué, mais également musicalement. 1914 ne groove pas comme les Anglais, mais sait habilement alterner brutalité massive et impétuosité. En neuf pièces, les Ukrainiens parviennent à raconter la guerre, terrifiante et implacable. De cette folie des hommes utilisant leur industrie pour se détruire. Pas de glorification ici. Juste un constat glacial de la bêtise de ces oppositions qui ont mené à la tombe des millions de personnes. Avec l’aide de quelques extraits de films bien placés, ils ont réussi le pari de sortir un disque solide, qui ravira les amateurs du genre.


11 novembre 2018. Le centenaire de l’armistice de la Première Guerre mondiale est partout célébré. 1914 a apporté sa pierre à l’édifice, en publiant à cette date son deuxième album, réussi. De quoi taper dans l’œil et les oreilles de plus gros distributeurs. Affaire à suivre.





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