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CHRONIQUE PAR ...

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Thänatøs
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Nattramn
(chant)

-Leere
(guitare+basse)

-Steve Wolz
(batterie)

TRACKLIST

1)Death Pierce me
2)Sterile nails and thunderbowels
3)Taklamakan
4)The slow kill in the cold
5)I shall lead, you shall follow
6)Feeble are you, sons of sion

DISCOGRAPHIE


Silencer - Death - Pierce Me
(2001) - black metal - Label : Prophecy Productions



En 2001, Silencer, étrange et éphémère combo officiant dans le black dépressif, plus connu pour la biographie pour le moins particulière de Nattramn, son tout aussi particulier frontman, que pour ses qualités musicales (ce qui est fort dommage) nous a pondu son unique méfait répondant au doux nom de Death – Pierce Me, puis a splitté suite à l’internement à vie de ce dernier.

Une douce mélodie commence, tourne en boucle, berce l’auditeur, l’envoûte jusqu’à… « Aaaaaaaaargh », un long cri suraigu d’agonie du sieur Nattramn à vous glacer le sang, puis entrent en jeu un mælstrom de guitares saturées et une batterie blastante à souhait. Bienvenue dans l’esprit tourmenté de Nattramn. La descente aux enfers, ou plutôt à l’asile, commence. En effet, cet album suinte la folie par tous ses pores, mais point de Mr Bungleries, de John Zornades ou de Frank Zappades, car ici, c’est bien de la vraie folie pathologique qu’il s’agit, de la psychose dans sa forme la plus malsaine. Et pour cela, rien de mieux que le chant totalement à côté de la plaque ne ressemblant à aucun autre chant connu en metal extrême, si ce n’est celui de Landfermann lors de son passage chez Bethlehem sur le fabuleux album Dictius Te Necare qui traitait justement de la folie. Le groupe sait donc choisir ses références, d’autant plus que Nattramn ne se contente pas de se péter les cordes vocales, mais il pleure, tousse, vomit etc... et assure donc une prestation qui restera sûrement dans les annales.

Et pour marquer sa différence avec le combo allemand, Silencer privilégie surtout les mid tempos, alternant riffs saturés et arpèges morbides, mais n’hésite pas à faire parler les blasts de temps en temps histoire de rappeler à l’auditeur, si besoin est, le sentier tortueux qu’il a choisi d’emprunter en appuyant sur le bouton « play ». Ajoutons à cela une production clinique -rompant totalement avec les prods crades auxquelles le black nous a habitués-, froide, levant le voile sur la folie dégagée par cet album mais aussi sur ses imperfections. Car imperfections il y a. En effet, si la première moitié du skeud est de très très haute volée, on ne peut que constater une certaine baisse de régime au cours de la seconde. Le groupe surprend moins, accumule les passages de bravoures, notamment le riff d’intro aussi catchy qu’incongru de "I Shall Lead, You Shall Follow", sans réellement faire preuve d’excellence : les compos se montrent quelque peu trop longues et au final, prennent moins l’auditeur aux tripes.


Bref, Silencer nous pond avec son Death – Pierce Me une œuvre torturée, jusqu’auboutiste, souffrant néanmoins de certaines erreurs de jeunesse qu’on lui excusera aisément, mais qui ne réunira pas tout le monde sous sa bannière. Car ce qui est le principal atout de Silencer se trouve aussi être son plus grand défaut : l’appréciation de l’album étant intrinsèquement liée à l’effet qu’aura le chant de Nattramn sur vous, ainsi l’on pourra le trouver génial, sympathique mais sans plus ou tout simplement mauvais. Reste que cet album est un petit bijou de noirceur et de psychose que tout amateur de bad trips devrait écouter au moins une fois dans sa vie. Plus que de la musique, c’est une expérience à vivre.


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