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CHRONIQUE PAR ...

72
Bap
Cette chronique a été mise en ligne le 12 septembre 2009
Sa note : 17/20

LINE UP

-Mariusz Duda
(chant+basse)

-Piotr Grudzinski
(guitare)

-Michal Lapaj
(claviers)

-Piotr Kozieradzki
(batterie)

TRACKLIST

1)Same River
2)Out of Myself
3)I Believe
4)Reality Dream
5)Loose Heart
6)Reality Dream II
7)In Two Minds
8)The Curtain Falls
9)OK

DISCOGRAPHIE


Riverside - Out Of Myself
(2003) - rock prog atmosphérique - Label : The Laser's Edge




La Pologne était connue pour ses formations progressives telles que Quidam ou Satellite mais l’arrivée de Riverside en 2003 a changé la donne. Imaginez ce que donnerait l’habile mélange de Pink Floyd, Porcupine Tree, Opeth ou encore Dream Theater… vous en rêviez, Riverside l’a fait. Reste à savoir maintenant si toutes ces influences sont savamment dosées… Avons-nous droit à un énième clone ou à un groupe vraiment intéressant?


Riverside c’est entre autres Mariusz Duda, chanteur et bassiste, deux instruments qu’il manie à merveille, la basse omniprésente tout le long de l’album n’éclipse pas pour autant sa voix chaleureuse et langoureuse. Mais Riverside c’est aussi un clavier discret mais apportant beaucoup aux ambiances et c’est également la guitare de Piotr Grudzinski, cristalline rappelant à de nombreux moments celle de David Gilmour. Le batteur n’est pas en reste mais n’est pas l’élément le plus notable du groupe. Le leader étant bassiste, son instrument est très mis en avant et joue le rôle de guitare rythmique, aussi rare qu’agréable. À la fois sombre et lumineux, rock et métal, cet album donne la marque de fabrique de Riverside sans tomber dans les travers du déjà-vu malgré les multiples références employées. Aidé par une production brillante où tous les instruments remplissent correctement l’espace et une pochette signée Travis Smith recréant remarquablement bien l’univers du groupe, Out Of Myself offre le long de ses cinquante trois minutes un rock sublimé par une atmosphère tantôt oppressante et tantôt mélancolique avec quelques touches bienvenues de métal. Cette dualité est justement un des fers de lance du groupe qui sait habilement l’exploiter.

L’album ouvre le bal par "The Same River", pièce maitresse de douze minutes qui met tout de suite l’ambiance, instrumentale sur les trois premiers quarts elle montre toute l’étendue du groupe : un rock atmosphérique à l’ambiance mystérieuse avec une voix qui vient se poser délicatement en fin de morceau. S’ensuit le morceau éponyme, court et ravageur, il montre une facette plus énervée du groupe et à l’instar de "The Curtain Falls", le chant si doux de Mariusz Duda sait se faire menaçant. Son chant n’est pas polymorphe pour autant mais il dégage néanmoins une impression de facilité lorsqu’il faut hausser le ton. Les musiciens sont doués et démontrent avec brio sur les deux instrumentales "Reality Dream" qu’ils savent jouer du métal progressif carré et toujours rythmé par une basse bien ronde, Dream Theater n’est pas loin! Les Polonais sont aussi des sentimentaux et des titres comme "I Believe", "In Two Minds" ou encore "Loose Heart" feraient rougir Porcupine Tree tellement le côté mélancolique est bien développé et sonne sincère. Seul petit bémol pour le titre final qui conclut l’album de façon un peu molle avec un gout d’inachevé, un long morceau explosif aurait été peut-être plus judicieux.


Riverside est arrivé comme un boulet de canon, a éclipsé ses confrères polonais et est devenu en très peu de temps une référence de la scène progressive. Le groupe impressionne et propose un son déjà unique, chose qui n’était pas forcément évidente. Alliant avec habilité la douceur du rock et le côté brut du métal, le groupe a frappé un grand coup et continuera d’impressionner avec l’album suivant.


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