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CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2009
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-Brian Woodruff
(chant)

-Christopher Arp
(guitare)

-Travis Morgan
(basse)

-Jason Bauers
(batterie)

TRACKLIST

1).44
2)Medusa
3)The Burning Halo
4)Duct Tape Smile
5)X and Y
6)Boogeyman
7)Imogen's Puzzle Pt 3
8)Choker Chain
9)Ms Shyflower
10)A Murder to Child
11)Untitled Track

DISCOGRAPHIE


PsyOpus - Odd Senses
(2009) - hardcore barré Bruit Agression sonore - Label : Metal Blade Records




Ils avaient fait du mal à la tête de mon respecté rédacteur en chef Cosmic Camel Clash, avec Our Puzzling Encounters Considered, les voici de retour avec ce "Odd Senses" et ils n'ont visiblement pas changé de ligne directrice : du shred atonal, des breaks de partout, une couche de chant vomi par dessus tout cela, de quoi éloigner sans trop de problèmes la foule lambda, voire même les habitués de ces musiques extrêmes estampillées « math[insérez votre style] ». Je parle bien sûr de PsyOpus, les mal-aimés.


Ils n'ont effectivement pas vraiment changé, comme en témoignent les premiers morceaux de l'album, une fois les trente premières secondes d'introduction passées. On se prend en pleine trogne une décharge de riffs de guitare torturés à foison à grands coups de whammy bar (le guitariste s'est d'ailleursvu refuser un endorsement en raison de sa technique qui maltraite les guitares), du blast à gogo avec lequel s'alternent une foultitude de breaks de batterie tous plus inhumains que les autres, une basse qui galope de bas en haut (et inversement), et un chant qui varie entre cris post-hardcore « de base » ou encore qui rappellent ceux de Greg Puciato de Dillinger Escape Plan (groupe auquel on ne peut s'empêcher de penser lorsque l'on entend un tel fouillis sonore). C'est très violent, agressif, bombardé de samples divers et variés ("Boogeyman" et son final décontenançant fait de collages censé former une phrase ou encore les répétitions lourdingues de voix sur "Choker Chain").

Les premières écoutes sont donc laborieuses et l'on ne peut que souffrir devant un tel déluge antimusical. Cependant, certains plans ses dégagent de la masse sonore, le plus souvent lorsque le groupe se met à répéter ses « riffs » ("Medusa", "X & Y"). L'oreille s'accroche alors et la recette colle, avant d'être de nouveau totalement perdue. Restent des bizarreries qui aèrent cet ensemble suffocant. "Imogenes Puzzle Pt 3" marque ainsi une coupure radicale dans le disque, avec son espèce d'ambient malsain constitué d'un morceau entièrement lu à l'envers (toi aussi, amuse-toi à renverser ce morceau à l'aide de ton logiciel de traitement de son préféré - tu peux te faire aider d'un adulte). "A Murder to Child" propose quant à lui un morceau de musique atonale où violon et guitare s'en donnent à cœur joie pendant près de neuf minutes. La dernière piste n'est constituée que d'un ensemble de délires sans queue ni tête, à l'image de ce que serait la musique de PsyOpus pour une oreille vierge.

Cependant, à force d'écoutes, la nuée bruitiste que constitue l'album des New Yorkais s'efface peu à peu. Certains plans de basse se révèlent plus mélodiques et agréables qu'il n'y paraissent, le jeu de batterie de Jason Bauers est parfois un véritable bonheur ("X & Y") et passés certains breaks lourds et réguliers, on accueille avec joie une nouvelle décharge de bourrinage bête et méchant. Si elle paraît ignoble au premier abord (voire jusqu'au cinquième), la technique de Christopher Arp, guitariste du groupe, ne peut laisser indifférent devant le flot de virtuosité donc il nous gratifie ("Duck Tape Smile"), de même que les plans jazz en son clair qui parsèment l'album. Au final, seul le chant laisse indifférent tant il reste commun face au niveau monstrueux des autres musiciens. Certes, il est agressif, certes, il varie légèrement (ou bien est pitché dans les graves ?), mais n'est en aucun cas inoubliable. La production quant à elle est d'assez bonne qualité, chaque élément étant repérable dans un tel maelstrom, chose qui n'est pas spécialement facile.


Il en faut des écoutes pour se faire un avis bien tranché sur cette chose qu'est Odd Senses. Passé cela, deux options principales s'offrent à vous : vous enfuir en courant ou bien adhérer totalement à la démarche du groupe. Une troisième option consiste à écouter l'album à petites doses, afin d'y déceler des éléments qui permettent de s'accrocher. Vous l'aurez vu à la note en haut de page, votre serviteur a choisi cette troisième option. Étrange et anormal, agressif et déstabilisant, cet album contient son lot de réussites. Cela dit, ça fait du bien quand ça s'arrête.


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