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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 12 avril 2014
Sa note : 13/20

LINE UP

-Ryan McKenney
(chant)

-Brian Izzi
(guitare)

-Galen Baudhuin
(basse)

-Brad Fickeisen
(batterie)

TRACKLIST

1) Salted Crypts
2) Habitland
3) Gift and Gift Unsteady
4) Lungrunners
5) Organic Infernal
6) Sanitations
7) Bad Nones
8) Former Lining Wide the Walls
9) Savage Climbers
10) Ransom Risen
11) Left Fall Each and Every Sedition Symptom

DISCOGRAPHIE

Blissfucker (2014)

Trap Them - Blissfucker
(2014) - grindcore - Label : Prosphetics Records



Trap Them c'est normalement une dizaine d'années d'activisme grind forcené et 6 sorties déjà, sous toutes les formes. En 2014 le groupe est correctement établi et n'a donc peur de rien. Et il a les reins pour s'affirmer sur la scène internationale du grind. Cela ne veut pas forcément dire grand chose, mais lorsqu'il s'agit de bâtir des introductions, l'effet de style est toujours le bienvenu.

Blissfucker, magnifique titre, ne commence pas comme on s'attendrait à ce qu'un album de grind commence. Quasiment 5 minutes de chanson portée par des vrais riffs sans blast (ou presque). On aurait mis le générique de La petite maison dans la prairie, on aurait plus compris. La 2e chanson ne change rien à l'affaire, surtout que sa fin se termine sur une cymbale frappée seule. Le pire est que l'effet est salement bon. On enchaîne sur un pur riff rock'n roll dont le groove est à un niveau ostensiblement élevé. Donc non, vous n'aurez pas du grind ras-le-front rien dans la casquette. D'ailleurs on peut réellement se poser la question quant à oui ou non, est-ce du grind ? Du hardcore peut-être ? Oui sûrement un peu, du rock'n roll également. Mais ça tape crassement l'air de rien. Et le grain des guitares est abrasif au possible. Pas la peine qu'elles aillent à toute berzingue les vitres descendues à fond de 6 sur la départementale, on sent qu'il y a une rage, une énergie insoumise là-dessous. Grind donc, mais pas que, Trap Them brouille les pistes sans nous embrouiller.
La musique est directe, elle fait mal et les riffs sont là. Merveilleux riffs d'ailleurs ! "Organic Infernal" en possède un superbe répété inlassablement sur fond de batterie qui monte lentement avant de se libérer, mais jamais dans un blast. Il y a beaucoup de médailles à distribuer dans ce Blissfucker et on se dit que le groupe n'a pas menti sur sa décennie d'expérience, il sait parfaitement où et comment aller. L'album est donc fort solide dans ses compositions, on se laisse bercer vaillamment. Il semble pourtant nous manquer quelque chose. On parle grind depuis le début et on évite savamment le blast, ne serait-ce pas là le non-sens qui nous dérange ? Bêtement... oui. Car oui, il est bête de regretter les blasts, et le grind s'il est un genre porté par le blast n'en vit pas uniquement. Mais il faut s'avouer notre bassesse animale et oui, avouer, avouons, avouez, le blast a droit de cité et il apporte de la vie, du piment, de la fougue qui manque ici. Preuve est faite par "Former Lining Wide the Walls", souffle frais de blast surchauffé. Les riffs auraient très clairement supportés des déclinaisons massacrées sur fond de blast et cette folie perdue ne se retrouve pas ailleurs.


Appelez-moi idiot ou bourrin, mais voilà bien tout ce qui manque à cet album, ce zeste de blast. Il n'en fallait pas des kilotonnes, mais la dose minimale requise par la confédération internationale du grind. Un excellent niveau de riff cependant et un son puissant, clair et précis qui met joliment en valeur la musique proposée.


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