4283

CHRONIQUE PAR ...

15
Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 04 octobre 2010
Sa note : 11/20

LINE UP

-Mark Boals
(chant)

-Tony MacAlpine
(guitare)

-Estefanía Daniel
(guitare)

-Doug Shreeve
(basse)

-Virgil Donati
(batterie)

TRACKLIST

1)Liar
2)Guilt
3)Solitary Man
4)Where I'm Going
5)All I Had
6)Blame
7)The Wall
8)Good & Evil
9)Happy Ending
10)The Cage

DISCOGRAPHIE


Seven The Hardway - Seven The Hardway
(2010) - hard rock - Label : Mascot Records



Quand de vieux briscards qui ont trainé un peu avec tout le monde, de Vai à Malmsteen en passant par Polnareff, décident de monter un micro-projet hard-rock aux (presque) antipodes du néoclassique à la Ring Of Fire, le spectre des possibles est assez large. Dans le meilleur des cas, nos enquilleurs de gammes vont se lâcher complètement et nous balancer mandale sur mandale, une collection de tubes en béton armé enrobés de numéros de haute voltige. Dans le pire, ils se montreront aussi impliqués que dans une réunion de l’amicale des anciens philatélistes de Gif-sur-Yvette, pour un résultat qui ne sonnera pas mieux que les quarante disques Frontiers sortis dans la semaine.

On leur en saura gré : Boals, Donati, McAlpine et leurs amis ne sont pas venus pour beurrer les sandwiches. Ce projet, c’est le leur, pas l’idée d’un patron de label cramé du bulbe à court d’idée pour monter son 50ème all-star-band du mois. À l’écoute, on sent l’implication des membres, en particulier Boals qui a l’air de bien se faire plaisir dans ce registre rocailleux, gentiment burné ; et dans lequel il parvient à convaincre ! L’entreprise est sérieuse, et on remerciera la troupe d’avoir su éviter l’effet « groupe de potes » qui part en studio après avoir composé environ trois demi-chansons. Faire du hard-rock coriace, ça ne s’improvise pas : et dès le premier riff bien méchant de "Liar", on comprend que Seven the Hardway a bien appris la leçon. Celle du refrain qui reste dans la tête – pour les bonnes raisons ou pas, qu’importe – a bien été apprise aussi. Celle du solo qui ne prend pas de gants, pareillement. Et celle de la ballade placée en troisième position, hein, ne l’oublions pas ! Et puis aussi…

… et puis voilà : l’album ne loupe aucune case, il est agencé comme on l’attend dans ce genre d’exercice, mais on a beau faire, plus on avance dans ses méandres bien définies, plus on ne peut s’empêcher de penser que le résultat est trop appliqué pour vraiment cartonner. C’est propre, quoi. Et ce n’est pas réellement une question de son, vu que les guitares sont bien en avant, rugissantes, et certaines sections collent vraiment la banane : les couplets rappés de "Guilt" – pour une fois qu’un « risque » est pris dans cet album – le refrain « attention-je-défourraille » de "The Cage"… mais de tous côtés, surnagent beaucoup, beaucoup trop de choses plus convenues : la ballade "Where I’m Going" ressemble à un cahier des charges, certains refrains confondent accrocheur et casse-bonbons ("The Wall", "Good and Evil"). Reste une énigme : "Solitary Man", une vraie réussite de hard-rock alambiqué et couillu, aux retournements mélodiques inattendus et bien jouissifs. Si tout l’album avait été de cette trempe « technico-testiculée » on aurait pris plus facilement notre pied, n’est-ce pas ?


Mais au lieu du grand huit, on se contentera de la traversée en monorail ; alors bien sûr, la compétence des architectes, plus quelques secousses de circonstance, auront en partie raison des récalcitrants. Mais avouez que c’est dommage de jouer la sécurité quand vous avez autrement les moyens de tout péter ! The Hard Way… ouais, va falloir la prendre un peu plus assidûment, la prochaine fois.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6