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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 19 avril 2014
Sa note : 14/20

LINE UP

-Frank Mullen
(chant)

-Terrance Hobbs
(guitare)

-Doug Cerrito
(guitare)

-Josh Barohn
(basse)

-Mike Smith
(batterie)

TRACKLIST

1) Liege Of Inveracity
2) Effigy Of The Forgotten
3) Infecting The Crypts
4) Seeds Of The Suffering
5) Habitual Infamy
6) Reincremation
7) Mass Obliteration
8) Involuntary Slaughter
9) Jesus Wept

DISCOGRAPHIE


Suffocation - Effigy Of The Forgotten
(1991) - brutal death pizza YOLO - Label : RoadRacer Records



Suffocation, formé en 1988 fait figure de vétéran. Vétéran du brutal death qu’il créa en 1991. Suite à la démo Human Waste qui faisait la part belle à une suite de titres super speedés et relativement inextricables, les New-Yorkais se réunissaient au Morisound Studio sous la houlette de Scott Burns pour produire leur première offrande discographique.

Et voilà que débarque la première pizza musicale de l’histoire ! Si en 2012 vous avez l’habitude des grosses productions léchées, et parfois plastifiées, vous serez sacrément dépaysés avec Effigy Of The Forgotten. Tout dans cet album n’est que platitude écrasante. On pourra à ce titre déplorer le manque relatif de puissance de tous les instruments. Certains riffs sont peu audibles, et le tout requiert donc une grande concentration. Effigy n’est pas de ces albums que l’on écoute d’une oreille en faisant autre chose à côté. Cette carence en lipide, couplée à l’aspect labyrinthique des compositions en rebutera/perdra plus d’un, pour peu qu’ils ne prennent pas la peine de persévérer. Car, sous cet aspect au départ peu attrayant, se cache une véritable usine à outils tranchants. Ces multiples scalpels et tronçonneuse, qui permettent des expérimentations chirurgicales diverses sont ici utilisés judicieusement par la paire de guitaristes.
Presque tous les riffs, aussi peu répétés soient-ils font mouche, malgré le côté grind revêtu par certains qui ajoute encore à la violence ambiante (le début de "Mass Obliteration", la magistrale "Infecting The Crypts"). On remarquera également les quelques slam parts disséminées de parts et d’autres ("Liege Of Inveracity") qui font la nique au Molesting The Decapitated des texans de Devourment qui débarquera huit ans plus tard. On trouve donc déjà les quelques caractéristiques majeures de la musique du quintet, à savoir la versatilité du propos, les solos déconstruits, les ralentissements pachydermiques qui ne font qu’entrecouper les passages à tabac lancés à pleine vitesse, et surtout les vocalises si délicieuses de Mullen. Le bonhomme alterne entre les grognements surgutturaux (il est d’ailleurs le premier à utiliser ces vocaux bas et secs) et les hululements colériques profonds du type de celui qui annonce le début du chant dans "Infecting The Crypts".
Cette musique, extrêmement technique du point de vue de l’exécution, demande de chaque instrumentiste une précision parfaite. A ce titre, on ne s’étonnera pas des capacités du batteur, qui enchaîne roulements sur roulements, suivant le chaos ambiant de la musique par son jeu tentaculaire, mais toutefois très fin et nuancé ("Jesus Wept") pour le style pratiqué. Le bougre se sert de ses cymbales plus que de raison, tout en alignant des blast beats sidérant de vitesse pour l’époque (et aujourd’hui encore d’ailleurs), qui sont pleinement naturels puisque la retouche en studio n’existait pas à ce moment. Tout ce qui est présenté est donc pleinement authentique ; de quoi dégoûter pas mal de monde, et dérouter les autres. On apprécierait bien à sa juste valeur le jeu des guitaristes, mais leurs instruments sont presque mélangés à la basse ; encore une fois le fait d’une production, qui, si elle a son charme, dessert assez la musique de Suffocation, qui nécessite que chaque instrument ait sa place dans le mixage.


Pour ceux qui trouvent que ce brutal death-là est encore trop lisible et clair, tentez le Cranial Impalement de Disgorge qui devrait faire votre bonheur, avec ce magma bouillonnant de guitares, surplombé par le gosier sidéral de Matti Way. Mais ceux qui ont déjà du mal avec ce premier Suffocation, qui porte décidément bien son nom, ne devraient pas s’y aventurer.



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