4723

CHRONIQUE PAR ...

13
Dupinguez
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juillet 2011
Sa note : 13/20

LINE UP

-Didier Delsaux
(chant)

-François Merle
(guitare)

-Bruno Ramos
(guitare)

-Marc Duffau
(basse)

-Jean Lahargue
(clavier)

-Daniel Pouylau
(batterie)

TRACKLIST

1)Aura (intro)
2)Larme de l'univers
3)Dernier allié
4)Mercenaire
5)L'ombre d'hier
6)Chant de bataille
7)Secret de l'âme
8)Récidiviste
9)Illusion
10)Sentiers de la peur
11)Vertiges
12)En seigneur
13)Deserteur
14)Délivrance
15)Sans détour

DISCOGRAPHIE


Manigance - Récidive
(2011) - heavy metal - Label : XIII Bis Records



Cinq ans pour sortir un album, c’est beaucoup. Alors quand on s’appelle Iron Maiden, qu’on a déjà 30 ans de carrière derrière soi et des albums à la pelle, ça ne pose pas trop de problème. Quand on s’appelle Manigance et qu’on a tout juste réussi à se faire un nom sur la scène nationale, c’est déjà plus compliqué. Autant dire que plus grand monde ne s’intéresse à nos Français par les temps qui courent. Et c’est bien dommage, car le groupe n’a pas démérité par le passé. Reste à voir si le public passe à côté d’une pépite ou si Récidive justifie ce manque d’intérêt.

Commençons par évoquer le point qui fait le plus débat à propos de Manigance, à savoir le chant en français, ce sera fait. On dénombre deux écoles : ceux pour qui c’est rédhibitoire et ceux que ça ne dérange pas (la troisième, qui trouve ça géniale, ne s’étant pas encore manifestée). Didier Delsaux déclamant son texte à l’anglaise, en termes d’appuis et d’intonation, votre serviteur se trouverait plutôt dans la seconde catégorie. Les paroles ne sont certes pas dignes de nos plus grands écrivains, mais vu la qualité moyenne produite par les groupes anglophones du même genre (Stratovarius, Manowar), on serait bien en peine d’argumenter le pourquoi de cet aspect rédhibitoire de manière crédible. Même si, évidemment, la compréhension immédiate du texte peut jouer. Bref, passons et causons plutôt musique. Comme d’habitude, avec une formation dotée notamment de deux guitares et un claviériste, la section instrumentale est très fournie, voire trop. La quasi-omniprésence de nappes de synthé a tendance à noyer un peu l’ensemble, ce qui empêche de distinguer et d’apprécier clairement le travail des guitares, en plus de donner un aspect parfois trop lisse à des compositions qui ne manquent pourtant pas d’énergie. Le riff bien rock de "L’ombre d’hier" en subit par exemple les conséquences.

Pourtant, le temps mis à la composition de cet album aidant, on sent qu’un travail important a été effectué sur chaque morceau. Là encore, Manigance a peut-être pêché par excès puisque, à la longue, cet aspect chargé fatigue vite l’auditeur, d’autant que le menu est copieux : 15 titres en comptant l’intro ! Si le début d’album nous met sur de bons rails avec la pêchue "Larme de l’univers", on aura ensuite plus de mal à retenir des passages marquants dans ce Récidive. "Chant de bataille" en fait partie, avec une intro calme qui laisse présager une ballade sirupeuse sans folie et qui embraille finalement sur un mid-tempo plutôt agressif (malgré ces sempiternelles nappes), avec un riff rappelant "Ego Painted Gray" de Angra. Plus loin arrive le morceau-presque-titre, "Récidiviste", doté d’une patate bienvenue. On notera également l’instrumentale, "Vertige", qui permet aux musiciens, doués, de s’en donner à cœur joie. En fin d’album, "Délivrance" sort un peu du lot grâce à un riff bien senti et un passage instrumental bien torché… Malgré tout, les titres se suivent et se ressemblent, comme autant de faces B, titres pas foncièrement mauvais mais qui se desservent mutuellement par leur trop grand nombre. Le problème est principalement visible au niveau des refrains. Ils se ressemblent tellement que même après de nombreuses écoutes, difficile d’en retenir un en particulier au sortir d’une écoute.


Un trop-plein de tout, finalement, qui se fait au détriment d’une certaine spontanéité. Dommage, car on sent que Manigance est composé de musiciens pétris de talent, qui ne demandent qu’à être canalisés par des choix plus fermes en termes d’efficacité. Et donc, puisqu’il faut bien mettre un terme à ce suspens insoutenable qui te tient, lecteur, en haleine depuis le début de cette chronique : ce n’est malheureusement pas Récidive qui permettra à Manigance de trouver enfin la gloire et la fortune.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7