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CHRONIQUE PAR ...

7
Count D
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Sade
(chant+basse)

-Vargath
(guitare)

-Réès
(guitare)

-Sinis
(batterie)

TRACKLIST

1)Apocalypse Nights
2)Dying Monarch
3)Black And Vicious
4)In The Pleasure Of Incest
5)Filthy Jehovah
6)Welcome In Ncerophilia
7)Black Blood
8)Vertu De Putain
9)Children's Dream
10)Adoration Of Satanism
11)Wyrd

DISCOGRAPHIE


Draupnir - Black And Vicious
(2007) - metal symphonique black metal - Label : E.B.



Black And Vicious est le premier né de Draupnir, groupe de la France à nous, et comme pour marquer son début, la sortie de l'album est annoncée le jour de la date anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz par l'Armée Rouge (27 janvier), clin d’œil intéressant sur le concept de la perversion humaine, traitée dans ce premier travail dans la langue de Molière. En tout cas, d’obédience black métal mélodique d’inspiration classique (Bach, Chopin, Prokofiev pour n’en citer que quelques uns), ce premier album a tout d’une réussite.

Dès la première écoute l’on reconnaît l’influence d’Anorexia Nervosa, moins intense toutefois, dans la composition de claviers fouillés et très présents. Reconnaissable aussi dans ce chant hargneux et extrême, l’influence précitée laisse cependant place à une personnalité sous-jacente qui ne demande qu’à exploser. Œuvrant dans une expressivité très théatrale et changeante, Draupnir place ses pions sur un échiquier en relief, aux nuances à la fois romanesques et quasi néoclassiques (forte intervention de claviers sur "Welcome In Necrophilia"). Et si l’on a parfois tendance à trouver qu’un groupe vend son ambiance contre son clavier, il n’en est rien ici. Il faut reconnaître que ceux-ci sont le pilier de Black And Vicious, composés de manière assez virtuose et bien pensés. On appréciera aussi que les guitares ne se cantonnent pas à une adaptation rythmique des couches symphoniques, mais qu’elles donnent son coté extrême à la musique.

Parfois plus heavy que black, parfois plus classique que metal, parfois plus surprenant qu’il n’en a l’air, Draupnir concentre son talent de compositeur autour de ce qui fait sa force : le rythme musical. Autant complexe que précis, l’apport de rythmiques ultra changeantes à la teinte progressive évidente met en avant un excellent batteur, ne lésinant pas sur les breaks et les variantes à rallonge. "In The Pleasure Of Incest" et "Vertu De Putain" en sont de bons exemples, auxquels s’ajoutent des soli de très bonne facture. Autre point alléchant, le design général de l’album. La production et l'ambiance de bout en bout esthétique sont très soignées. S’ils récupèrent à leur sauce des mélodies bien connues de Tchaïkovski sur "Children’s Dream", cela ne reste qu’exceptionnel, les éléments classiques étant tous de la main du batteur, sans toutefois virer dans de la démonstration.


Bref, voilà un groupe qui affiche son talent, sa capacité de composition et une complexité dans l’écriture musicale qui n’empêche rien à une capture savoureuse et intense de l’œuvre. Mais comme rien n’est parfait ici-bas, il resterait à rendre les parties classiques (piano, clavecins, cordes…), plus organiques et moins électroniques, puisque programmées jusque-là par le batteur. Ce détail enlève un peu de chaleur au son, dommage pour une production de si bonne qualité par ailleurs… Mais au final, ceci relève du détail et l’on ne peut que saluer Draupnir, père d’un album imparfait mais de grande qualité, qui fera tout pour rendre ses prestations scéniques aussi spectaculaires que ne l’est déjà sa musique.


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