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CHRONIQUE PAR ...

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Oni²
Cette chronique a été mise en ligne le 17 avril 2011
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Brandon Davis
(chant)

-Sam Hafer
(guitares)

-Shane Murray
(claviers)

-John Malloy
(basse)

-Alan Ashcraft
(batterie)

TRACKLIST

1) Tipping The Scales
2) Song For The Hopeless
3) Seasons
4) Descent & Discovery
5) Ghost Of Grandeur
6) Before The Night Takes Us
7) A Moment Of Clarity
8) Blessing In Disguise
9) In The Face Of Adversity
10) Belay My Judgement

DISCOGRAPHIE


Across The Sun - Before The Night Takes Us
(2011) - melodeath metal symphonique metalcore - Label : Metal Blade Records



Première véritable réalisation studio pour ces jeunes garçons venus de l’Oregon. Fraichement signés chez Metal Blade après quelques EP et tournées dans leur pays, Across The Sun s’est offert les services de Daniel Castleman (collaborateur de Winds Of Plague et As I Lay Dying entre autres), gros son garanti donc, mais tout, le monde le sait, c'est devenu un détail insignifiant de nos jours. En revanche, savoir qu'ils ont laissé les manettes à ce monsieur devrait vous donner une petite idée de leur orientation musicale ...


Les Américains naviguent entre 3 courants : melodeath/metalcore et metal symphonique. Si les deux premiers sont presque naturellement affiliés, le troisième n’est pas réputé pour s’intégrer de la meilleure des façons aux autres. Heureusement, aucune crainte quant aux risques de patchwork mal branlé. Les orchestrations se fondent à la perfection dans l’ensemble. On ne peut pas parler d’un genre musical à part entière, mais Across The Sun appose directement sa signature, bien qu’ils ne soient pas les seuls à pratiquer ce mélange peu commun (Winds Of Plague et Bleeding Through pour ne citer qu’eux). En dehors d’un instinct de composition pointu, Across The Sun détient un atout assez impressionnant ; son frontman. Grandiloquent et parfaitement à l’aise sur les envolées (“Song for the Hopeless”), fort en émotion quand il le faut (la « presque ballade » “Seasons”), balançant des refrains tous plus fédérateurs les uns que les autres avec juste ce qu’il faut d’agressivité en growl death profond et dans les cris hardcore. On peut qualifier sans hésitation Brandon Davis comme l’un des plus talentueux chanteurs issus du metalcore depuis qu’il existe. Son timbre évoque vaguement Dave Padden d’Annihilator. Il pourrait aisément occuper le même poste dans un groupe de heavy traditionnel, ce qui n’est pas donné à tous. Bien sûr, tout cela reste à vérifier sur scène, mais sur CD, pas de doute, il assure.

Ses compagnons ne sont pas en reste, Sam Hafer est très efficace en riffs, comme en solo (“Descent & Discovery”). Le batteur, sans être insurpassable est à la hauteur des standards du genre. Et les claviers dont on parlait déjà plus haut sont parmi les éléments prépondérants de leur musique. Mais alors, s'approcherait-on de la perfection ? Et bien non, c’eut été trop beau. Un petit regret pour la basse sous-mixée, on ne l’entend vraiment que lorsque la guitare rythmique s’efface derrière les orchestrations. On constate par ailleurs en avançant dans la tracklist que la puissance dégagée par les openers s’amenuise petit à petit. L’instrumental “A Moment of Clarity” par exemple ne convainc pas vraiment malgré une jolie mélodie de départ. Il est heureusement rattrapé par le très bon “Blessing in Disguise”. Petit bémol aussi sur les soli de claviers, dont votre serviteur doit avouer ne pas être fan. Quant aux deux derniers titres, ils sont eux aussi un petit peu moins percutants, pas mauvais dans l’absolu, mais en dessous du reste, c’est clair. La fin de l’album est quelque peu précipitée. Certes, ça change d’un clichesque instrumental ou du gros pavé sans fin, mais ce n’est pas à la hauteur du démarrage tonitruant et épique des 6 premières pistes.


Un premier essai des plus encourageants pour ces messieurs venus de Portland. Bien que dépourvus de réelle originalité, ils n’en sont pas moins accrocheurs. Un prochain album plus ambitieux ? Plus complexe ? On espère en tout cas qu’ils vont persévérer et ne pas se laisser oublier, des groupes comme eux, il en faudrait tellement plus.



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