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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Pet's
(chant)

-Jock's
(guitare)

-Sakaï
(basse)

-DJ-K
(platines)

-Razemotte
(batterie)

TRACKLIST

1)Intro
2)Syndrome
3)Sans hésitation
4)Obsession
5)Y'a pas de quoi s'affoler
6)Parodie d'un paradis
7)Le divin enfant
8)Ibiza
9)Je sais
10)L'écorché vif
11)Comme des larmes
12)Apparente tranquillité

DISCOGRAPHIE


Kitchi Kitchi - Y'a pas de quoi s'affoler
(2005) - néo metal fusion - Label : Autoproduction




Il y a quelques mois les Kitchi Kitchi sortaient une démo extrêmement prometteuse, présentant un néo aussi énergique que carré. Mais avant cela (et l’album qu’on attend pour bientôt) il y eut ce Y’a pas de quoi s’affoler, premier vrai album d’une formation qui a fait depuis un sacré bout de chemin, révélant un premier visage beaucoup plus fusionnesque. Pour une fois qu’on a l’occasion de constater l’évolution d’un groupe d’aussi près autant se faire plaisir... analyse.


Les différences entre le Kitchi actuel et celui de 2005 se déclinent sur plusieurs plans. Les guitares tout d’abord car la production de celles-ci sonne alors beaucoup plus rock : moins saturées, moins incisives, moins métal... mais aussi plus chaudes. Et au-delà du son c’est leur rôle qui est également très différent : beaucoup moins basée sur les riffs, la musique de Y’a pas de quoi s’affoler est de fait bien moins néo car la guitare y est une composante parmi d’autres et pas l’articulation principale des morceaux. Les ambiances ne trompent pas : la basse est au premier plan, les atmosphères sont tour à tour funky et hip-hop, tout ça est beaucoup plus groovy, moins méchant... en bref c’est de la fusion dans ce qu’elle a de plus typique. L’autre point décisif est le chant car l’évolution de Pets est incroyable : si on peut repérer çà et là quelques côtés Watcha dans la démo sortie dernièrement, à l’époque du premier album c’est à un véritable clone d’El Butcho qu’on a affaire. Grain du chant, inflexions, théâtralisation à l’extrême des textes, anti-linéarité permanente... tous les gimmicks sont là et même si la performance technique est remarquable on ne peut que se féliciter que Pets ait depuis trouvé sa propre voix.

L’omniprésente influence de Watcha se retrouve jusque dans les compos : l’intro de "Sans Hésitation" fait écarquiller les yeux et "Le divin enfant" est un modèle de mimétisme à tous les niveaux. L’histoire fictionnelle d’un destin tordu déclamée par Pets (on pense à "Sam"), le refrain clair à la Mutant, les couplets ambiancés hip-hop, tout y est. C’est gênant à force, surtout que Kitchi Kitchi peut tout à fait assurer dans son propre registre : le title-track "Y’a pas de quoi s’affoler" balance une énergie peu commune aux accents parfois dub (la batterie) et parfois hardcore (les riffs, le chant) alors que les quelques scratches posés sur le tout renforcent le groove. C’est un autre point-clé : Dj-K n’a pas encore pleinement intégré le groupe à l’époque et il se contente de scratcher, ce qui est bien mais n’égale pas son rôle décisif dans les compos ultérieures où sa science des sons fera la différence. Quand ils ne sonnent pas Watcha les Kitchi balancent en tous cas une fusion agréable : les plans posés et mélodiques de "Obsession" et "Comme des larmes" distillent le genre de calme qu’on adorait chez Snot (pensez à "313") et "Apparente tranquillité" donne envie de boire un Perrier sur la plage.


Le son Kitchi s’est beaucoup durci et étoffé depuis ce premier album : finie la fusion happy et théâtrale, bienvenue le néo tranchant qui cogne. Mais malgré une influence Watcha trop présente Y’a pas de quoi s’affoler reste un disque sympa et groovy qui plaira très probablement aux nostalgiques de FFF. Vivement le nouvel album, moi j’vous l’dis.


www.myspace.com/kitchikitchi08


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