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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 17 octobre 2009
Sa note : 12.5/20

LINE UP

-Steev Esquivel
(basse+chant)

-Steve « Snake » Green
(guitare)

-Glenny Telford
(guitare)

-Paul Hopkins
(batterie)

TRACKLIST

1)Face of Aggression
2)Amphetamine Gods
3)Scream at the World
4)Wolvesblood
5)Karma Burns
6)In for the Kill
7)Paper Trails
8)Still Suffering
9)Bloodclot
10)My Vendetta
11)The Scars Between Us

DISCOGRAPHIE


Skinlab - The Scars Between Us
(2009) - néo metal power US - Label : XIII Bis Records



Skinlab, c'est la trajectoire typique du groupe de troisième zone : un premier album sympa et prometteur, mais un peu trop dans l'ombre de son modèle (en l'occurrence, le Machine Head de Burn My Eyes) ; un second correct mais sans être la confirmation attendue ; et un troisième à quitte ou double, avec un côté plus opportuniste pour élargir l'audience, mais un résultat inverse à celui escompté (fricoter avec le néo n'a pas vraiment été du goût des fans de la première heure). Au bout du chemin, la séparation dans l'anonymat que Skinlab n'a jamais vraiment quitté. Six ans après, Skinlab peut-il encore échapper à son destin ?

Et bien, ça paraît un peu fou, mais on serait presque tenter de répondre par l'affirmative à l'écoute de The Scars Between Us. Evidemment Skinlab ne s'est pas subitement transformé en un groupe de génie du jour au lendemain ; simplement, le gang mené par Steev Esquivel s'est enfin décarcassé pour nous sortir un album consistant de bout en bout, chose que Skinlab n'avait qu'effleuré sur son premier essai Bound, Gagged And Blindfolded avant de se montrer très loin du compte sur ses deux autres réalisations. Pourtant, il n'est en aucun cas question de renouvellement sur cette nouvelle offrande, les grandes lignes sont toujours les mêmes : d'un côté, le Machine Head de Burn My Eyes amputé de ses racines thrash, donc plus lent, plus lourd, plus oppressant (bien que Skinlab ne s'interdise pas de lâcher les chevaux de temps en temps) ; de l'autre, les influences neo, tant dans le son que dans les riffs ou l'utilisation de la basse. Comme il y a neo metal et neo metal, précisons qu'on se trouve plus dans l'approche gros riffs de Disturbed que celle plus rap/rock de Limp Bizkit. Est-ce un problème ? Pas vraiment : le gros défaut de Revolting Room n'était pas tellement son côté neo, mais surtout le fait qu'il ne proposait qu'à peine 3 ou 4 morceaux valables. Et de ce point de vue, Skinlab a largement rectifié le tir.

Ça ne s'annonçait pourtant pas sous les meilleurs auspices avec un titre d'ouverture relativement moyen. "Face of Aggression" tente de jouer la carte du pain dans la tronche mais tout ça sonne un peu trop décousu. Heureusement, Skinlab se rattrape immédiatement avec une paire de titres qui pose les bases de The Scars Between Us : d'abord, "Amphetamine Gods", un titre direct, avec un riff puissant et une rythmique assez enlevée ; ensuite, "Scream at the World", très lent, avec ce riff lancinant, ses guitares sous-accordées écrasantes et la voix grasse et écorchée si typique de Steev Esquivel. Tous les autres titres appartiennent à l'une de ces deux catégories, hormis "Bloodclot", une roquette de moins de 3 minutes qui rappelle "Face of Aggression", tant dans la démarche que dans le résultat mitigé. Si les titres directs ("Wolvesblood" ou "Paper Trails" en tête) ont tendance à faire davantage illusion au début, les morceaux lents se révèlent bien plus intéressants sur la longueur. Car après le monumental "Scream at the World", Skinlab se révèle capable de rééditer la performance sur "Karma Burns" d'abord, puis "Still Suffering" ensuite. Cette répétition réussie des efforts, c'est ce qui faisait défaut sur les précédents albums de Skinlab, et qui fait aujourd'hui tout l'intérêt de The Scars Between Us.


Drôle d'impression qui se dégage de cet album qui signe le retour de Skinlab : d'un côté, le groupe n'a pas vraiment fait d'effort pour renouveler son fonds de commerce (tout juste notera-t-on un inhabituel petit côté Pantera à certains moments) ; de l'autre, on appréciera un album avec seulement deux ou trois temps morts, ce qui est plutôt pas mal vu les mauvaises habitudes du groupe. Et l'album en soi ? Un bon album de power US bien fourni en grosses rythmiques, et qui se démarque du lot grâce à la voix d'Esquivel et au jeu particulier du batteur Paul Hopkins. The Scars Between Us est un album qui ne fera pas tache dans votre discothèque, et vu l'état de la production metal actuelle, c'est déjà pas si mal.


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