1945

CHRONIQUE PAR ...

21
Wineyard
Cette chronique a été mise en ligne le 18 avril 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Stefan Drechsler
(chant+guitare+basse)

-Christopher Duis
(chant+batterie+percussions)

-Amier
(basse)

TRACKLIST

1)Das Kalte Feuer
2)Der Erde Entwachsen
3)Der Fall

DISCOGRAPHIE


Kerbenok - Der Ende Entwachsen
(2008) - black metal folk - Label : Autoproduction



Il y a aussi une scène Black Metal en Allemagne, mais il semblerait que cela relève du parcours du combattant. Kerbenok vit le jour en 2000, mais ne sortit sa première démo qu'en 2003, puis une deuxième deux années plus tard. 2008 est le tour de leur troisième démo, Der Erde Entwachsen, et toujours en autoproduction. Mais ce coup-ci, Northern Silence les a signés pour leur premier album, 8 ans après leur formation. Pourtant, des groupes bien moins intéressants ont eu leur chance plus rapidement...

Plutôt travaillé pour un EP, l'artwork de ce Der Erde Entwachsen est assez inhabituel : point de croix renversée, point de gai camaïeu de noir agrémenté de blanc, point de démon aux mains sanguinolentes ni de paysages neigeux. Au lieu de ce folklore, une simple superposition de feuilles vertes et sèches sur un fond d'écorces d'arbre, du genre apaisant bien qu'assez lugubre. Tout ceci pour montrer que la nature est la muse de Kerbenok, à croire que les écologistes allemands ont aussi de l'influence sur les musiques extrèmes.

Le côté musical est également différent des canons blacks scandinaves, sans toutefois être révolutionnaire. Entendez par là que le black metal de Kerbenok n'apporte rien de nouveau, mais il se démarque de la masse par certains aspects, à commencer par des passages instrumentaux planants ou folks surtout, comme cette intro de "Das Kalte Feuer" ou ce break sur "Der Fall". D'autres l'ont fait, certes, mais le groupe montre beaucoup de maturité à savoir les intégrer à des titres longs et épiques pour donner une dimension folk certaine.

Der Erde Entwachsen est à ranger à côté de Windir pour ce côté mid-tempo folk, à ceci près que le son de Kerbenok reste un peu sourd - l'autoproduction a ses limites - et il est assez difficile d'entendre tous les détails de la musique. À titre d'exemple, les chœurs pourtant inspirés de "Das Kalte Feuer" et "Der Fall" ne rendent rien, alors qu'ils devraient participer à l'ambiance qu'aurait voulu donner le groupe. La voix black est en revanche bien audible, mais elle ne parvient pas à faire oublier que la batterie est trop claire et en retrait.


Kerbenok fait partie de ces groupes peu connus mais dont la musique fait ressentir qu'ils ont de la bouteille et ce petit quelque chose qui les rend dignes de considération. Il serait de très bon ton que le groupe puisse bénéficier de moyens de production plus efficaces pour enfin avoir un rendu gratifiant du travail musical avalé par une autoproduction à petit budget.


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