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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Daevhorn
(chant)

-Ashragon
(guitare)

-Aragoth
(guitare)

-Arpad
(claviers)

-Svarog
(basse)

-Molkhor
(batterie)

TRACKLIST

1)Sovereign
2)Bewitched in Athanor's Tears
3)Gods of Lankhmar
4)Stronghold of Witchery
5)Toward the Eternal Bliss
6)Maleficentia
7)The Ethereal Legion
8)Under the Banner of Suffering

DISCOGRAPHIE


Maleficentia - Under The Banner Of Suffering
(2003) - - Label :



Voilà un groupe français signé sur le jeune label (français aussi) Melancholia Records, et voilà donc un disque qui vaut la peine d’être écouté et chroniqué puisque cet état de fait n’est pas si commun. Après sa création en 1998 Maleficentia sort en 1999 sa première œuvre Born Of Steel And Fire, puis cette année 2003 Under The Banner Of Suffering. Sous le signe d’un Black Metal Mélodique/symphonique comme on a pu en entendre depuis 1995 avec la nouvelle vague black symphonique (un peu essoufflée aujourd’hui).

Sans aucun doute Maleficentia joue du bon symphonique, avec tous les ingrédients du genre : guitares ultra mélodiques, synthétiseur omniprésent très correctement interprété et orchestré, voix bien dans les aigus et rocailleuse, ambiances sombres et euphoniques du début à la fin. Cependant le son global donne une impression de platitude, de manque de relief, même si les guitares et la batterie passent bien. Cette impression vient certainement de la voix, assez plate et linéaire. Elle est simplement soûlante au bout d’un moment, sauf dans le titre "Maleficentia" avec une utilisation judicieuse de voix plus nuancées.

Ce qui est en outre malheureusement dommage, c’est que l’on a du mal à percevoir la personnalité propre à Maleficentia, celle qui lui correspond parfaitement et qui fait que ses compositions se détachent de ses « concurrents » de la scène black metal mélodique. L’impression de déjà-vu est omniprésente, même si en soi les titres sont de bonne facture et montrent la sincérité du groupe, qui n’est aucunement à remettre en cause. Le style à la Hecate Enthroned, Catamenia (dans le jeu de batterie) et Cradle Of Filth dans les enchaînements et ambiances est assez évident. Et puis il est difficile même au bout dix écoutes de pouvoir distinguer clairement un titre d’un autre, les ambiances étant toujours à peu de chose près les mêmes.

Les morceaux sont assez longs , comme "Sovereign", "Gods of Lankhmar", "Maleficentia" et "The Ethereal Legion" et "Under the Banner of Suffering" qui font tous de sept à huit minutes. Mais on ne tombe pas dans l’ennui : Maleficentia arrive toujours à donner corps aux compositions à coups de riffs accrocheurs ultra mélodiques, repos aux claviers etc ce qui donne tout de même un intérêt certain à cet album. "Sovereign" pose l’ambiance dès le départ avec une intro au clavier, des guitares en harmonies et le duo de voix Black/Death. Et tout ça pendant près de huit minutes. Le ton sombre et décadent y est insistant, tout comme dans le deuxième titre "Bewitched In Athanor's Tears" qui est à peu près dans la même veine.

Le troisième titre "Gods of Lankhmar" est un peu plus agressif et répétitif et les rythmiques vocales ressemblent parfois étrangement à celles de Dani… Une intro digne de Catamenia sur "Stronghold of Witchery" amène un rythme mid-tempo sur des riffs bien rapides et déchaînés. Le titre "Maleficentia" semble le plus original ; en tout cas c’est le plus nuancé dans les atmosphères avec une alternance de rythmiques black et Heavy. Mais là encore la voix est peut-être un peu trop collée sur le rythme et n’apporte pas une dimension supplémentaire importante. On aurait presque envie de la mettre en sourdine par moment.

“The Ethereal Legion” fait un peu penser à Emperor (In The Nightside Eclipse) dans sa construction, ce qui n’est pas pour déplaire. C’est d’ailleurs l’un des titres les plus intéressants de l’album. Le dernier, "Under the Banner of Suffering", enchaîne les rythmiques saccadées, avec des transitions réussies, donnant une dimension un peu plus crue que sur les autres morceaux. Le titre est coupé en deux pour offrir une conclusion qui clôt le chapitre dans l’atmosphère sombre et pessimiste qu’a dévoilé le groupe depuis le début.


Finalement, ce n’est pas mal réussi même s’il est dommage que le mot « uniforme » reste sur le bout de la langue après plusieurs écoutes attentives. Je pense néanmoins que Maleficentia peut avoir beaucoup à offrir s’il essaie dans ses productions à venir de mettre à nu la véritable personnalité du groupe.


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