2032

CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 30 avril 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Damien
(chant)

-Bebech
(guitare)

-Kristof
(basse)

-Fred
(claviers+programmation)

TRACKLIST

1)Introduction/Before the Storm
2)When Darkness Falls
3)Carpe Diem
4)Lost in Time
5)Bullfighting
6)Dark Lullaby
7)Your Bomb
8)Shame
9)The Beast Within
10)Inability to Forget

DISCOGRAPHIE


Anamnesia - Of Gods And Men




L’anamnèse est l’incapacité à oublier, le rappel du souvenir. C’est sur ce thème cher à Platon et à la philosophie en général que les Lorrains d’Anamnesia fondent leur univers très particulier et, par extension, un groupe à la personnalité assez marquée – une chose assez rare pour être soulignée, surtout pour un groupe naissant, qui signe là, avec Of Gods And Men, son second album, toujours autoproduit.


Les membres du groupe ont tous des influences musicales assez diverses et cela se ressent à l’écoute de cette autoproduction. Cependant, premier conseil d’ordre purement esthétique: montez le son. Souffrant d’un volume assez faible, l’album mérite que l’on équilibre un peu son equalizer pour apprécier pleinement le dark metal assez inclassable proposé par les Lorrains. N’hésitant pas à allonger ses compositions (six minutes en moyenne) pour faire rentrer l’auditeur dans son trip, Anamnesia aime aussi à puiser des éléments musicaux dans pas mal de genres différents et à mélanger les styles, au service d’une certaine originalité que je n’ai pas entendue dans une autoproduction depuis longtemps.

Scindées en deux parties et introduites par deux plages ambiantes pas piquées des vers (ha, "Before The Storm", cette introduction mystérieuse…), les huit compositions de ce premier album, menées par le growl de Damien (qui lorgne sans vergogne vers celui de Rob Flynn) oscillent entre dark metal ambient – les nombreux samples, breaks atmosphériques et pans très progressifs ("The Beast Within", "When Darkness Falls") agrémentés de passages instrumentaux très sympas (le didgeridoo sur "Lost In Time", l’orgue sur "When Darkness Falls") – et riffing très moderne, presque néo, voire indus avec ses samples électro du plus bel effet ("Your Bomb"). Bref, un album atypique.

On sent d’ailleurs que le quatuor a fait pas mal d’efforts pour harmoniser le tout, car un album qui mange à tous les râteliers n’est pas forcément cohérent de bout en bout. Or, ici, le tracklisting est étudié avec un soin tout particulier et confère à Of Gods And Men un côté équilibré indispensable à ce genre d’album. Bien joué. Ce second effort est le type même d’album qui ne se laisse pas pénétrer facilement et qui développe un univers très personnel. Bien entendu, les accoutrements déjà vus des quatre compères ne sont pas vraiment originaux (encore moins, quand on regarde leurs influences), mais on ne pourra pas leur reprocher de ne pas respecter leurs convictions!


Pas dénué de défauts pour autant – je parlais du riffing plus haut, il mériterait d’être un peu plus varié à l’image de l’atmosphère réellement prenante de l’album – Of Gods And Men est une parfaite vitrine pour un groupe original qui n’appelle pas forcément de comparaison. Il ne manque plus que la signature sur un label digne de ce nom.

www.myspace.com/anamnesiaband


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