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CHRONIQUE PAR ...

14
Dr Gonzo
Cette chronique a été mise en ligne le 14 décembre 2009
Sa note : 16/20

LINE UP

-Chris Goss :
(chant+guitare+claviers)

-Dave Catching
(guitare)

-Brian O'Connor
(basse)

-John Leamy
(batterie)

TRACKLIST

1)King Richard TLH
2)Absinthe Jim And Me
3)Worm In The Silk
4)Always
5)Johnny's Dream
6)Up In It
7)Dreamtime Stomp
8)Rosie's Presence
9)The Whore Of New Orleans
10)Testify To Love
11)Alfalfa

DISCOGRAPHIE


Masters of Reality - Pine/Cross Dover
(2009) - stoner - Label : Brownhouse



Après s’être fait oublié pendant quelques années, Chris Goss, parrain du stoner californien revient avec un album qui fait office de CV récapitulatif. En collaboration avec John Leamy (multi-instrumentiste, et batteur du groupe pour l’occasion), il compose dans une grande variété de styles un album qui sonne comme un aboutissement où il y en pour tout le monde (amateur de pop, de riffs, d'ambiance, de drogues)


Passons sur l’énigmatique pochette, qui a cela dit, comme intérêt pour l’auditeur français d’arborer un titre assez absolu dans son genre : « Pine ». Il faudrait bien sur ne voir là pas la moindre allusion à un membre viril fièrement dressé et encore palpitant, mais plutôt un rapport éventuel avec l’arbre représenté sur la pochette. Retourner l’album confirmera cette intuition, puisqu’une autre pochette avec écrit « Cross Dover » cette fois fait directement référence au nom de l’album. On constatera qu’il a en effet été composé en deux parties, chacune se terminant sur un instrumental psychédélique et foufou, tout en guitares et en ambiance -parmi les grands moments du disque. La première face s’ouvre sur un morceau comme Masters of Reality sait les faire : du riff qui poigne et des mélodies qui dégoulinent un peu.

Comme une version lourde des Pixies, "King Richard TLH" montre l’attention que Goss porte a la mélodie, dans ses riffs, les gimmicks de chaque guitare, et dans son chant bien sûr souvent prompt a tordre des mots dans tous les sens –dissimulant par là habilement le fait que ses paroles soient un peu pourries parfois. Jouant donc toujours a fond sur la dynamique, maintenant un équilibre doux/dur à l’image de groupes comme les Pixies justement, Nirvana, ou même Led Zeppelin. On sent chez Goss le désire d’égaler Jimmy Page dans son orchestration un poil mégalo (mais toujours admirablement produite) des guitares, arrangements et des rythmiques se chevauchant, et le fait d’y arriver sans la boursouflure d’un Billy Corgan, ou d’un Roger Waters.

La variété des styles aidera d’ailleurs a faire passer la pilule, chaque morceaux ou presque explorant une nouvelle direction plutôt que de s’embourber. Ainsi, bien que restant dans le rock, Pine/Cross Dover passera du dub ("Worm in the Silk") au folk, en passant par des riffs doom amenant des ambiance psychédélique-fm-chelou –qui a dit prog ?-( "Testify to Love" -avec un titre hideux en prime), sans oublier le rock’n’roll de base efficace et référencé (sur "Rosie’s Presence" notamment) Chris Goss montrera aussi qu’il est un excellent producteur, trouvant le son qui conviendra a chaque ambiance, colorant les instrument, tout en sachant une petite patine roots, malgré le fait que l’album est là pour poser ses couilles.


Il livre donc un album sans faute si on adore Masters of Reality, parce que tout ce qu'on aurait voulu y trouver est là en bien. Cela sous-entend tout de même une certaine tendance à virer dans le pompeux, dégoulinant d’envolées parfois dispensable (dans les mélodies, les arrangements, jamais dans le son lui-même)


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