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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 25 avril 2010
Sa note : 17/20

LINE UP

-aGer
(chant+divers)

-Corb
(chant+guitare+divers)

-Spin
(guitare)

-Gâdinet
(basse)

-Negru
(batterie+percussions+instruments folks)

-Inia Dinia
(claviers)

TRACKLIST

1)Pamînt
2)Dacia Hiperboreanâ
3)Umbra
4)Ochiul Inimii
5)Chei de Rouâ
6)Tara de Dincolo de Negurã
7)Jar
8)Arborele Lumii
9)Intoarcerea Amurgului

DISCOGRAPHIE

Maiastru Sfetnic (2000)
N'Crugu Bradului (2003)
OM (2006)
Vîrstele Pamîntului (2010)
Maiestrit (2010)
Tau (2015)
Zi (2016)

Negurã Bunget - Vîrstele Pamîntului
(2010) - black metal pagan - Label : Code666



Entouré de dithyrambes du genre « Le meilleur album de pagan de tous les temps » et d’albums précédents forts appréciés de par le monde, cette nouvelle offrande de Negurã Bunget sait se faire attendre d’un pied fort ferme. Rajoutez à cela la 1ère réalisation du groupe avec son nouveau line-up et une réédition très réussie du 1er album Maiestrit (chronique ici) (anciennement Maiastru Sfetnic) et vous obtenez tous les ingrédients nécessaires à bien ériger l’excitation en piment incontournable. De plus, petit détail, l’orientation très folk/pagan de Om laisse en suspens la question du « Mais que va donner ce nouvel album ?».

Ca commence très folk/pagan justement ! Gorgée d’acoustique et de chant déclamé, l’introduction de ce Vîrstele Pamîntului ne manque pas de charme. Plus que ça, elle pose le monde de ce nouvel album et progressivement, lentement fait monter la sauce pour enfin s’épanouir sur ce qu’il convient d’appeler le premier riff. Fort bon, délicat et accompagné d’un roulement de double pédale, il rassure sur les capacités plus metal du groupe. Il démontre aussi que le nouveau line-up n’a probablement rien à envier au précédent. L’enchaînement sur la première véritable chanson "Dacia (ne rigolez pas) Hiperboreanâ" coule de source et se poursuit dans l’acoustique le plus total. Néanmoins, le retour de l’électricité ne se fait pas démesurément attendre. Et le chant se transforme en raclage plus black, mais jamais entièrement. En fait, tout au cours de cet album d’une richesse exquise, il n’aura de cesse d’osciller entre attaque black et incantatoire. Mais une chose s'affirme : la réédition de Maiestrit et le changement de line-up ont probablement marqué la fin de l'appartenance du groupe au mouvement black metal.
Il devient également évident que les claviers occupent une place importante dans cet album, catalyseurs d’atmosphère dont ce disque regorge littéralement. Leurs nappes continuelles apaisent et tissent une toile de fond extrêmement solide. C’est sûrement la raison pour laquelle Negurã Bunget semble prendre son temps. Distiller de multiples atmosphères, installer une ambiance enveloppante et amener à la détente et à la contemplation. Cela résulte en un album au caractère philosophique, loin de la furie black metal qu’est la réédition Maiestrit, ou le encore virulent N’Crugu Bradului, même si déjà plus teinté d’atmosphères. Arrivés à ce moment, les auditeurs vont se ranger en 2 catégories irréconciliables : ceux qui se feront irrémédiablement chier car l’album ne donne jamais l’impression de décoller, et ceux totalement happés par ce monde qui est en train de se créer tout autour d’eux. Un monde bucolique qui ne serait pas sans faire penser à celui ... d’Avatar. Oui. Très porté sur la Nature surtout.
C’est ce point qui achoppera grandement dans certaines oreilles et qui donnera tout son caractère aux autres. Le problème est qu’on ne peut vraiment pas donner tort au clan des profondément déçus. C’est vrai, cet album est terriblement lent, il faut attendre sa 2e partie pour entrer dans un monde plus clairement orienté metal. Plus que de se gagner, il fait appel à votre sensibilité. À une certaine sensibilité qu’il faudra absolument avoir pour l'apprécier pleinement. Sensibilité calme et environnementale, plus que violence et noirceur habituelles. Cependant, ne pensez pas que Negurã Bunget ait totalement abandonné l’extrême. Une chanson comme "Ochiul Inimii" possède du blast et des riffs incisifs. Elle est d’ailleurs particulièrement bonne et ressort fortement grâce à la construction si paisible de l’album. L’autre star incontestable est l’extraordinaire réconciliation des genres qu’est "Tara de Dincolo de Negurã". Fantastique ode cristalline, parfaite alliance entre violence teintée black et délicatesse rupestre, cette composition à la qualité ubuesque rappelle clairement que le groupe est un monstre d’inspiration.


L’eau coule et poursuit son cours, descendant de forêt en village en plaine à la mer. Nous sommes alors libérés, laissés à nous-mêmes presque, à penser « Mais que penser de cet album ?». Du bien. Oui, du bien car il continue le travail de Om avec brio et prouve que Negurã Bunget est un formidable groupe rempli d’une immense inspiration qui balise les chemins inconnus, avec qualité surtout. Pour ça il mérite les éloges. Bien sûr, vous devez être conscients que peut-être le seul point pour vous à retenir de cette chronique est que ce Vîrstele Pamîntului est simplement chiant. Mais comme l’optimisme habite l’auteur de ces lignes, il se laisse à affirmer son amour de cet album, incroyable réussite funambule entre 2 mondes : black metal et folk.


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