2135

CHRONIQUE PAR ...

16
Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 10 mai 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Jens Börner
(guitare+chant)

-Dryss Boulmédaïs
(basse+chant)

-Damien Capolongo
(guitare)

-Felix Börner
(batterie)

TRACKLIST

1)Shadowland
2)Divine Art of Lies
3)Host of the Dark
4)Seawolf
5)Black Heaven
6)Made in Hell
7)Night Peace
8)The Heart of Hell
9)The New Inquisition
10)Utopia

DISCOGRAPHIE


Lonewolf - Made In Hell
(2008) - heavy metal à la Running Wild - Label : Eat Metal Records



Encore plus sensationnel que la prochaine destination de Sarkozy pour ses vacances, voici un scoop qui devrait à coup sûr faire la une du Monde. Tenez vous bien : il existe en France des fans de Running Wild. Pas des planqués comme votre serviteur, qui se limitent à vénérer Rock n' Rolf en cachette de peur d'être mis au ban de la communauté metal actuelle. Non, je parle de vrais fans, qui assument jusqu'au bout et tentent même de prolonger l'œuvre de la Légende. C'est le cas des Grenoblois de Lonewolf.

L'ombre de Running Wild plane en effet dès les premières mesures de ce nouvel album de Lonewolf (d'ailleurs y a-t-il un rapport entre le nom du groupe et la chanson du même nom sur Blazon Stone ?). Cette façon d'utiliser la guitare lead pour imprimer une mélodie sur des rythmiques purement heavy ("Night Peace") nous renvoie directement aux grandes heures de Rock n' Rolf et sa horde, du temps des Port Royal et autres Death or Glory. Quant à la voix de Jens Börner, extrêmement rocailleuse quoiqu'un peu limite par moments, c'est plutôt du côté de Grave Digger et Chris Boltendahl qu'il faut chercher. On a vu pire comme mentors ! Et le moins que l'on puisse dire, c'est que Lonewolf connaît son affaire en matière de heavy metal teuton. Le groupe s'en sort haut la main tant dans les rythmiques mid tempo que dans les passages débridés à la double pédale, et passe sans problème de l'un à l'autre. Bref, on ne s'emmerde pas à l'écoute de Made in Hell, et c'est déjà un premier bon point dans l'appréciation d'un album.

C'est donc pas moins de 10 brûlots 100 % heavy metal que Lonewolf nous propose sur son nouvel album. Certes, il ne faut évidemment pas attendre quoi que ce soit de novateur, mais on appréciera à sa juste valeur la quasi-absence de déchets sur les 47 minutes de l'album. Même les titres les moins inspirés ("The Heart of Hell" ou "The New Inquisition") contiennent toujours un refrain ou un break pour les sauver de la noyade. D'autant qu'en plus d'un sens avéré de la composition en matière de bon vieux heavy, les musiciens de Lonewolf affichent une belle dextérité dans le maniement de leurs instruments. Loin de verser dans une bouillie sonore indigeste, les soli font la part belle aux mélodies. Les breaks sont d'ailleurs bien souvent un des points forts des morceaux, comme sur "Divine Art of Lies" par exemple. Le batteur Felix Börner s'avère relativement inventif et plutôt judicieux dans ses choix, et surprise de taille, on entend même la basse !

Bien sûr, tout n'est pas encore parfait sur ce troisième essai de Lonewolf. Si les efforts sont à saluer au niveau du son, avec notamment le mixage effectué par Eike Freese de Dark Age, il faudra quelques écoutes pour s'habituer aux quelques imperfections. Certains passages ont en effet un petit côté « amateur », comme le début du break de "Shadowland" ou le son des cymbales sur "Divine Art of Lies". Autres éléments qui renforcent cette impression, des crédits un peu décousus : s'il est agréable de voir un groupe saluer entre autres les webzines qui l'ont soutenu, quand on remercie « tous les bars dans lesquels je me suis pinté la gueule », c'est s'exposer à des critiques de ce genre. Enfin, on regrettera aussi des paroles pas toujours heureuses, entre dénonciation frontale des politiciens à la Florent Brunel sur "Host of the Dark" ou les paroles plus Manowar que Manowar de "Made in Hell". Mais peu importe au final, car cela ne nuit en rien à l'appréciation de Made in Hell.


Avec Made in Hell, Lonewolf nous livre un bien bon album de heavy metal, chose qu'on croyait presque impossible en France. Tout juste manque-t-il 1 ou 2 vrais titres imparables, le groupe n'ayant pas encore atteint la légendaire capacité des plus grands à pondre des refrains en forme de véritables hymnes. Mais au vu des dernières productions de Running Wild ou Grave Digger, Lonewolf n'a absolument aucun complexe à faire. Un groupe de heavy metal à suivre, incontestablement.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5