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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 17 mai 2022
Sa note : 12/20

LINE UP

-Stefano Borciani
(chant)

-Stefano Rossi Ciucci
(guitare)

-Ricciardo Rogari
(basse)

A participé à l'enregistrement :

-Francesco Paoli
(batterie)

TRACKLIST

1) Witness of the End Times
2) Haruspex
3) Liturgy of Emptiness
4) Atonement
5) Indoctrinated Reborn
6) Obliteration
7) Resurrection Denied
8) Embrace the End
9) Seeds of Cain

DISCOGRAPHIE


Instigate - Unheeded Warnings of Decay



L’Italie ne cesse de surprendre, capable de sortir un Maneskin tout comme des qualifications pour la prochaine coupe du monde (pique grossière gratuite non fortuite). Mais aussi des Fleshgod Apocalypse ou autres Aborym. Ben là prenez, ce sera Instigate auréolé d’une aisance de moyens certaine. Et ils sont pas contents. Ils font du death metal.

Ça va bastonner. Des les premières notes on sait des choses. Dans le cas de Instigate, on sait qu’on va prendre cher. En fait, il aurait suffi de se pencher sur leur bio pour le savoir : Francesco Paoli. Ok, il n’est là qu’en musicien de session, mais si je vous dis Fleshgod Apocalypse, vous avez vite compris le déluge qui va s’abattre. Et le fanatique est à la hauteur de ses habitudes. Oh putain oui. Roulements terrifiants de double grosse caisse, blasts apocalyptiques, et toutes les variations dans la brutalité que sont les descentes de toms ou les fracas sur les cymbales. Membres de la CAABB (Confédération des Amis Amateurs de Batterie Brutale), prenez votre abonnement. Tout un paragraphe pour parler batterie en ouverture de chronique, avouez que ce n’est pas banal. Pourtant c’est justifié, à la fois pour la performance mais aussi pour sa proéminence dans le mix. Auraient-ils conscience que leur meilleure arme est derrière les fûts ?
Peut-être.
Réponse cryptique. Et inquiétante pour le lecteur qui n’a pas encore posé ses oreilles sur le groupe. Le côté oui tient en cette performance, implacable et fermement mise en avant. Fort heureusement, il existe un côté non. Vous savez, celui qu’on a tendance à appeler « obscur de la force ». Car derrière l’avalanche se cacheraient presque les riffs. L’épine dorsale de tout album metal qui se respecte. Et particulièrement dans le cas d’un bon gros album de death qui tache. Car voici du death qui fleure le brutal et enquille surtout les riffs. Riffs massifs, parfois marquants, ils puent la puissance écrasante. Ils défilent à toute allure également, car le gratteux n’est pas avare de la chose. À croire qu’il a des idées, et de la suite. Pour un premier album on se dit que maîtrise il y a. En se penchant sur le CV des gusses, on comprend mieux, ils ont une solide expérience préalable dans le genre. Ils ne débarquent donc pas nus de leur première nuit à l’existence.
Alors non ce ne sont pas des pontes mondiales du style, la preuve, sorti de Francesco Paoli on ne les connaît guère si le death metal n’est pas notre café quotidien. Mais ils ont un gros bagage technique qui se constate sans coup férir. Bagage n'étant pas la raison d’être de l’album car l’accent est surtout mis sur la force et la brutalité. L’aisance instrumentale se mue en facilitatrice de créativité. Alors certes, l’originalité n’a pas force de loi sur Unheeded Warnings of Decay (tu le sens le titre d’album bateau ?). Pourtant, prenez "Indoctrinated Reborn", les passages groovy empruntés au rock garage sont un bol d’air frais ultra bienvenu. En évitant à l’album de sombrer tête la première dans un monolithisme suffocant, ils donnent un repère à l’auditeur, une chandelle standard par laquelle on mesure notre progression dans le temps. Certes, cela ne suffit pas à totalement émerger d’une construction type pavé, grevée par une approche mur de son trop grossière pour être honnête, néanmoins cela ménage des plages de répit.


Sympathique cargaison de death tendance brutale rondement menée. Malgré des velléités évidentes de ne pas se cantonner à une brutalité vaine, on dénote une glissade coupable dans une mélasse trop épaisse apte à déclencher des déclarations justifiées, du type : « Ai-je changé de chanson ? ». Nonobstant cette réserve importante, voici du travail bien fait, brutal et maîtrisé.





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