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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mars 2012
Sa note : 6/20

LINE UP

-Goat
(chant+guitare+basse)

-Satanvomit
(batterie)

TRACKLIST

1) Invocation of Lust
2) The Holy Orifice
3) Blasfemia
4) Rites of Inversion
5) Circle of Sodomy
6) Vomit Falls Upon Salvation
7) Devourment of…
8) Submission to Beasts
9) Flesh Ritual
10) BoneTempleMarch
11) Thy Sacred Lamb
12) Whoresavior

DISCOGRAPHIE


VomitChapel - Damnation Ad Bestias
(2012) - black metal - Label : Analog Worship



Vomitchapel, Vomitchapel … attendez donc, voici un nom emprunt de délicatesse poétique. Mais où a-t-on déjà vu ce nom ? Ah ! Facile, c’était un groupe de black américain remarqué pour ses démos, dont voici la compilation d’ailleurs. Bingo. Vomitchapel, le nom fleure bon le titre de chanson qui ne déplairait pas à Ultra Vomit, pourtant le propos est censément ultra sérieux et pas du tout propice à la déconnade (par contre à l’enculade pourquoi pas). Car las de la chrétienté et des errements commerciaux du black metal, la horde US pique à tout va et veut imposer sa vision crue du monde, sa noirceur noire du black. Vous devrez donc accepter Vomitchapel comme un sujet de méditation, point d’amusement.

Le groupe met en tout cas à exécution les menaces induites de son nom. C’est crade, dégueulasse, rugueux avec des petits bouts encore tout chaud dedans. A peine le disque commencé, ce qui saute aux tympans, et ceci, même le plus sourd des malentendants le notera, c’est la qualité affreuse de l’enregistrement. Faisant penser à un Hellhammer dont la saturation et le volume auraient été poussés au maximum et dont toutes les différences de niveau auraient été lissées, ce dégueulis infâme, fusion froide de guitare, basse, batterie et chant interpelle et choque. Même pas le niveau démo en somme, nous sommes plutôt dans la répèt’ là. Heureusement, amateur de black metal que nous sommes, nos oreilles s’habituent et commencent à accepter l’agression. Tout du moins, l’empreinte sonore commence-t-elle à créer des formes audibles puis des sons voire même des riffs. Oh bien sûr, c’est d’une simplicité confondante et il n’est pas rare de se prendre à penser « Mais quelle blague », même si on sait qu’il s’agit de démos seulement (pour le fun : Warvomitdeathworship et Sodominate), pourtant le terreau prend et petit à petit on en vient à admettre cet album dans la catégorie musique. Cependant bien vite la réalité nous reprend à la gorge.
Car si les chansons sont audibles, les différences sont par trop subtiles entre elles et surtout totalement déchiquetées par cette représentation sonore impropre, malgré tout parfaitement adaptée au but avoué de destruction sonore de l’église (en passant par la sodomie, pratique visiblement appréciée du groupe). On passe alors au troisième stade comportemental face à ce genre de musique, la lassitude. Il ne faut pas être idiot ou naïf, si la forme extrême de la musique de Vomitchapel peut lui donner un cachet unique (même si on garde à l’esprit qu’on parle de démo là), ça casse sur la durée d’un album. Il n’y a tout de même pas grand-chose à analyser dans ce nihilisme black metal absolu qui peut faire penser vaguement à du Abruptum dans la démarche jusqu’au-boutiste, la côté totalement vide et chiant en moins. Le tout est appuyé par un chant à la réverb’ acharnée qui le rend totalement incompréhensible. Mais surtout, ça fait quand même très mal de se dire que je chronique une compilation de démos d’un groupe qui n’a même pas sorti d’album quand d’autres … essaient. Notez également la différence sonore entre les 2 démos présentent sur l’album. Pas que ça change grand-chose au final, mais vous devrez jouez sur le volume sonore pour rester constant.


Tout ceci, c’est bien, mais ça nous mène où ? Pas vraiment nulle part, mais pas vraiment quelque part. On se retrouve avec une démarche « artistique » (on peut légitimement se poser la question de la véritable volonté de créer de l’Art) absolument admirable de détermination mais tout autant rejetable d’incompréhension. Qui plus est, on est face à un objet qui essaie de vendre des démos d’un groupe qui n’a jamais sorti d’album … Donc, autant pour saluer le caractère vraiment fatiguant de ce Damnation Ad Bestias, et sa tentation commerçante, le voici sanctionné de la note du diable.


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