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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Toxine
(chant)

-Richard Corpse
(guitare)

-Jensen
(guitare)

-Sharlee d'Angelo
(basse)

-Martin Axenrot
(batterie)

TRACKLIST

1)Disturbing the Beast
2)Stigmatized
3)Draw Blood
4)The Ritual
5)Ashes
6)Plague Rider
7)Damned in Hell
8)Crossfixation
9)The Wait of the Pyramids
10)Immortal Death
11)Styx
12)War Piece
13)Cannonfodder

DISCOGRAPHIE


Witchery - Don't Fear The Reaper



Witchery ou le super-groupe qui ne revendique pas le statut de super-groupe. Jugez plutôt : Jensen vient de The Haunted, Axenrot joue dans Bloodbath et accompagne actuellement Opeth sur la route, et Sharlee d’Angelo joue dans Spiritual Beggars et un petit groupe underground appelé Arch Enemy, rien que ça. Et pourtant Witchery est bien un vrai groupe qui sort aujourd’hui son troisième album et pas une réunion ponctuelle de vétérans all-stars qui cachetonnent. Inutile que je vous ressorte le couplet habituel sur les traditionnelles déceptions qu’engendrent les équipes composées d’individus trop doués, passons directement à la chronique.

A cette brillante dream-team on peut ajouter le producteur Tue Madsen et ses Antfarm Studios d’où sont sortis les méfaits de The Haunted, Heaven Shall Burn, Aborted ou Illdisposed : en effet, Don’t Fear The Reaper est doté d’un son méchamment bœuf. C’est un peu la production heavy-thrash parfaite qu’on tient là: lourde, râpeuse, aux guitares acides mais dans le même temps totalement limpide! Tout en se prenant une bonne grosse baffe, on peut clairement séparer tous les instruments (oui, même la basse) et c’est toujours un plaisir. La batterie est en particulier d’une clarté hors-normes, ce qui permet de se rendre compte de la retenue d’Axenrot. Ce dernier, on le sait, est tout à fait capable de sortir des trucs à la limite de l’inhumain, et pourtant sur ce Don’t Fear The Reaper majoritairement mid-tempo l’homme est étonnamment sobre et non-démonstratif. C’est d’ailleurs une description que l’on peut étendre à tous les instruments: maîtrise, efficacité, retenue. Les soli sont pétris de feeling mais ne partent pas dans le shred stérile, et les riffs eux-mêmes cherchent à taper, pas à épater.

Don’t Fear The Reaper est un album de thrash pour les moments les plus brutaux, et de power-heavy le reste du temps. C’est la plus grosse surprise de cet album: alors qu’on s’attend à de l’extrême, on ne trouve au final que le growl de Toxine pour justifier cette appellation. Si on enlevait son chant corrosif et écorché pour le remplacer par un bon vieux mélodique/agressif des familles; on se retrouverait devant un power/heavy/thrash à l’ancienne, pas très loin d’un Megadeth niveau méchanceté, bien que si on devait jouer au jeu des comparaison le nom qui reviendrait le plus souvent serait vraisemblablement Arch Enemy. Quoiqu’il en soit, hurlements et double pédale exceptés, Witchery pratique donc un métal qui joue sur l’équilibre entre certains riffs bien lourds et son côté foncièrement mélodique. Un seul titre relève réellement de l’extrême : "Immortal Death" et son blast-beat furieux… Pour le reste, les fans de violence exacerbée risquent de ne pas y trouver leur compte.

Ce Don’t Fear The Reaper se laisse volontiers écouter: la musique est très bien jouée et la qualité du son joue beaucoup en faveur de l’album. Par contre on est bien en peine de trouver une réelle bombe sur ce CD, un titre qui fait décoller l’auditeur. De la même manière que le rythme général a bien du mal à s’arracher au mid-tempo, les riffs et les chansons dans leur ensemble ont bien du mal à s’arracher à une impression de banalité sympathique. Sympathique car on est en terrain connu et apprécié, parce qu’aucun riff n’est raté, parce que certaines idées çà et là font plaisir et empêchent de trouver le tout pénible ou éprouvant. Mais cet album de Witchery est de la famille de ceux qui ne laissent pas de traces, ni positives ni négatives. Il glisse sur l’auditeur qui s’amuse de temps en temps à relever une influence ou un chouette break ici ou là, puis il disparaît dans le warp sans avoir imprimé un refrain ou un passage particulier dans la mémoire. Les fans y trouveront probablement leur bonheur, mais ne méritant ni éloge ni reproche Don’t Fear The Reaper va pour moi rejoindre l’immense pile de CD que je n’écouterai probablement plus jamais. Un album sympatoche, très au-dessus de la mêlée niveau production et exécution instrumentale, mais loin d’être impérissable.




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