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CHRONIQUE PAR ...

71
Arroway's
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2010
Sa note : 15/20

LINE UP

Divers

TRACKLIST

CD1
1)VALI – Hoestmelankoli*
2)EMPYRIUM – The Days Before the Fall*
3)NEST – Summer Storm (acoustic)*
4)NEBELUNG – Ich Würd Es Hören*
5)OCTOBER FALLS – Viima*
6)AINULINDALE – A Year of Silence*
7)LES DISCRETS – 5 montée des épies*
8)LES DISCRETS – Après l'ombre**
9)MUSK OX – Solstice*
10)HAVNATT – Dagen Og Natta*
11)DORNENREICH – Dem Wind Geboren
12)VALI – Haredans I Fjellheimen*

CD2
1)NHOR – Upon the Winds Its Wings Beat Sorrow Into the Stars *
2)ULVER – SYNEN **
3)NEUN WELTEN – Pan *
4)TENHI – Kausienranta
5)BAUDA – Ocaso (acoustic) *
6)ORPLID – Stille (demo) **
7)NUCLEUS TORN – Krähenkönigin III
8)LONNDOM – Språnget ur Ursprunget *
9)SYVEN – How Fare the Gods ? *

* titre inédit
** titre rare

DISCOGRAPHIE


Compil Auerbach Tonträger - Whom The Moon A Nightsong Sings
(2010) - folk acoustique néo-folk - Label : Auerbach Tonträger



Chez Auerbach Tonträger, on s'est fait une spécialité des groupes à tendance folk, néo-folk, acoustique, néo-classique, romantique et sylvestre. Sous la bannière de Prophecy Productions, ce label plutôt confidentiel ne voit passer quelques groupes groupes tels que Neun Welten, Vàli ou Sol Invictus. Il sort cette année une compilation spécialement consacrée au genre : un copieux double album totalisant une centaine de minutes de musique, regroupant une petite vingtaine des groupes représentatifs de cette scène. L'intérêt principal de cette production étant qu'elle compile très généreusement, et même quasi uniquement des titres rares et inédits.

C'est sans surprise que l'on découvrira au fil de l'écoute des morceaux acoustiques, à la mélancolie facile, à la contemplation éperdue de la nature et de la Lune. Les amateurs du genre seront assurément ravis de cette compilation thématique qui fait se côtoyer, pour un sujet souvent similaire, les impressions personnelles de différents artistes. Les atmosphères sont ainsi très différentes d'un morceau à un autre, balayant un spectre nuancé de sensations et d'émotions subtilement déclinées entre elles. On sent dans le pesant et inquiétant "Summer Storm" de Nest à la fois la tension puissante du tonnerre et la fraîcheur proche de la pluie. Le "Solstice" de Musk Ox est plein de légèreté estivale et paisible. Les Discrets continuent de distiller leur personnalité musicale sur la pente de la dépression sur "Après l'ombre" tout en découvrant progressivement un pan plus franchement ensoleillé, que l'on peut écouter sans ambigüité sur un "5 montée des Épies" déclinant ses arpèges à l'envie.

On traverse les contrées folkloriques avec Ainulindalë et son "A Year of Silence" emmenant teinté de baroque. Nucleus Torn poursuit dans la veine avec une pièce pour guitare (acoustique) "Krähenkönigin III". Puis Neun Welten nous fait asseoir un instant à la clairière pour nous faire écouter les sonorités boisées de "Pan", bientôt relayé par "Ocaso" de Badosa qui continue le périple dans un espace plus clairsemé. L'enchaînement de ces titres, même s'ils ne sont pas successifs, n'évite pas toujours le principal écueil du genre, à savoir finir par sonner de la même manière et sombrer dans une certaine léthargie les auditeurs. Heureusement, certains titres tels le plus dynamique "Dem Wind Geboren" de Dornenreich, les interludes composés par Vàli et le titre "A Year of Silence" de Ainulindalë ramènent quelques couleurs pour raviver un véritable intérêt et faire vivre la compilation.

Que ne serait Whom The Moon A Nightsong Sings sans la touche de romantisme classique qui se doit d'accompagner toute réflexion, forcément rêveuse, forcément mélancolique et belle. De tels morceaux ne sont pas si nombreux, la part belle étant faite aux compositions à cordes. Heureusement, Nhor offre "Upon the Wind Its Wings Beat Sorrow Into the Star", titre composé pour piano, à ceux qui contemplent les étoiles pensivement. Un bien beau morceau un peu triste qui malgré ses quatre minutes pose un instant le temps en suspens. Et puis il y a les mélopées plus primaires, ancestrales, que réveille Lönndom sur "Språnget Ur Ursprunget" non sans rappeler quelques sonorités proches de celles de Wardruna. Encore plus primitif et teinté de chamanisme, "How Fare the Gods" de Syven convoque les forces de la nature pour clore le chapitre du second album de cette compilation.

"Kausienranta" de Tenhi évoque des sonorités d'Europe Centrale et instille une atmosphère plus obscure, un peu ambiguë. Aussi ambiguë est la contribution d'Ulver avec "Synen", commençant comme un assez banal morceau de folk acoustique mais qui pervertit sa pureté avec le chant si particulier et expressif de Garm. Finissons sur le non moins sombre et quelque peu perturbant "The Days Before the Fall" d'Empyrium. Empyrium qui ne signe rien de moins ici que son retour dans le paysage musical depuis la sortie de Weiland en 2002. Si Empyrium a, paraît-il, retrouvé l'inspiration, cet inédit affirme en tout cas une personnalité bien présente en proposant un morceau au tempo lent et lourd, presque triomphal, ponctué de coups de cymbales et mené par un chant dramatique et grave.


Le principal intérêt de Whom The Moon A Nightsong Sings est bien entendu de proposer une multitude de titres rares et inédits qui intéresseront les amateurs des groupes concernés. La qualité des morceaux étant quasiment assurée d'avance, là où l'effet de cette compilation pèche, c'est par la présence de morceaux qui à force de proposer la même recette finissent par se ressembler. Mais la participation de groupes confirmés permet de maintenir un bon niveau global et de découvrir, s'il y a lieu, quelques artistes qui ne figurent pas forcément parmi les plus exposés de la scène musicale.


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