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CHRONIQUE PAR ...

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Dexxie
Cette chronique a été mise en ligne le 18 janvier 2010
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Voldamares
(chant)

-Lord Abaddon
(guitare)

-Trazombach
(claviers)

-Rose Sodomy
(basse)

-Wulfgar
(batterie)

TRACKLIST

1)Nihilistic Contempt for Optimism
2)The Dragon Has Come to Blot Out the Stars
3)Evolution Beyond the Species
4)Übermensch
5)A Knife to the Throat of Life
6)7 Billion Dead and Hung
7)
Into Black Abyss
8)
The Approaching Storm

DISCOGRAPHIE


Eclipse Eternal - Ubermensch : Evolution Beyond The Species
(2008) - black metal Metal Nietzschéen - Label : Eternal Sound



Eclipse Eternal, jeune groupe canadien formé en 1999 qui joue du Nietzschean Metal, si si. Ils nous offrent avec Übermensch : Evolution Beyond The Species leur second album full-length. Übermensch, en allemand, ça veut dire Surhomme. Full-length, ça veut dire « pleine longueur » en anglais. Et oui, pour ceux parmi vous qui ne parlent pas anglais, Les Éternels vous proposent chaque semaine de nouveaux mots pour comprendre les chroniques (existe aussi en allemand pour les black métalleux). La semaine prochaine, nous traduirons Still, Nacht, Riff et Blast !

Musicalement, c'est du Black Metal, avec le son, les percussions, et la voix qui vont avec. C'est bien produit, le son est même excellent, la voix est efficace et jouit de quelques effets sans trop de bavures. Sans bavures, c'est aussi ce qu'on pourrait dire des claviers et autres orchestrations. C'est bien. Au niveau des riffs, il y a quelques belles trouvailles et c'est extrêmement bien joué. Par moments, le chanteur pousse de magnifiques hurlements. Détail non négligeable, nos messieurs sont membres, attention, de l'Élite du Black Metal Canadien, à savoir l'Ordre du Loup (Order of the Wolf), on s'incline, tapis rouge etc. ! Rythmiquement, c'est basique et soutenu, avec quelques rares accalmies (comme lors du titre "7 Billion Dead and Hung", titre le plus long de la galette avec 11 minutes et quelques, et peut-être le point fort du disque !)

Comme il n'y a vraiment pas grand chose de plus à dire sur la musique du combo, non pas qu'elle soit mauvaise mais que ce Black Metal, de qualité, n'a rien qui sorte de l'ordinaire, ce qui encore une fois n'est pas foncièrement un mal en soi, Les Éternels vous proposent un petit cours de philosophie. Nietzsche, philosophe cher à nos blackeux canadiens, est en effet considéré comme un pilier du concept de Surhomme (Übermensch en VO, donc). Ce concept, avec celui du « dernier homme » et du nihilisme (thèmes traités dans les paroles du groupe) pose en fait la question de l'avenir de l'Humanité. Nietzsche cherche à résoudre le problème de l'évolution de l'Homme au sein des autres espèces (d'où le titre de l'album présentement chroniqué). D'après lui le dernier homme est un type d'être humain au bas de l'échelle des valeurs de l'Humanité. Certains les appelent aujourd'hui des hippies.

Il ne s'agit pas d'évolution biologique mais d'un processus dans l'évolution mentale de l'Homme, le Surhomme ayant acquis des valeurs le distinguant des autres hommes, qualifiés de nihilistes. Ces derniers ont besoin de rendre leur vie davantage supportable, étant envoyés sur Terre par Dieu pour les punir de descendre d'un homme ayant commis le péché originel. Le Surhomme n'a lui pas besoin de ces valeurs chères au commun des mortels, et est ainsi en quelque sorte délivré de la religion. On peut alors aisément faire le lien entre ceci et le Black Metal, ce genre musical ayant en commun avec le Surhomme cette délivrance du rachat de ses péchés commis au jardin d'Eden. Un autre point commun entre le Black Metal et le concept du Surhomme est leur récupération, et leur transformation (artificielle), par l'extrême-droite.


Un Black-Metal efficace, bien produit, très bien joué, qui reste dans des choses somme toute assez classiques. Ceci-dit, les thèmes traités sur cet album très homogène aussi bien musicalement que du point de vue thématique sont des plus intéressants. Pour en savoir plus, wikipédia, google, et le livre Ainsi Parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche, cité à l'intérieur de la couverture.


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