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CHRONIQUE PAR ...

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Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 24 novembre 2013
Sa note : 16/20

LINE UP

-Arjen Lucassen
(guitares+basse+claviers+mandoline)

-Ed Warby
(batterie)

-Guest divers

TRACKLIST

Disque 1

Phase 1: Singularity
1) Prologue: The Blackboard
2) The Theory of Everything part 1
3) Patterns
4) The Prodigy’s World
5) The Teacher’s Discovery
6) Love and Envy
7) Progressive Waves
8) The Gift
9) The Eleventh Dimension
10) Inertia
11) The Theory of Everything part 2

Phase 2: Symmetry
12) The Consultation
13) Diagnosis
14) The Argument 1
15) The Rival’s Dilemma
16) Surface Tension
17) A Reason to Live
18) Potential
19) Quantum Chaos
20) Dark Medicine
21) Alive!
22) The Prediction
 
Disque 2

Phase 3: Entanglement
1) Fluctuations
2) Transformation 
3) Collision 
4) Side Effects 
5) Frequency Modulation
6) Magnetism
7) Quid Pro Quo
8) String Theory
9) Fortune? 

Phase 4: Unification
10) Mirror Of Dreams 
11) The Lighthouse
12) The Argument 2
13) The Parting 
14) The Visitation
15) The Breakthrough
16) The Note 
17) The Uncertainty Principle
18) Dark Energy 
19) The Theory of Everything part 3
20) The Blackboard (reprise)

DISCOGRAPHIE


Ayreon - The Theory of Everything
(2013) - metal prog - Label : Inside Out Music



Ce n’est pas en changeant structurellement une formule, qu’on en change le fond, mais au final on attire un peu plus l’intérêt. C’est probablement ce qu’Arjen Lucassen a dû se dire en découpant sa nouvelle histoire estampillée Ayreon en 42 segments répartis dans deux galettes de trois-quarts d’heure chacune. Tout commence bien, The Theory of Everything offre aux premiers abords un visuel splendide et une production léchée nous donnant l’espoir que le batave, après ses nombreux projets, se soit renouvelé. Alors, Arjen a-t-il trouvé la réponse à la grande question de son parcours artistique ? Arrivera-t-il à changer ses habitudes au sein même de son projet phare ?

On le savait dès le départ, Arjen avait décidé de faire du neuf, tout du moins sur la forme. Exit la profusion de guests à ne plus savoir qu’en faire dont les interventions se résumaient à une ou deux phrases. Exit aussi les histoires trop complexes de S.F partant dans tous les sens. Le batave a décidé, si ce n’est de faire plus court, tout du moins de se focaliser sur l’essentiel : seulement sept chanteurs et tous nouveaux sur une heure et demi de musique, de quoi leur permette de véritablement évoluer et de faire vivre leur personnage. Cette cure d’amaigrissement permet l’élaboration d’une histoire plus proche de The Human Equation, basée sur la relation entre les différents protagonistes vis-à-vis d’un jeune prodige et de la volonté de  son père de trouver la théorie du tout (une théorie physique susceptible de décrire de manière cohérente et unifiée l'ensemble des interactions fondamentales). Donc vous l’aurez compris, les différents guests en feront des tonnes pour être crédible (mention spéciale à Michael Mills (Toehider) et Tommy Karevik (Kamelot, Seventh Wonder) pour leurs prestations, mais les autres ne déméritent pas non plus). On a véritablement l’impression de se retrouver devant un metal-opéra en quatre actes.
Arjen l’admet lui-même, pour ce disque, il s’est inspiré de Tales from a Topographic Ocean de Yes, en découpant son histoire en 4 epics (divisé en plus petites parties pour être digeste). Metal-opéra oblige, il sera fortement recommandé d’écouter le disque livret à la main pour comprendre l’histoire  vu le nombre de précisions faîtes à l'intérieur. Pourtant cette découpe n’empêche pas l’album d’opérer plus de changements d’atmosphères que d’habitude. Il est l’un des plus denses de sa discographie et dans l’ensemble cela marche bien. La première partie (Singularity) est d’une efficacité redoutable avec des mélodies ultra accrocheuses ("The Theory of Everything part 1" et "part 2"), des passages instrumentaux géniaux (l’immédiate "Patterns" ou la folk prog "Progressive Waves") et des échanges vocaux efficaces ("The Gift") qui le sont encore davantage lors de la deuxième partie Symmetry (les excellentes "Diagnosis" et "The Argument 1"). Ces réparties entre chanteurs sont, encore plus qu’à l’accoutumée, une vraie réussite et ceci même dans les deux dernières parties (l’enchaînement entre la sombre et folk "Magnetism" et la désabusée "Quid Pro Quo" ou encore les tragiques "The Argument 2" et "The Parting"), même si la quatrième partie reste un peu décevante sur la fin.
Ce que je viens de vous dire ne devrait pas vous choquer. Car au fond, Ayreon sera toujours Ayreon et vous resterez en terrain connu que ce soit pour les chœurs (féminins surtout), l’utilisation intensive des claviers munis de sons plus ou moins de bons goûts ou les alternances entre passages folk et heavy. Rien ne change vraiment et ce n’est pas les instrumentistes invités qui nous feront dire le contraire avec un fort penchant pour le troisième âge (Rick Wakeman et Keith Emmerson pour les claviers et Steve Hackett pour la guitare avec un magnifique solo sur "The Parting") ou les claviers aux sons douteux avec Jordan Rudess. Heureusement, les instruments plus naturels viennent contrebalancer ces sons synthétiques. Troy Donockley en est un parfait exemple avec ces interventions judicieuses sur "Progressive Waves", "The Rival’s Dilemna" et "Magnetism". Bref, du Ayreon pur jus à tel point que certains passages nous rappellent d’anciens morceaux comme la fin de "Quid Pro Quo" qui nous renverra à 01011001 ou "Mirrors of Dreams" qui aurait parfaitement sa place dans Into The Electric Castle, même l’excellente et groovy "The Breakthrough" n’étonnera pas beaucoup.


Alors au final que retenir de The Theory of Everything ? Qu’Arjen Lucassen a bien fait de faire des projets parallèles pour nous livrer un nouvel Ayreon plus cohérent, bourré de mélodies et qui ne se perd pas dans son casting de stars ? Que l’album est un peu trop long, mais qu’il est plus exigeant  et mieux fait que les précédentes œuvres de ce projet (depuis Into The Electric Castle) ? Oui, mais surtout qu’on aimerait entendre plus souvent  des albums d’une aussi bonne qualité, et qu’on ne changera jamais complètement le père Lucassen, ses tics de composition et son penchant pour les claviers. En même temps, c’est un peu pour ça qu’on écoute Ayreon, non ?


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