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CHRONIQUE PAR ...

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Pietro
Cette chronique a été mise en ligne le 04 janvier 2010
Sa note : 16/20

LINE UP

-Tomas Lindberg
(chant)

-Anders Björler
(guitare)

-Martin Larsson
(guitare)

-Jonas Björler
(basse)

-Adrian Erlandsson
(batterie)

TRACKLIST

1)The Swarm
2)Terminal Spirit Disease
3)And the World Returned
4)Forever Blind
5)The Fevered Circle
6)The Beautiful Wound
7)All Life Ends (live)
8)The Burning Darkness (live)
9)Kingdom Gone (live)

Bonus tracks:
10)Windows (live)
11)The Red in the Sky Is Ours/The Season to Come (live)
12)The Burning Darkness (live)

DISCOGRAPHIE


At The Gates - Terminal Spirit Disease
(1994) - melodeath - Label : Peaceville Records



Dans l’art en général et dans la musique en particulier, la plupart des chefs d’œuvre ne naissent pas par hasard. Ils sont souvent précédés d’un brouillon, d’une œuvre plus ou moins réussie qui annonce l’excellence à venir. Dans le cas de Slaughter of the Soul, chef d’œuvre intemporel d’At The Gates et peut être même meilleur album de l’histoire du death metal mélodique, le brouillon est de qualité et s’appelle Terminal Spirit Disease.



Cet album sort en 1994, un an avant son glorieux successeur. Un coup d’œil rapide sur le tracklisting, mi studio mi live, peut plonger l’auditeur dans le doute. S’agit-il d’un véritable album, d’un EP, d’une compilation ? On n’y trouve en effet que six nouveaux titres enregistrés au studio Fredman par le producteur débutant Fredrik Nordström, complétés par trois titres live capté à Göteborg. Drôle d’objet au format bâtard… Les nouveaux titres studio marquent un changement assez brusque par rapport aux deux albums sortis précédemment par le groupe. The Red in the Sky Is Ours et With Fear I Kiss the Burning Darkness (oui At The Gates aimait les titres longs) proposaient un death metal compliqué et alambiqué pour ne pas dire brouillon, déjà assez mélodique mais presque progressif. Un changement dans le line up du groupe, le départ du guitariste et co-compositeur Alf Svensson, donne plus d’espace et de liberté à Anders Björler qui prend les choses en main, secondé par son frère jumeau de bassiste Jonas.

Et le changement se traduit musicalement par une simplification du propos du groupe, les compos raccourcissant et allant droit à l’essentiel. Terminal Spirit Disease annonce ainsi très clairement la direction qui sera prise sur Slaughter of the Soul, album qui se contentera finalement d’aller encore plus loin dans cette direction. Dès le premier titre 'The Swarm', après une courte intro aux violons, on est plongé dans un pur melodeath de très haute volée : riff tout simplement excellent, voix hurlée poignante de colère et de désespoir, mélodies tristes et magnifiques, refrain accrocheur… tout est déjà là. Le morceau titre qui suit ne perd pas de temps et balance très vite son riff principal absolument jouissif, avant un refrain scandé qui annonce ceux des classiques de Slaughter of the Soul. 'And the World Returned', lui, est un magnifique instrumental acoustique faisant la part belle à un violoncelle lugubre. Quant à 'Forever Blind', c’est un autre petit bijou aux riffs mélodiques et au chant possédé.

Jusque là c’est un sans faute. Malheureusement les deux derniers titres studios sont un poil moins marquants, que ce soit le lent et très heavy 'The Fevered Circle' (une sorte de version melodeath de Black Sabbath) ou le plus speed et mélodique 'The Beautiful Wound' aux parties de batterie très thrash. Que dire en revanche des trois titres live qui complètent le disque mais tombent un peu comme un cheveu sur la soupe après cette petite demi-heure de pur plaisir ? Le son est plutôt bon, la performance du groupe n’est pas parfaite mais sincère, et les titres choisis (tirés des deux premiers albums et du EP Gardens of Grief, premier pas discographique du groupe) montrent bien l’évolution du style d’At The Gates par rapport aux titres studio. La réédition de l’album rajoute en bonus trois titres live supplémentaires enregistrés pour MTV en 1993 dont une deuxième version de 'The Burning Darkness' totalement inutile. … Quel intérêt ?


Terminal Spirit Disease est donc un drôle d’objet qui aurait peut être dû sortir en tant qu’EP ne contenant que les titres studio. Les morceaux live déséquilibrent le disque en voulant en faire un album longue durée, ce qui ressemble à une arnaque fomentée par la maison de disque. Cependant la qualité incroyable de la partie studio l’emporte largement pour le fan qui écrit ses lignes, et Terminal Spirit Disease est clairement un album à posséder pour les amateurs de Slaughter of the Soul.


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