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CHRONIQUE PAR ...

4
Daphné
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Chris Cornell
(chant)

-Tom Morello
(guitare)

-Timmy Commerford
(basse)

-Brad Wilk
(batterie)

TRACKLIST

1)Your Time Has Come
2)Out of Exile
3)Be Yourself
4)Doesn't Remind Me
5)Drown Me Slowly
6)Heavens Dead
7)The Worm
8)Man or Animal
9)Yesterday to Tomorrow
10)Dandelion
11)#1 Zero
12)The Curse

DISCOGRAPHIE


Audioslave - Out Of Exile
(2005) - rock - Label : Polydor



Quand deux des plus grands groupes de rock fusionnent, ça fait mathématiquement mal, très mal. Audioslave – doit-on encore et encore le rappeler – est la somme de la soustraction de Zach De La Rocha à Rage Against The Machine auquel on additionne ensuite le chanteur que l’on a retiré du total Soundgarden, Chris Cornell. Ce n’est pas clair? Reprenons avec le schéma suivant:

A = (RATM – ZDLR) + (CC – SG)


C’est mieux? Non? Tant pis, vous n’aviez qu’à travailler en maths plutôt que d’écrire « Slayer » au blanco sur votre trousse. Puisque je suis sympa et super intelligente, je vais quand même vous expliquer le problème ci-dessus: Zach De La Rocha (ZDLR) a quitté Rage Against The Machine (RATM), que l’on ne présente plus, laissant trois musiciens doués en plan. Parallèlement, le groupe de grunge qui a inspiré Nirvana, Soundgarden (SG), rejoignait le susdit groupe au panthéon des légendes mortes du Rock. Qu’à cela ne tienne, RATM, privé de ZDLR, entre malgré tout en studio pour enregistrer. Chris Cornell (CC), chanteur sans groupe fixe, qui errait guère loin, les a rejoint. Et ça a donné Audioslave, album éponyme: LA claque de 2002. Le disque qu’on n’attendait pas. On pouvait dire, enfin, que RATM était doté d’un vrai chanteur. Le calcul parfait.

Mais le théorème marche-t-il encore aujourd’hui? Pas si sûr. Le nouvel album d’Audioslave est arrivé, espéré comme le messie, et, franchement, autant le dire tout de suite, la formule ne prend pas. Oublions cette stupide métaphore du cours de maths (il n'y a rien à faire, les maths ça sera toujours aussi ennuyeux) et passons aux mots. Aux maux. RATM et Soundgarden étaient des groupes enragés, chacun dans son style, mais avec de la poigne, de la colère, de la dépression, de l’immaturité… Du Rock! Audioslave, c’était ça aussi, en plus abouti. Ca ne l’est plus. La rage est passée, place au ballet… Dès la première chanson, on sent une petite perte de génie du quatuor dans la composition, et plus on s’avance dans le disque, plus cette impression prédomine et finit par se confirmer, à laquelle s’ajoute un sentiment de déception mâtiné d’ennui. C’est mou. Et puis, c’est fade, sans originalité, sans glamour, sans gros son. La composition, la production, l’interprétation n’ont plus la verve d’antan, les gars paraissent avoir perdu leur dynamisme et leur implication.

Envie de simplement se poser quelques temps? Marre de la Rock attitude? Il est possible que les membres du groupe aient désiré réorienter leurs choix, s’éloignant des influences Rageuses de leurs débuts afin de se plier aux souhaits de Chris Cornell. C’est plus léger, Pop, teinté de Folk tantôt guillerette tantôt mélancolique (limite country…), certes sympathique, mais on s’attendait à autre chose qu’à du « sympathique ». Les musiciens sont pourtant au point – Tom Morello chatouille toujours le manche avec énergie (frôlant bien souvent le n’importe quoi malheureusement), les premiers morceaux, bien que moins percutants que sur Audioslave, sont corrects, mais ne rattrapent pas les chansons plus calmes, assez insipides ("Heaven’s Dead"). Comparées à ce à quoi le groupe nous avait habitués. Rien de bien neuf, c’est irrégulier et un cran en dessous, comme en atteste "Be Yourself" , le premier single extrait de ce disque, aux couplets mignonnets mais au refrain complètement mièvre. A l’inverse, le titre "Doesn’t Remind Me" est affublé de couplets sirupeux mais d’un refrain efficace. Paradoxe, paradoxe… Indigestion, indigestion!


Peut-être ce disque, à l’image de certains vins, se bonifie-t-il avec le temps? Espérons-le, parce que si c’est la règle réciproque qui l’emporte, celle qui veut que ce soit plutôt Audioslave qui tourne au vinaigre, quelle tristesse. Ce n’est pas mauvais cela dit, c’est… décevant. Parce que trop influencé par Soundgarden? Peut-être. Dans ce cas, peut-on espérer un troisième album magistral où Audioslave aura trouvé ses marques, entre le punch de RATM et la noirceur de Soundgarden? S’il vous plaît?



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