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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Oz
(chant)

-Gegeor
(chant)

-Lgwn
(guitares)

-Kronik
(DJ)

-Vince
(claviers)

-Bamby
(basse)

-Morgan
(batterie)

TRACKLIST

1)Gentech corporation
2)Mashuptaracedeworker
3)Alone
4)Bâillonnés
5)Times
6)Jail'o'man
7)Les canards de la haine
8)Le bizous della muerte Rat spy killer
9)Introduczion
10)Zion
11).
12)Esperanza (hope to sell)
13)Adamantium
14)Science de la rue
15)Majestica

DISCOGRAPHIE

Baîllonnés (2002)

Absolute - Baîllonnés
(2002) - fusion - Label : Nad



Les Frenchies d'Absolute ont mine de rien réussi à poser leurs petits flyers un peu partout dans les salles de France tant leur fusion rap-néo-hardcore-groove a su convaincre un public grandissant. Très représentatif d'une certaine scène française, le groupe a joué la carte du melting-pot des influences dans un but résolument à la fois festif et violemment in your face. L'éternelle question se pose donc une fois de plus : Absolute a-t-il le potentiel pour se détacher de la masse insensée des groupes pratiquant une musique aux fondations similaires ?

Une bonne partie du public heavy tendance trve le déplore mais l'évidence est là : le hip-hop a définitivement marqué la scène musicale française et les groupes metal bien de chez nous incorporent souvent des influences rap et ragga à leur violence dans un processus totalement naturel. Résultat des courses : les chanteurs français ne brillent pas forcément par leur capacité à atteindre des notes incroyables mais leur flow est généralement impressionnant. Les vocalistes d'Absolute sont ainsi de vrais MCs et le premier titre "Mashuptaracedeworker" le prouve. Leur niveau technique fait jeu égal avec des groupes confirmés tels Enhancer ou Sidilarsen. L'influence NTM est évidente dans le titre "Bâillonnés", tant au niveau du phrasé à la Kool Shen que du sample de cordes et de cuivres intégré au fond musical. Attention, ne croyez pas non plus qu'Absolute soit un groupe de rap : le groupe se place clairement dans la fusion et les guitares ne sont jamais très loin.

Parlons-en donc, de ces guitares… Le riff Absolute n'est pas forcément très recherché mais il a deux gros avantages : il est très efficace et il est renforcé par un très gros son. La musique d'Absolute est très directe mais finalement assez complexe au niveau des arrangements et le tout sonne à la fois très moderne, très chaleureux et très violent, c'est donc une excellente prod que la formation a su dénicher pour leur premier album. Cet atout conforte la capacité du collectif à envoyer du gros immédiatement accessible et ce CD est truffé de hits en puissance dont le potentiel live saute aux oreilles. La pêche légendaire des groupes hexagonaux est en Absolute et comme on trouve de tout d'une chanson à l'autre le résultat est explosif. De flow ragga en refrains funky évoquant les vieux Red Hot ("Times") tout en passant par de gros hurlements hardcore ou un chant clair soigné ("Alone"), le groupe donne tout ce qu'il a sur chaque titre, ce qui fait chaud au cœur.

On ne peut pas dire qu'Absolute surprenne vraiment par contre : les influences brassées par le groupe ont déjà été mélangées par d'autres et si le résultat final a indéniablement la niaque on a souvent l'impression de ne pas avancer beaucoup. "Jail'o'man" enchaîne ainsi un début très Raggasonic à des influences orientales puis dub, les cuivres ska puis le funk ressortent sur "Zion"… Tout ça n'est pas nouveau. On sent très bien quand la guitare va revenir pour muscler le tout et ça ne loupe pas : dommage, car une musique trop prévisible est forcément moins agréable. On compte trois titres expérimentaux de sept minutes assez inégaux : "Le Bizou Della Muerte" est une exploration électro assez vaine mais "Rat Spy Killer" se détache grâce à des riffs de gratte pour une fois monstrueux et très véloces. "Majestica" est pour sa part une des rares surprises de l'album, compo déjantée évoquant à la fois metal, dub, hip-hop et polyphonies corses !

En tout cas une chose est sûre : comme pour 90% des groupes de néo français il est impossible de rester immobile en écoutant cet album, c'est fait pour sauter partout. L'énergie, le groove et l'efficacité brute des morceaux donnent très envie de voir le groupe en concert mais le syndrome hexagonal frappe une fois encore… Comprendre qu'Absolute est un groupe qui a délaissé la recherche formale pour privilégier un brassage d'influences bien digérées mais orientées uniquement vers l'efficacité. On ne peut pas vraiment dire qu'un élément fasse ressortir l'identité d'Absolute plus que les autres : chant, riffs et orchestrations sont du domaine du déjà entendu même s’ils sont ici d'un niveau très sérieux. La question posée dans l'introduction doit donc recevoir une réponse malheureusement négative, même si on sent chez Absolute un potentiel très grand, en particulier quand les guitares se lâchent et partent vers le metal. Bonne réussite pour un premier album donc, mais il faut affirmer son identité pour espérer percer.


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