6727

CHRONIQUE PAR ...

17
Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 09 octobre 2014
Sa note : 17/20

LINE UP

-Iliana Tsakiraki
(chant)

-Steelianos Amoiridis
(guitare)

-Marianthe
(clavier)

-Thanos
(basse)

-Philip Stone
(batterie)


TRACKLIST

1) Medusa
2) My Own Master (feat. Mike LePond)
3) Lifeless Eyes
4) Needle Bites (feat. Ailyn Giménez)
5) One Last Try
6) Her Descending Ghost
7) The Bargaining  (feat. Androniki Skoula)
8) Grief Divine
9) Torn Appart
10) Twist of Time
11) Step Into the Light (feat. Maxi Nil)

DISCOGRAPHIE

Rejected Gods (2014)

Enemy Of Reality - Rejected Gods
(2014) - metal symphonique - Label : F.Y.B. Records



Un groupe de metal symphonique avec une soprano au chant ? Ok, préparez les oreillers et installez vous confortablement, on va se faire chier pendant 50 minutes avec de la soupe mal assaisonnée, du romantisme dégoulinant, des riffs pauvres, un chant lyrique prétentieux et des arrangements pompeusement creux pour un résultat qui ne sera qu'une énième pâle copie de l'âge d'or de Nightwish et autres Within Temptation. Allez, prenons notre mal en patience, respirons un grand coup et c'est parti pour onze titres d'ennui et de torpeur.

Oui, mais sauf que ben, non. Pas vraiment. Pas du tout, même. Et pourtant, tout laissait présager le naufrage de ce quintet grec au visuel convenu et au line-up metal/classique tellement vu et revu chez des palanquées de médiocres et de fâcheux que la suspicion et le fatalisme étaient de mise. Mais après quelques écoutes, on se rend compte que Enemy Of Reality a de sacrés bons arguments pour vendre sa musique. Et non, bande de bas du front, il ne s'agit pas d'une plantureuse chanteuse à la poitrine subtilement mise en valeur par de romantiques corsets, puisque Iliana a un physique de soprano bien en chair qui l'éloigne des cruches vulgaires qui font fantasmer les metalleux préférant voir une espèce de star du X slave se trémousser sur scène plutôt qu'une chanteuse. Non, Enemy Of Reality a eu une idée toute bête pour mettre sa musique en valeur : écrire de bonnes chansons. Ça paraît tout con, mais y en a des tas qui n'y ont pas encore songé.
Donc Ennemy Of Reality, c'est sans surprise un mélange de Nightwish/Within Temptation mâtiné de Rhapsody, de Symphony X et de tas d'autres influences dans la vaste sphère du metal symphonique. Ça n'est donc, en soi, strictement rien d'original, légitimant notre légère appréhension introductive. Il ne faudra pas longtemps au groupe pour nous détromper : dès "My Own Master" le ton est donné avec un morceau pêchu, efficace et rappelant furieusement (surtout dans les guitares) Symphony X - c'est d'ailleurs sur ce titre qu'est invité Mike Lepond à la basse. Sympa, et presque rafraichissant. Mais les choses sérieuses commencent avec "Needle Bites", son introduction très Rhapsodienne et ce clavier bien mis en valeur, qui reviendra souvent et qui est l'une des raisons de la réussite de Rejected Gods.
En effet, la demoiselle en charge du clavier est très intelligemment mise en valeur tout au long de l'album, rappelant dans l'approche les albums progressifs de keyboard-heros tels que Kuprij, Mistheria ou Richard Andersson, avec une approche sonore décomplexée et délicieusement kitch ("One Last Try", "Grief Divine", "Torn Apart"), certes sans la virtuosité débridée de ceux-ci, mais avec un indéniable talent d'écriture - et de jolis solo en unison avec la guitare, comme sur "The Bargaining" ou "One Last Try". Bien sûr, au-delà de ce clavier bienvenu, il y a de très bonnes compositions. Écoutez l'inquiétante et sensuelle "The Bargaining" et ses excellentes lignes vocales et mélodiques, la très épique "Twist Of Time", là aussi avec une influence marquée de Rhapsody, ou encore les chœurs grandiloquents de "Her Descending Ghost" : les grecs savent vraiment y faire en matière de puissance, ne reculant pas devant quelques blast beats et accélérations dynamiques. Bon, on regrettera "Lifeless Eyes", vraiment trop convenue et molle, ainsi que – étrangement – l'introduction symphonique, pourtant écrite par leur compatriote Christos Antoniou (SepticFlesh, Chaostar), pauvre et ne mettant pas du tout en valeur le travail qui va suivre...


En tous cas, il n'y a quasiment rien à jeter sur ce premier album. Rejected Gods n'a en soi rien d'une révolution dans le monde musical, mais il réussit l'exploit de faire quelque chose de très bon avec des ingrédients qui, à la base, ne laissait pas forcément présager mieux qu'un album de plus mêlant chant lyrique et grosses guitares.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6