Adagio

Entretien avec Stéphan Forte (guitare), Kevin Codfert (clavier) et Franck Hermanny (basse) - le 09 janvier 2009

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Gazus

17
Lucificum

Une interview de




Adagio_20090109

Seconde partie (première partie ici) de notre entretien avec 3 des membres d'Adagio à l'occasion de la sortie de Archangels In Black (chronique ici) ! D'abord, fin de l'entretien avec Kevin et Franck, et enfin, petite discussion avec Stéphan Forté himself, qui, quoiqu'en disent le reste du groupe quant à leur unité - que nous ne remettons pas en question ! - reste le leader et maitre d'œuvre du groupe...


Gazus : Et comment s’est passé votre signature chez Listenable ?

Kevin : En fait, ce qu’il s’est passé après Dominate, c’est que nous avons essayé de refaire l’organisation et le management du groupe car il y avait des choses qui n’allaient pas. C’est un manager anglais qui nous a donné quelques noms de maisons de disques qui étaient susceptibles d’être intéressées. Nous, forcément, nous connaissions Listenable, mais nous pensions que ça n’était pas du tout adapté au style.

Franck : Oui, il y a une majorité de groupes extrêmes, voire que ça, en fait, chez Listenable.

Kevin : C’est donc ce manager anglais qui nous a dit: « moi je connais Listenable, c’est un label qui se bouge et qui commence vraiment à monter en France, je vous conseille donc vivement de voir ce que cela peut donner de leur côté ». Steph’ s’est donc mis en relation avec Laurent (Ndlr : Laurent Merle, le label manager de Listenable) qui était déjà fan à la base, la signature s’est donc faite rapidement. Nous en sommes vraiment ravis, car c’est la première fois que nous avons un vrai support et des gens vraiment motivés derrière. En tous cas depuis Sanctus Ignis (ndlr : premier album en 2001), où il y avait eu un énorme travail.

PhotoLucificum : C’est vrai, je me rappelle que Sanctus Ignis avait connu pas mal de promo (écoute en Fnac, etc… ) tandis que Underworld était sorti plus discrètement…

Franck : Déjà, Underworld n’avait pas plu à la personne qui avait aidé Steph’ au début à créer Adagio. C’est quelqu’un qui s'était énormément investi sur Sanctus Ignis mais qui n’a pas du tout aimé Underworld

Kevin : Il l’a trouvé trop complexe, en fait.

Franck : Et c’est vraiment râlant, vu à quel point nous nous sommes investis sur l’album ! Il y a donc eu un désintérêt total, pas de promo, rien…nous n’avons pas spécialement tourné à ce moment là. Après Dominate, le label ne se bougeait pas non plus particulièrement le cul, donc là… c’est un petit peu repartir à zéro. Pas tout à fait, mais en tous cas… repartir sur de bonnes bases !


Lucificum : Vous avez déjà la fanbase… et en France, vous n’avez plus grand-chose à prouver.

Franck : Oui, et ça c’est cool. On en parlait tout à l’heure avec d’autres gens, mais en France… c’est super cool de voir des gens qui nous aiment, nous mais aussi d’autres groupes français, car il y en a pleins d’excellents. Il y a en France cette espèce de… (cherche ses mots)…de non-chauvinisme. En gros pour certaines personnes, c’est « ouais, c’est un groupe français, on est fier » ! et pour d’autres, parce que c’est un groupe français qui essaye de s’exporter, « ouais, ce n’est pas bien ». Nous sommes tombé il y peu avec Steph’ sur une revue… et ça commence par « ah, Adagio, le groupe que les gens adorent critiquer en catimini »... nous avons halluciné, car ça représentait assez bien l’esprit français. Moi j’aime mon pays, ça n’est pas le problème, mais il y a comme un souci avec ça.

Lucificum : Alors que pourtant… nous, de notre point de vue de webzine, un peu extérieur, nous trouvons qu’en ce moment la scène française explose !

Franck : Mais oui, c’est bien ! Il faut encourager ça !

Gazus : Nous parlions tout à l’heure du Japon, qui est une de vos scènes les plus enthousiastes… dans quels pays projetez-vous « d’attaquer » la scène en particulier ?

Lucificum : Oui, en partie aussi grâce à Gus (ndlr : Gus est Brésilien d’origine), il me semble que vous êtes bien accueillis au Brésil, par exemple…

Franck : Oui, il se passe pas mal de choses en Amérique du Sud. Mais le truc, ça serait de se concentrer sur l’Europe, quand même.

Kevin : Déjà, Listenable va s’occuper de l’Europe, de l’Australie et normalement de l’Angleterre. Ils vont faire un boulot fantastique là-dessus. Nous sommes ensuite en négociation pour le Japon avec une autre maison de disque. L’ancienne c’était Avalon Marquee, et la nouvelle… comme rien n’est signé, nous n’en parlons pas trop encore. Mais il va y avoir un boulot hyper-pro fait là-bas. Je le disais tout à l’heure quand je parlais d’émulation, mais un truc fantastique va se passer.
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Gazus : Finissons sur une note de bonne humeur… vu que vous êtes chez Listenable, vous avez surement déjà entendu le dernier Ultra-Vomit. Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Kevin : Moi, ça me fait beaucoup rire. Steph’ m’a fait découvrir, je suis allé sur leur MySpace, j’ai écouté la première chanson puis la seconde, la troisième…jusqu’à la quinzième, et je suis allé me coucher. J’ai tout écouté car, bien que je n’aime pas particulièrement ce qui est festif, là c’est festif, ils ont l’art de savoir imiter et se foutre de la gueule de certaines personnes, mais au second degré, tout en restant super carré et bien fait. Ils ont trouvé un concept qui plait, qui est viral, on retrouve leurs vidéos en première page de MySpace et Youtube, et ça n’est pas pour rien. Il y a un vrai potentiel. Ce sont des gars qui ne se prennent pas au sérieux mais qui font un produit marketing super calculé.

Gazus : Avec un tel nom d’album, en plus…

Franck : C’est quoi, déjà, le titre ?

Gazus : Objectif : Thunes.

Franck : Ah ouais, pas mal. Avec l’hommage à Tintin, en plus ! (rires) Moi je ne connais pas trop, j’en ai entendu parler, mais j’ai du écouter un titre comme ça en passant. Mais j’irais réécouter, car du coup il me donne envie de redécouvrir.

PhotoGazus : Si vous avez envie de dire du mal de vos anciens membres, c’est le moment…

Kevin : Ah non, pas du tout ! Avec David (ndlr : David Readman, premier chanteur du groupe), ça se passait nickel, mais il y a eu un problème de management, d’où notre séparation.

Franck : Sans cela, nous serions peut-être encore avec lui. Mais bon, ça devait arriver… il n’y a donc pas de regret. C’était un problème extra-musical et non pas humain.

Kevin : Ensuite Gus, c’était plus un problème logistique. Le Brésil, les coûts très élevés, et puis… mentalité un peu différente. C’est quelqu’un d’adorable, il n’y a donc aucun mal à en dire. Il est resté en France beaucoup plus longtemps que les autres, il parle couramment français. Maintenant il est dans Revolution Renaissance.


Lucificum : Oui, il a aussi un autre groupe dont j’ai oublié le nom…

(Tout le monde réfléchit pour s’en rappeler, sans succès. Il s’agissait de Takara).

Kevin : Quant à Dirk (ndlr : Dirk Bruinenberg, batteur sur les deux premiers albums), c’est particulier. Il est parti après Underworld suite à une petite dépression, ça n’a donc rien à voir avec l’humain. Quant aux autres… le vrai groupe existe depuis Underworld, en quelques sortes.

Franck : Richard Andersson (ndlr : claviériste sur le premier album) était plus un guest, en quelques sortes. Au début, Adagio était plus un projet, même si certains pensent que c’est encore le cas aujourd’hui, alors que ça ne l’est pas du tout. Je m’y suis retrouvé je ne sais pas trop comment. Steph’ était mon pote, mais j’étais un peu déconnecté, je ne connaissais pas les groupes qui sortaient. Alors quand j’ai vu David sur scène pour la première fois, et que Steph’ ma dit qu’il allait être notre chanteur, j’ai fait « whaaaa…qu’est-ce que je fous là ? ». (rires) En tous cas, il n’est plus question de projet, nous sommes cinq dont quatre de la même région sur scène, et quatre potes en plus. Nous sommes un vrai groupe.


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Nous parvenons quelques instants plus tard à obtenir un petit entretien avec Stéphan Forté, que nous vous rapportons dans les lignes qui suivent.




Lucificum : Je sais que tu avais un projet solo en cours, dont tu parles depuis plusieurs années. Est-ce qu'il y a eu des avancées depuis ?

Stéphan Forte (guitare) : Non, je n'ai pas eu le temps d'avancer dessus. Le truc c'est que j'ai en ce moment un projet instrumental avec Glen Drover qui était dans Megadeth il y a encore pas très longtemps, qui m'a contacté pour que nous fassions un album instrumental, quelque chose du genre «Drover / Forte», où nous ferions cinq titres chacun, sans contraintes musicales, c'est-à-dire que ne faisons chacun ce que nous voulons, nous nous faisons plaisir. Il y aura plein d'invités, certains prestigieux, comme Vinnie Moore, Billy Sheehan, Jeff Waters d'Annihilator, bref, plein de beau monde. Ce n'est pas vraiment l'album instrumental solo que je veux faire, mais pour lequel je n'ai pas de temps pour l'instant.

Lucificum : Tu as quand même des choses en tête ? Tu t'es déjà mis à travailler dessus, j'imagine ?

Stéphan : Euh... non, je n'ai pas le temps. C'est vraiment en standby. Je pense qu'Adagio est vraiment la grosse priorité, qui nécessite beaucoup de travail.

Lucificum : Si tu pouvais faire ton album solo comme ça, hop, si tu avais le temps, comment sonnerait-il par rapport à Adagio ?

Stéphan : Déjà, ce serait instrumental. Forcément, on retrouverait des similitudes entre les deux mais je pense que je serais accordé encore plus bas que je ne le suis déjà, une sept cordes mais accordée en La. Il y aurait beaucoup plus de place de donnée à la guitare, forcément vu que... ce sera un album de grattes ! Après, si je dois faire quelque chose plus focalisé sur la musique que la guitare en elle-même... parce que je parle d'un album de guitare à la Passion & Warfare et d'autres trucs comme ça, qui sont vraiment des albums de guitare... Bref, cet autre album, plus basé sur la musique serait plus une composition d'orchestre ou un truc du genre, mais ce serait encore quelque chose à part.

Lucificum : Aucune date de prévue pour l'instant ?

Stéphan : Non, non. À part le Drover qui devrait sortir avant fin 2009.
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Lucificum : Voilà une bonne nouvelle ! J'ai demandé à Kévin et Frank, et ils n'ont pas trop pu me répondre, quelle était la signification, le concept de l'album ? Je me demandais car je n'ai pas eu accès aux paroles, uniquement aux titres qui s'ils m'ont un peu orienté, n'en disent pas plus.

Stéphan : Le thème principal est le vampirisme. Les textes peuvent être appréhendés par les fans de la manière qu'ils veulent : soit au premier degré, soit ils y voient un sens, soit ils se sentent attirés par une certaine philosophie ou autre. Mais après, chacun est libre de comprendre ce qu'il veut et d'y trouver les affinités qu'il désire.

Lucificum : Ce n'est pas vraiment un album à thèmes...

Stéphan : Non, pas vraiment. Le concept est le vampirisme, vu que chaque titre a un rapport avec ça, mais après, ce n'est pas forcément le vampirisme que l'on connaît sous sa forme classique, tous les clichés et compagnie. Donc si des gens sont interpellés par le sujet, ils peuvent aussi aller faire des recherches et tomberont peut-être sur des choses plus sérieuses.

Lucificum : Tu as fait de telles recherches ?

Stéphan : Oui, je m'intéresse au sujet depuis longtemps.

Lucificum : Et sur quel genre de recherches tu t'orientes ?

Stéphan : Sur le vampirisme psychique et d'autres choses du genre.

Lucificum : As-tu des exemples ?

Stéphan : Non, pas spécialement. Là par contre, c'est assez délicat de communiquer là dessus, c'est vachement obscur, dans les deux sens du terme d'ailleurs, et je pense que si ce sujet intéresse les gens, ils iront voir par eux-mêmes.

PhotoLucificum : Le dernier titre "Getsu Senshi" en parle aussi ?

Stéphan : Non. Ce titre-là était à la base destiné au Japon, en temps que bonus, mais nous nous sommes séparés du label avec qui nous étions pour plusieurs raisons. Finalement, le titre est resté sur l'album. C'est vrai toutefois que c'est un titre à part, il n'a pas vraiment de rapport avec le reste de l'album.

Lucificum : Pour les paroles, tu ne t'es pas pris au sérieux ?

Stéphan : Oh non, on a fait ça à la légère. Ça finit l'album sur une note plus... plus... légère.

Lucificum : Est-ce que tu penses participer à d'autres projets avec d'autres musiciens ? Je sais par exemple qu'il y avait eu un projet de collaboration entre toi et Kuprij...

Stéphan : (l'interrompt) Oh mais ça c'était en 99 et c'était Adagio que nous devions faire ensemble.

Lucificum : Tu ne devais pas faire une apparition sur un de ses albums ?

Stéphan : Si mais nous nous sommes pris la tête. C'était déjà arrivé quand j'étais chez lui à Philadelphie...

Lucificum : Il n'y a donc plus rien à espérer entre vous deux...

Stéphan : Non (il soupire). On ne se parle même plus.


Lucificum : Si tu avais l'opportunité de travailler avec la personne de ton choix, n'importe quel musicien, qui choisirais-tu ?

Stéphan : Ce serait un violoniste français qui s'appelle Laurent Korcia que j'aime beaucoup. C'est un violoniste qui me touche énormément et dont les influences sont assez similaires aux miennes, qui est très proche de la musique et du violon tzigane et de la musique traditionnelle de l'Est... Je suis très sensible à ses interprétations et j'aimerais faire quelque chose avec, au moins apprendre de lui, même si ce n'est pas le même instrument, ce serait super...

Lucificum : Un album violon et guitare ?

Stéphan : Ouaip, encore que nous ne sommes vraiment pas du même niveau et que je ne pense pas que je pourrais... que j'oserais faire quelque chose avec lui. Ce serait plus une collaboration en tant qu'apprentissage. J'aimerais apprendre avec un musicien comme lui. Mais pour ce qui est de jouer avec... je ne pense pas.

Lucificum : Oh, tu te mésestimes peut-être un peu.

Stéphan : Non, non, non. Il faut être lucide quant à plein de choses... Non, apprendre avec lui serait génial. Il y a plein de gens auprès de qui j'aimerais apprendre... Maintenant, dire tous les noms, comme ça, d'un coup, c'est très difficile.

Lucificum : Est-ce que tu pourrais nous faire un petit topo sur comment se passe la composition d'un titre ? De ton côté, puis avec les membres du groupe ?

Stéphan : En fait, je compose tout l'album de façon assez précise. La manière de commencer dépend, je n'ai pas de règles, ça peut commencer sur un riff, sur une ligne mélodique de refrain, puis je brode mon morceau tout autour. Je fais donc toute la maquette avec tous les arrangements, les parties de basse, de batterie, de piano... J'écris tout de A à Z mais il y a peut-être certains instruments pour lesquels je laisse plus de liberté aux autres membres que pour d'autres. Ce n'est pas par souci d'ego mais parce qu'Adagio est une manière pour moi d'exorciser beaucoup de choses, c'est un moyen de dire des choses que je n'arrive pas à exprimer avec des mots... C'est mon bébé, quoi. Bref, j'écris par exemple toutes les parties de piano, puis Kévin, qui est plus interprète dans l'esprit que compositeur, va vraiment essayer d'interpréter la chose avec le plus de... (hésite). Nous passons beaucoup de temps sur l'interprétation des parties de piano, sur les nuances, les timbres... En ce qui concerne Franck, il a une partie de basse à partir de laquelle il va composer sa partie avec sa propre sauce, même s'il faut le réfréner un peu car il a tendance à mettre beaucoup de notes ! (rires) Ce qui pose quand même parfois problème, par rapport au soutien que doit apporter la basse, que l'on perd de cette manière. Même chose pour la batterie, Éric travaille dessus et y met sa touche personnelle.

Lucificum : Et au niveau des lignes de chant ?

Stéphan : C'est moi qui les écris, en même temps que les paroles.

Lucificum : Et Chris ?

Stéphan : Il a la ligne de chant, la chante et s'il a une autre idée au moment de l'enregistrement, il la chante. Parfois c'est vraiment super comme résultat donc on garde et on remplace. Nous enregistrons tout, comme ça nous pouvons garder plein de choses. Si jamais une idée est essayée et est concluante, nous la gardons.

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Lucificum : Pour le prochain album d'Adagio, certaines choses ont déjà été lancées, apparemment. Que peux-tu nous en dire ?

Stéphan : Dire que des choses ont été lancées est exagéré. Ce que j'ai bien en tête en tout cas est que j'aimerais le commencer fin février, en tout cas commencer à chercher quelques trucs, histoire que ça ne prenne pas trop de temps. Cela continuera dans la direction heavy, au sens « gros » du terme. Ce sera peut-être sur cet album que je ferai ce que j'ai dit pour l'album instru, c'est-à-dire accorder plus bas, pourquoi pas, histoire d'alourdir encore plus le truc. En même temps, j'essaye de ne pas trop me donner de direction précise. En général, je commence sur un truc et le reste vient tout seul.

Gazus : Combien de temps a pris la conception d'Archangels In Black, depuis l'idée au mastering ?

Stéphan : J'ai fait énormément de démos et j'ai refait énormément de fois l'album parce que j'ai commencé trop vite. J'aurais dû prendre le temps de me reposer, ce qui fait que j'ai fait de la merde dès le début et il m'a donc fallu refaire, refaire et refaire jusqu'à ce que ça devienne bon pour tout le monde. Tant que nous n'étions pas satisfaits, il nous a fallu refaire cet album. En tout, cela a pris trois ans. C'est pour ça que ça a été si long. Pour le prochain, je sais pourquoi ça a été aussi long, donc je ne ferai plus la même erreur, ça ira donc plus vite.

Lucificum : Je ne sais pas si tu te rappelles, mais du temps de La Terre des Immortels (ancien site qui a laissé la place à celui des Éternels), tu avais été contacté par son Webmaster pour en être le parrain...

Stéphan : Oui, je me rappelle ! C'était quoi, déjà, son pseudo ?

Lucificum : -theLord.

Stéphan : Ah oui... je m'en rappelle, et c'est vraiment génial de nous soutenir et de continuer à promouvoir la scène française. Continuez comme ça !





Crédits photos: Adagio Offical Online

Questions et transcription : Lucificum et Gazus



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