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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 26 juillet 2010
Sa note : 18/20

LINE UP

-George Bellas
(guitare+synthé+basse)

-Marco Minnemann
(batterie)

TRACKLIST

1)Cyclone
2)Seeding The Universe
3)Let There Be Light
4)The Dawn Of Time
5)Machine Man
6)Voyage To Triangulum
7)Mysterious Light
8)Mystical Dream
9)Glimmering Stardust
10)Electromagnetic
11)Genesis Of Life
12)Carbon Creature
13)Suns of Andromeda
14)We Are Not Alone
15)Nightmare Awoken
16)Primordial Atom
17)Metropolis
18)Always At My Side
19)The Angels Are Calling

DISCOGRAPHIE


Bellas, George - The Dawn Of Time
(2010) - shred instrumental neo-classique - Label : Lion Music



Ce n’est certainement pas Sebrouxx qui va me contredire, mais l’année 2010 – qui n’en est qu’à son milieu – peut presque être d’ors et déjà qualifiée d’«année de la guitare». Après les Julien Damotte, Daniel Peroine et autres Marty Friedman, voici un nouvel album de guitare qui vaut le détour. Toujours dans un style instrumental néo-classique, George Bellas nous revient plus inspiré que jamais après un Step Into The Future, l’année dernière, trop technique et barré pour être vraiment abordable, qui n’avait été donc acclamé que par la profession.

Avec ce nouvel opus, George Bellas continue évidemment de s’adresser à l’univers de la guitare et des guitaristes, avec un niveau technique toujours aussi hallucinant, mais pas seulement : ses mélodies et sa variété font de The Dawn Of Time un album foncièrement plus accessible, et in fine, tant pour l’amateur hardcore de shred que pour le chaland occasionnel, un album plus écoutable. Déjà, là où l’album passé n’offrait qu’un unique titre de 75 minutes, ici ce ne sont pas moins de dix-neuf pièces pour là encore une galette remplie jusqu’à son moindre octet : 79 minutes de musique. Inévitablement, la palette de thème, d’émotion et d’approche est bien plus étendue. C’est cet aspect qui fait de The Dawn Of Time une franche réussite : Bellas varie les plaisirs, toujours à 200km/h, certes, mais dans une explosion de mélodies et de thème qu’on ne lui avait pas vu depuis longtemps – sans doute depuis sa collaboration avec Kuprij, d’ailleurs. On retrouve les quelques univers chers à Bellas : le progressif, le néo-classique et le hard-rock mélodique à la Satriani.

Le progressif s’exprime à travers des titres tels que "Cyclone", "The Dawn Of Time", "Mysterious Light" ou encore "The Angels Are Calling". Mesures décalées, gammes savantes, mélodies tordues : on retrouve le guitariste de Step Into The Future, mais la concision des morceaux (rarement plus de 4 minutes) ne provoque pas la lassitude que l’on a pu connaitre avec le gros pâté précédent. Bellas s’amuse avec son écriture, et ça se sent. Le travail de son compagnon Marco Minnemann prend toute son ampleur sur ces titres où le talentueux batteur nous prouve que question technique et feeling, il se pose là. A noter que la basse, également, jouée par George Bellas, a une place importante non seulement dans le son mais aussi dans l’écriture tant celle-ci ne se contente pas de marquer les temps ou de poser les bases mélodiques comme c’est souvent le cas. La basse vibrera sur tous les titres et aura souvent un rôle mélodique appréciable, surtout venant de la part d’un virtuose de la six-corde. Le côté hard-rock de l’album passe par "Seeding The Universe", la soporifique "Always At My Side" mais aussi les très Satrianiennes "Metropolis" (au groove fort entrainant) ou "Genesis of Life".

Mais c’est l’aspect néo-classique de George Bellas qui prend le plus d’espace : un "Let There Be Light" aux chromatiques déchainés, un "Mystical Dreams" aux mélodies baroques, un "Primordial Atom" symphonique, et encore des parties de basse tout à fait réussies sur "We Are Not Alone" ou l’arabisant "Machine Man". Un paragraphe pourrait presque être écrit sur chaque titre que compte cet album tant la majorité sont des réussites indéniables. Seules peut-être les moyennes "Always At My Side" et "Suns Of Andromeda", un peu trop pontifiantes, pourrait s’avérer moins efficaces, mais sur dix-neuf titres, ça n’est rien. Au rayon des franches réussites, on pourra relever "Electromagnetic" et ses parties de guitares franchement démentielles, un "Carbon Creature" tragique ou un "We Are Not Alone" aux mélodies qui font mouche. Il est inutile de revenir sur le niveau technique de Bellas, qui parvient à faire une démonstration presque permanente de son talent sans quasiment jamais en avoir l’air. Bien sur, des fois il en fait des caisse, ce qui ne manquera pas d’irriter les allergiques au shred, mais de toutes façons ceux-là n’auront même pas posé un oreille sur The Dawn Of Time.

Non, il faut encore signaler un point étonnant et positivement surprenant de The Dawn Of Time : la production. Tout est propre, équilibré, et surtout, les orchestrations sont non seulement écrites de façon pertinente mais sont surtout rendues de bien belle manière. Les trompettes, violons et autres orchestres sont particulièrement mis en valeur sur "We Are Not Alone", "Genesis Of Life" et "Primordial Atom", quand ce sont des orgues hammond très années 70 que l’on peut entendre sur les titres plus progressifs comme "Glimmering Stardust" ou la douce et bluesy "Voyage To Triangulum". Certes, le niveau de sortie est bas, comparé au mastering des productions métal d’aujourd’hui, mais peu importe : l’écoute de The Dawn Of Time se fait dans des conditions optimums. Comme à son habitude, la guitare de Bellas est souvent doublée à l’unisson par un synthé lors des parties les plus endiablées, et le son de sa six-cordes est toujours très doux, loin d’être aussi agressif qu’un Malmsteen ou d’un Stump, lui donnant sa fluidité et sa rondeur qui le caractérise dans le paysage guitaristique.


Le thème de l’album n’a pas été abordé, mais le titre des morceaux est éloquent : comme sur le projet instrumental Cosmics du clavièriste Liverani (également chez Lion Music), The Dawn Of Time est (bien) inspiré de thèmes scientifiques et cosmiques, en l’occurrence le big-bang. Après tout, un album se voulant créatif qui parle de la création de l’univers, ça n’a pas intérêt à être raté. Challenge réussi pour George Bellas qui signe là une pièce maitresse de la guitare virtuose. Bravo.


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