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CHRONIQUE PAR ...

60
Dizayeure
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2009
Sa note : 5/20

LINE UP

-Czral
(guitares, voix)

-Plenum
(basse)

-Esso
(batterie)

TRACKLIST

1)Stalkers Of The Drift
2)As Virulent As You
3)Archives
4)The Black Flux
5)Intermission : The Ocean Highway
6)Inward Bound
7)Lost Peacocks
8)Shame Eclipse
9)Strange Calm

DISCOGRAPHIE


Virus - The Black Flux
(2008) - post rock - Label : Season Of Mist



Salle de répétitions du groupe Virus à la MJC de Cleronnet-sous-les-Vignobles, bourgade sympathique et bien connue de Norvège : « Bon on y va ! Je fous la disto à fond les ballons, hein, je chante ce qui me passe par la tête en casant plein de trucs dissonants à la guitare. Toi là bas à la batterie, tu suis le rythme, tu fous des breaks partout, on s’en fout tu seras sous-mixé de toutes façons. On fait 9 titres comme ça et on aura qu’à dire qu’on fait du technique, ok ? »

The Black Flux est un vrai supplice pour les oreilles et les nerfs de l’auditeur. La seule émotion que l’on ressent en écoutant cet album est l’envie indescriptible d’appuyer violemment sur le bouton eject de la chaine hi fi, de prendre le disque et de le briser en mille morceaux contre la table en hurlant de folie, les yeux injectés de sang, les veines du front saillantes et la bave nous coulant le long de la bouche. The Black Flux est un album de post-rock très technique, sans quasiment aucune mélodie. Ici il n’est question que de distorsions, que ce soit en arpèges ou en power chords, avec des morceaux aux structures complexes. Trop complexes même. En effet, ce que l’on demande pour une chanson, ce que l’on est en droit d’attendre d’ailleurs, c’est d’avoir une trame, un minimum syndical de repères auxquels se raccrocher, et pas une succession de plans sans queue ni tête sur laquelle on colle un titre. Ce n’est tout de même pas si compliqué d’avoir un peu de cohérence, une unité quelconque au sein d’un titre, et là on ne parle même pas de cohérence au sein d’un album. C’est à se demander si parfois technique ne serait pas juste un doux euphémisme pour décrire l’absence totale de mélodie qui confine à une cacophonie générale.

Le pire je crois est le chant, si on peut appeler ça chanter. C’est monotone, pas du tout mélodieux, sans talent, sans présence… c’est mauvais, tout simplement. Au milieu de toute cette médiocrité, on aperçoit soudainement comme un rayon de lumière salvateur (enfin, n’exagérons rien). Sans crier gare, la chanson titre "The Black Flux" arrive et propose quelques bonnes idées, à part bien entendu au niveau de la voix qui elle reste catastrophique, et nous rappelle par moment les guitares de Cult of Luna (en beaucoup, beaucoup moins inspiré évidemment). La basse y est même… bien ! Incroyable, je sais. Puis vient l’interlude "Ocean Highway", constituée seulement du doux bruit reposant des vagues et qui fait un bien fou. C’est d’ailleurs à se demander si le groupe n’a pas été lui-même bien conscient qu’il était impératif de proposer une coupure quasi-silencieuse de deux minutes pour apaiser l’agacement de l’auditeur qui est à deux doigts de craquer nerveusement à ce moment de l’album. L’ambiance générale de l’album est étouffante. Certes la production est plutôt bonne (on reprochera cependant un sous-mixage de la batterie), mais l’on se prend un mur de distorsion d’un bout à l’autre de l’album, qui parfois se rapproche plus du bruit qu’autre chose.


En conclusion, pas grand-chose à retenir de cet album, composé de chansons qui au mieux nous en touchent une sans réveiller l’autre, au pire nous irritent désagréablement. Au moins après une écoute de The Black Flux on apprécie d’autant plus les albums que l’on affectionne. Passez votre chemin.


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