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CHRONIQUE PAR ...

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Beren
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 11/20

LINE UP

-Simen Hestnaes
(chant)

-Jan Axel Von Blomberg
(batterie)

-Hugh Steven James Mingay
(basse)

-Knut Magne Valle
(guitare)

-Tore Moren
(guitare)

-Steinar Sverd Johnsen
(claviers)

TRACKLIST

1)Hibernation Sickness Complete
2)Shipwrecked Frontier Pioneer
3)Demon Painter
4)Nocturnal Vision Revisited
5)Evacuation Code Deciphered
6)Moonshine Delirium
7)White Noise Monster
8)Reflections
9)Hufsa

DISCOGRAPHIE


Arcturus - Sideshow Symphonies
(2005) - inclassable - Label : Season Of Mist



The Sham Mirrors, sorti il y a trois ans, était un véritable patchwork musical, brassant black metal et expérimentations électroniques dans une veine progressive du plus bel effet. Ce groupe, affilié à la scène norvégienne aura donc prouvé en l'espace de trois albums - Aspera Hiems Symphonia, une merveille de black épique, La Masquerade Infernale, sorti en 1997, qui demeure aujourd'hui encore partiellement mystérieux, tellement il est touffu et suite à celui-ci, l'éclectique The Sham Mirrors - que des artistes issus du black-metal étaient bien moins renfermés sur leur style qu'on pouvait le croire (Borknagar, Ulver, Solefald, Vintersorg). Hellhammer (cogneur de Mayhem) revient ainsi cette année avec Arcturus nous proposer un Sideshow Symphonies en large demi-teinte, nous qui nous étions habitués à l'excellence et qui croyions au messie venu du grand froid; trois longues années d'attente et d'espérances, qui auront largement joué en sa défaveur, qui lui auront été fatales, en fin de compte.

A trop attendre un album aussi bigarré et expérimental que The Sham Mirrors, nous voici à l'écoute d'un disque juste moyen. Bien sûr, l'arrivée de Simen Hestnaes, le bassiste-chanteur de Dimmu Borgir - qu'on ne présente plus - pose un voile bien plus mélodique et théâtral sur l'ensemble. Bien sûr, les neuf compositions qui émaillent ce disque sont toujours aussi soignées. Mais il manque férocement de ce grain de folie et de cette pincée d'extrémisme expérimental qui ornaient ses deux aînés. Techniquement, là où les riffs de "Kinetic" ou de "Ad Absurdum", par exemple, sur The Sham Mirrors, réussissaient à surprendre l'auditeur, ceux de la plupart des morceaux de ce nouveau disque sont bien trop sages et banals pour attirer l'oreille. Rien que l'entrée en matière de Sideshow Symphonies, "Hibernation Sickness Complete", ne compte que sur la voix, certes sublime, si expressive et chargée d'émotion de Simen Hestnaes (la seule véritable révélation de ce disque, à vrai dire, modulant ses lignes de chant avec un rare professionnalisme). Les riffs et nappes de claviers pêchent ainsi par excès de fainéantise.

On pense alors que ce passage à vide ne durera pas. Mais, et c'est bien là le problème, seuls "Shipwrecked Frontier Pioneer" et "Moonshine Delirium" parviennent vraiment à captiver, grâce à un refrain en total décalage et à des choeurs féminins véritablement grandioses pour l'un, et à des corones enfin retrouvées pour le second. Les autres morceaux n'insufflent pas autant cette matière épique et théâtrale qui sied si bien à la musique d'Arcturus. La production de cette album, plus réussie à mon sens que celle de The Sham Mirrors, ne profite cependant pas à des compositions sans âme et surtout sans véritable puissance ("Daemon Painter", "Nocturnal Vision Revisited"). L'ensemble de l'album se situe dans un mid-tempo souvent ennuyeux, qui n'égale certainement pas la frénésie dont témoigne le groupe habituellement.


Sideshow Symphonies déçoit donc largement: même si on ne pourra pas reprocher au groupe de continuer dans sa lancée progressive (les ambiances, plus glaciales et cristallines encore, sont à ce titre surdimensionnées ici), l'exhubérance, qui participait pour beaucoup au charisme de ce groupe, a pour ainsi dire disparu. Pour la première fois depuis le début de sa carrière, Arcturus ne surprend pas. Attention tout de même: si on peut déplorer un certain manque de peps sur cet album, on ne pourra pas lui retirer ses ambiances, toutefois moins pointues qu'auparavant. Un premier signe d'essouflement, qui, on l'espère, ne durera pas.


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