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CHRONIQUE PAR ...

6
Lord Henry
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 15/20

LINE UP

-Lance King
(chant)

-Michael Kammeyer
(guitare)

-Niels Kvist
(basse)

-Jonah Weingarten
(claviers)

-Morten Gade Sørensen
(batterie)


TRACKLIST

1)Era of Chaos
2)The Birth
3)What Lies Beyond
4)Ancient Words Within
5)Souls in Pain
6)She Who Summoned Me
7)The Bone Carver
8)Bring Back Life
9)Blood Red Skies
10)Tears of Hate

DISCOGRAPHIE


Pyramaze - Legend Of The Bone Carver
(2006) - metal prog - Label : Massacre



Voilà ni plus ni moins que la sensation de ce début d'année en matière de heavy-speed. Pyramaze s'attaque au concept pour son second album, et nous livre un disque d'une grande solidité. Des touches progressives plus ou moins prononcées constituent la valeur ajoutée du groupe danois, et elles sont largement mises en valeur sur Legend Of The Bone Carver. Michael Kammeyer, guitariste et leader, possède un style de composition d'ores et déjà bien trempé, suffisamment varié pour éviter les redondances et les déjà-vus, avec une tendance à soigner chacune de ses chansons aux petits oignons. Dans un genre pas très en forme en ce moment, Pyramaze tombe pile poil pour rasséréner nos craintes.


C'est après une introduction orchestrale, agrémentée d'une narration assez ridicule, que l'on rentre dans le vif du sujet avec un "The Birth" tonitruant. Rythmes alambiqués, claviers omniprésents, voix traditionnelle à la John West et mélodies enchanteresses assomment d'un coup, faisant valoir du même coup la clarté de la production. On sait alors que l'on a affaire à des pros. La prouesse, c'est que jamais au cours de la lecture du CD le niveau ne fléchira. Une grande homogénéité dans les compositions, toutes équitablement fignolées, peu importe qu'il s'agisse des arrangements de claviers, souvent très sophistiqués, ou bien des lignes vocales, mises en exergue par un Lance King excellent en tous points. Le progressif "What Lies Beyond" peut ainsi rappeler la démarche de Pagan's Mind, alors que "Bring Back Life" et son ambiance celtique s'assimilera plus à Rhapsody. Mais sans plagiat manifeste.

"Ancient Words Within" en rajoute une couche en terme de complexité, alliant une rythmique infernale à une approche mélodique impeccable. L'une des forces du combo est de savoir ne point trop s'appesantir sur des "prouesses" potentiellement gavantes à la longue: un duel clavier / guitare à la scandinave colore "The Bone Carver", des leads très rapides identifient "Souls In Pain" (et quel refrain!), la double grosse caisse dénote dans l'épique final "Tears Of Hate"... Tous ces aspects, non pas originaux mais pourtant essentiels, sont utilisés avec parcimonie et rendent l'ensemble harmonieux. Pyramaze ne se répète pas. Ces gars-là ont le sens de la mesure. Peut-être les narrations en font-elles trop... Elles servent le concept, mais depuis l'avènement de Rhapsody, il devient de plus en plus difficile de prendre cet "exercice" au sérieux. Tant pis, on fera avec.

Nous avons même la fameuse ballade, "She Who Summoned Me", chantée en duo avec une jeune demoiselle, tombant de façon plutôt prévisible dans le people mais sans être trop prévisible pour autant. Les interventions de Jonah Weingarten sont alors plus déterminantes que jamais. Mais tous les musiciens font preuve d'une grande maîtrise, chacun à leur niveau, et leurs capacités de renouvellement y sont pour beaucoup dans l'effet de surprise permanent, évitant à l'ennui de s'installer après quatre chansons, comme c'est encore trop souvent le cas. C'est peut-être cela le prog', finalement: le futur du metal mélodique. Du moment que c'est fait avec autant de classe, on se pourra pas s'en plaindre. Vous pouvez y aller, c'est de la bonne camouze.




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