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CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 09 novembre 2008
Sa note : 11/20

LINE UP

-M. Kämäräinen
(guitare+chant)

-J. Lehtinen
(guitare)

-J. Karjalainen
(basse)

-P. Maksimainen
(claviers)

-A. Karhu
(batterie)

TRACKLIST

1)Until You Break
2)No More
3)Fear of the Unknown
4)Broken
5)Ride with the Devil
6)Eternity
7)Sick of...
8)Wrong Way to Salvation
9)Slayer
10)With Pain and Sorrow
11)The Road of Destiny

DISCOGRAPHIE


Silentrain - Wrong Way to Salvation
(2008) - heavy metal - Label : Stay Heavy Records



Silentrain. Wrong Way to Salvation. Premier album. Finlande. Heavy mélodique. Avec une belle phrase cela pourrait donner : Silentrain est une formation finlandaise fraichement créée et officiant, comme par hasard, dans un heavy mélodique de facture assez classique. Récemment signés chez Stay Heavy Records, les voilà qui débarquent sur la scène européenne avec un premier album nommé Wrong Way To Salvation. Mais s’il fallait passer autant de temps sur chacun de ces groupes qui peinent à s’extirper de la masse, on ne serait pas couchés.

Car le mal n’est pas nouveau : dans le heavy mélodique d’obédience plus ou moins Helloweenienne, avec tout ce qui est arrivé derrière et que l’on considère maintenant comme « influences », à savoir les Nightwish, Blind Guardian et autres, la quantité a depuis longtemps pris le pas sur la qualité. Tant et si bien que l’on a parfois l’impression que plus personne ne prend le temps de se forger une identité, et que l’album de heavy sans personnalité est devenu un simple exercice de style auquel chaque groupe a droit au moins une fois sans être puni, si ce n’est par l’absence de ventes. Si Silentrain ne rentre pas tout à fait dans ces carcans, car les influences sont loin d’être aussi grossières que chez un Stormwarrior par exemple, on ne peut pour autant pas dire que la formation fasse partie des « chosen ones », et se fond plus dans la masse par son absence de qualité que par son absence d’originalité. Ne nous méprenons pas : l’exécution n’est pas mauvaise, les musiciens sont d’un niveau plus que correct (malgré un chant parfois approximatif), les compositions sont plutôt bien ficelées mais…

Dieu que tout cela manque d’âme ! On n'a même pas l’impression que les musiciens croient en ce qu’ils font tellement les titres ne dégagent aucune énergie, aucune patate. Il faut dire que l’abondance de mid-tempos n’aide pas beaucoup, installant irrémédiablement un ennui durable et inamovible. Car si l’on met de côté une vaine tentative de s’essayer au up-tempo fédérateur avec "Broken", qui voit pourtant l’apparition ponctuelle d’un chant death pas dégueulasse, inspiration éphémère totalement ruinée par un refrain des plus banals, il faudra attendre la piste 7, à savoir "Sick of…" pour retrouver un riff bien catchy, bien que peu original encore une fois. Si l’on regarde l’album dans son ensemble, le tout dégage une impression de noirceur pas désagréable, renforcée par un son bien lourd et de qualité, ce qui ne gâche rien, mais les compositions peinent à exploiter pleinement ces atouts, pas aidées par le timbre un peu grossier du vocaliste en poste M. Kämäräinen. Et puis voilà, on y revient : tout cela manque quand même salement de personnalité pour espérer percer un jour.


Bref, on ne sait plus trop quoi faire de ce genre de formations aujourd’hui. Pas que Silentrain mérite plus que quiconque d’être la tête de turc du heavy de ce millénaire, car les Finlandais ont au moins le mérite d’avoir essayé de ne pas pomper scandaleusement leurs ainés, mais arriver à sortir un album entier sans que rien ne se dégage, ou si peu, devrait peut-être être condamné par la loi afin que ce flot perpétuel de sorties sans saveur s’arrête un jour.


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