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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 novembre 2021
Sa note : 13/20

LINE UP

-Christian "Bakka" Larson
(chant+guitare)

-Joshua "Craig" Bokemeyer
(guitare)

-Mat V. Aleman
(basse)

-Dobber Beverly
(batterie)

TRACKLIST

1) The Black Flame Burns
2) Darker than the Night
3) Madness Descends
4) Return to Chaos
5) Death Comes for Us All
6) Unholy Hunger
7) Betrayal of the Queen
8) Plague Requiem

DISCOGRAPHIE


Necrofier - Prophecies of Eternal Darkness



Vous commencez à bien me connaître si vous lisez régulièrement les chroniques black metal (et autres, si si, ça arrive) de ce site : le black froid, proche des forêts boréales et organique, c’est mon dada. Par contre, la vision américaine me laisse au mieux de marbre. Voire m’indigne par ses percées trop deathisantes.

Alors lorsque j’apprends que Necrofier est américain, mon sang ne fait qu’un tour. Pourtant, non, le trop-plein de gras n’est pas présent. Ni l’étalement intense façon post trop atmosphérique. Prophecies of Eternal Darkness semble d’obédience plus classique sur le plan sonore. Musicalement, l’affirmation est impossible. Le groupe joint en effet des tremolos, survivance des heures les plus éculées du genre, à des riffs emprunts d’une énergie puissamment thrash. Le groupe se décrivant de lui-même comme heavy également, il serait bien malaisé de leur retirer ce qualificatif tant les passages mid tempo parsèment l’album, accompagnés qu’ils sont alors de riffs façon papi metal. Par contre l'écueil dans lequel se vautre magistralement la horde : les titres de chanson grossièrement clichesque. Ça pourra plaire à certains.
Quoiqu’il en soit, la mixture finale fait ressortir un côté metal au sens étendu dans la musique des Texans. Je n’irais pas jusqu’à la taxer de raffinée, cependant force est de reconnaître une volonté manifeste et louable de s’enticher de codes autres que ceux qu’impose son genre de prédilection. C’est tout à leur honneur. Est-ce une réussite pour autant ? L’amateur indécrottable de black metal dans une vision plus pure que la mienne aura évidemment du mal à répondre par l’affirmative. Le chant trop éraillé servira de repoussoir probable à la frange la moins extrême du spectre de l’amateur. Pourtant, négliger les attraits de la variété des genres abordés serait un impair. Certes pas mortel, néanmoins il subtilise à la musique créée une grande partie de son intérêt et de sa personnalisation.
Ne pas se fourvoyer dans un tel égarement, voici la direction que propose cette chronique. Un peu contre-nature, pourtant il faut savoir reconnaître les bonnes idées lorsqu’elles existent. C’est ainsi que Necrofier faisant maturer son art en retire une vision distincte. Cette vision n’est pas forcément la Vérité unique ou ultime, elle ne plaira pas à tout le monde mais elle a le mérite de proposer. De choisir et de donner. Dans les influences, je lis Watain (sur lequel je suis inculte) et Dissection (beaucoup moins pour le coup) et j’avoue une incompréhension teintée de remise en cause de la crédibilité de ceux qui assènent de telles affirmations. Nous sommes bien loin d’un black/death mélodique.


Necrofier, quoi qu’est-ce ? Une volonté affirmée de faire du black metal à sa sauce. Heavy par-ci, thrash par-là, bien black ici. Impossible d’en décréter la réussite absolue, l’intensité globale qui se dégage du disque demeure en deçà des attentes d’un tel statut. Cependant, pour les curieux et amateurs de mélange des genres (avec dominante black), voici un opus qui pourrait contenter.





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