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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Draconis
(chant+guitare+claviers)

-Gates
(guitare)

-Benton
(basse)

-Suss
(batterie)

TRACKLIST

1)The Principle
2)Parallels and Parity
3)Four Walls
4)We Stole Your Death
5)The Serpent's Tongue
6)Crystal
7)Devilchant
8)Lies, Blasphemy, Deceit

DISCOGRAPHIE

Chaos Engine (2003)

Manatark - Chaos Engine
(2003) - black metal - Label : Metal Age



C’est d’Estonie que nous vient Manatark, fier de jouer un Black Metal conforme aux standards du genre et exécuté de manière convenable. Cependant le mot « conforme » revient un peu trop souvent à l’esprit lors de l’écoute de ce Chaos Engine. Manatark possède en effet tous les atouts pour jouer son « Blackened Extreme Metal », mais tout cela manque d’une pointe d’originalité qui aurait fait de cet album une surprise extrême de l’année 2004.

Manatark sait jouer du Black Metal assez technique, il n’y a pas de doute là-dessus, son jeu est bon, rapide, propre. Quelques ingrédients plus symphoniques et électroniques viennent ajouter un peu de fraîcheur à l’ensemble, notamment l’intro "The Principle" et le titre "Crystal" (instrumental) juste avant le surprenant "Devilchant". Ces deux premiers titres cités sont d’ailleurs excellents, comme quoi les machines sont bien maîtrisées et que le groupe à un bon sens de la mélodie. D’ailleurs je pense que l’ensemble de la galette prendrait plus d’ampleur si les claviers et autres effets étaient plus utilisés, non pas pour masquer les restes, mais pour apporter une atmosphère plus profonde, plus malsaine.

Avec Manatark on nage en fait entre le doute et la satisfaction. Certains passages sont excellents, surtout les introductions de musique, mais on retombe trop souvent dans une monotonie absurde qui fait que l’impression générale est plutôt décevante. Dans le titre "Lies, Blasphemy, Deceit", il faut attendre les dernières notes pour entendre des sons synthétiques inquiétants, graves, venant tout de suite alourdir l’ensemble et lui conférer une dimension plus démoniaque. Pourquoi les titres n’intègrent-ils pas plus cette composante ? Certains groupes s’en passent très bien, mais dans le cas de ce groupe, ce serait tout en leur honneur (faut pas en avoir honte ! ). L’intro "The Principle" est en effet très prenante et est digne d’une bande originale de film d’horreur futuriste. C’est glaçant. Pour finir sur un « Prepare to Loose Your Grace » des plus prometteur. La promesse arrive d’ailleurs de suite avec "Parallels and Parity", telle une claque de violence dans la figure. Cette impression s’estompera malheureusement avec le temps, puisque tout le morceau est construit sur une succession plus ou moins basique de riffs collés les uns aux autres, sans réelle consistance.

Sur le reste, Manatark fait penser à Dissection dans le jeu de guitares, dans les rideaux de mélodies créées, et surtout dans le son, quoi qu’ici plus étouffé. Et les vocaux de Draconic sont intéressants, très souvent gras et hurlés, parfois avec effet de saturation ou encore chantés en chœurs. Cette utilisation est plutôt bien réussie. La seule démangeaison lors de l’écoute prolongée vient de la lassitude apportée par la voix, toujours sur le même ton et pas franchement des plus ambitieuses. Disons qu’elle fait son travail, voilà tout. Cela vient même gâcher un peu par moments les mélodies des guitares.

Néanmoins de bonnes choses nous sont réservées, comme le très ingénieux "We Stole Your Death", un titre hétérogène et riche qui a l’avantage de prendre sur lui toute l’identité du groupe. De très bons breaks acoustiques et mélodiques viennent soulager l’ambiance lourde et grasse pour mieux repartir sur un refrain typiquement Black, très inspiré et complété par des chœurs masculins. Le tout s’achève brutalement pour renquiller sur le titre le plus original de l’album, "The Serpent’s Tongue", alternants rideaux d’étouffés, arpèges stressants, riffs à la norvégienne, et pour une fois les voix sont sympathiques, oscillant entre voix Black et voix plus expérimentales. L’auditeur a de quoi être porté par ce titre comme sur une vague, profitant des diverses humeurs musicales nuancées et ma foi crédibles de ce titre.


Manatark propose pour son deuxième album un travail intéressant même s’il lui manque un petit quelque chose de personnel et d’attachant. C’est dommage que seulement quelques titres (sans compter les instrumentaux) se détachent du reste, même si chaque composition présente de très bonnes idées (malheureusement trop isolées). Peut-être le Metal Estonien sait-il faire passer des sensations dont nous n’avons pas idée… Ce groupe reste pour autant l’un des plus prometteurs de cette partie d’Europe, et doit vraiment valoir le coup en live, déjà fort de quelques expériences avec des groupes comme Mayhem, Borknagar, Impaled Nazarene…


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