Oceansize

Entretien avec Steve Durose (guitare) - le 12 novembre 2007

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Aurelsan

Une interview de




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Alors que le groupe originaire de Manchester termine la tournée européenne accompagnant la sortie de Frames (chronique ici), nous avons rencontré Steve Durose à la Maroquinerie pour un entretien très détendu. Il nous livre dans le désordre quelques vieux souvenirs, ces impressions sur la scène anglaise… J’aurai au moins appris l’existence d’Adam and The Ants…

Aurelsan : Pour commencer, pourriez-vous décrire le groupe à nos lecteurs ?

Steve Durose : Ok. Et bien, nous sommes Oceansize, le groupe existe maintenant depuis 9 ans. Nous sommes originaires de Manchester. Nous écrivons de longues chansons assez dynamiques. Notre plus grosse influence est très certainement Mogwai. En fait s’il n‘y avait pas de Mogwai, il n’y aurait probablement pas d’Oceansize. Voila à quoi ressemble le tableau.

Aurelsan : Parlons un peu de votre dernier album Frames. Comme pour votre premier album, il a été produit par Chris Sheldon (Foo fighters, Therapy ?) C’est un producteur qui vous convient ?

Steve Durose : Oui absolument, Chris est très bon. Là où il excelle, c’est qu’il peut faire sonner un album rapidement (rires). Parce qu’évidemment le temps et l’argent sont toujours un problème pour nous. Notre budget est assez serré. C’est le gars parfait. Nous avons juste à nous pointer en studio avec nos chansons, nous commençons à enregistrer et il fera en sorte que le boulot soit fait dans les temps.
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Aurelsan : Je trouve que Frames sonne moins progressif et peut être un peu plus pop/rock. Etes-vous tenté d’écrire des chansons par exemple plus formatées pour la radio ou pour toucher un public plus large ?

Steve Durose : Mmh… non je ne suis pas d’accord parce que sur Frames il y a des chansons très longues de 8 ou 10 minutes. Chaque chanson est un voyage à part entière. Je pense que nous pourrions effectivement gagner plus d’argent si ce que tu dis était vrai (rires).

PhotoAurelsan : En fait j’étais intéressé de savoir si vous envisageriez de faire un album plus policé, peut être aussi moins riche et engranger un net succès.

Steve Durose : Non, nous sommes des musiciens ambitieux, nous aimons nous donner des défis. Chaque chose que nous faisons, chaque chanson que nous écrivons doit être quelque chose de nouveau. De toute évidence ce n’est pas possible tous les jours mais c’est notre but lorsque nous écrivons. Nous ne sommes pas intéressés par faire un tube formaté pour l’instant. D’ailleurs je ne sais même pas si nous pourrions y arriver parce que nous avons une méthode spécifique, c’est un procédé très ouvert d’écriture.

Aurelsan : A ce sujet, qui compose principalement dans le groupe ? Mike(Vennart, chant+guitare)?

Steve Durose : Tout le groupe est impliqué. Mike s’occupe spécifiquement des paroles. C’est son truc.

Aurelsan : D’ailleurs j’aimerais savoir ce qu’est The Siberian Bullshit (titre d’une démo sortie en 2006) ?

Steve Durose : Et bien pour être franc, je n’en ai aucune idée. C’est étrange, c’est encore une des lubies de Mike. Je n’ai jamais vraiment cherché à regarder plus en profondeur la signification de telle ou telle chanson. C’était une démo écrite à la va-vite. C’est un peu une question piège, je ne peux même pas me rappeler pourquoi nous avions fait ça (rires).


Aurelsan : Ce titre m’amusait beaucoup. Dans une vieille interview, un des membres du groupe déclarait que Mike avait refusé d’utiliser le mot « fucking » dans une chanson. Le mot « bullshit » n’est pas forcément mieux...

Steve Durose : Non, nous n’avons jamais été effrayés par les jurons. Nous ne les utilisons pas pour choquer.

Aurelsan : Un des mes amis originaire de Liverpool m’a dit un jour qu’il a une sorte de rivalité entre les groupes du nord de l’Angleterre (Manchester, Liverpool) et ceux de Londres. Qu’en pensez-vous ?

Steve Durose : Oui il y a toujours eu une école de Londres, une école de Manchester et aussi une école de liverpool. Nous ne faisons partie d’aucune de ces trois-là parce que notre musique ne ressemble en rien à la scène de Manchester, c’est complètement différent. Quand nous avons commencé à jouer, nous jouions avec des groupes qui sonnaient comme les Stone Roses, Oasis… Ce type de musique ne nous a jamais inspirés. Il y a bien plus que ça à Manchester, il y a plein de trucs underground comme ailleurs, mais bon nous ne nous sommes jamais sentis à l’aise dans cette case. Nous sommes restés à Manchester pendant 4 ans avant de signer un contrat. Je ne sais pas si Londres est mieux ou moins bien, les shows y sont plus importants évidemment.

Aurelsan : Demain c’est la dernière date, que retirez-vous de cette tournée ?

Steve Durose : C’est génial, vraiment ! Partout où nous sommes passés, il y avait du monde. En Allemagne et en Hollande, la différence était vraiment notable et aussi bien sûr au Royaume-Uni.
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Aurelsan : Pensez-vous que le public français soit moins intéressé ?

Steve Durose : Je ne sais pas. Nous n'avons jamais joué à Paris sur une des nos propres tournées. Pour être honnête, je ne connais vraiment pas le public français, parce que nous n'avons pas passé beaucoup de temps ici.

Aurelsan : Vous avez joué en ouverture de Porcupine Tree l’année dernière, comment c’était ?

Steve Durose : Et bien je vais être franc, ce n’était pas très bon. Il y a eu une espèce de confusion sur l’heure d’ouverture des portes et les personnes qui étaient venues nous voir nous ont raté. Ce soir je suis sûr que ça va être bien.

Aurelsan : La scène ici est très petite…

Steve Durose : Oui, c’est sûr. Mais qui s’en préoccupe ?... Pas moi !

PhotoAurelsan : Je voudrais maintenant vous demander ce que vous pensez du concept de Radiohead de vendre leur album uniquement sur Internet à prix libre.

Steve Durose : Je pense que c’est effectivement brillant mais seuls des groupes de leur trempe peuvent se le permettre. Financièrement ils n’ont aucun problème. J’ai le plus grand respect pour eux, ils envoient un message et ce message dit : « On a assez d‘argent maintenant et on continue à faire de la musique alors voila, paies ce que tu veux. ».

Aurelsan : Que manque-t-il à Oceansize pour connaître le succès ?

Steve Durose : Je ne sais pas. Ca a toujours été une lente ascension. La télé n’a jamais été intéressée dans notre musique, la radio un peu plus. La seule façon de se faire connaître, c’est de tourner, que les gens viennent nous voir, qu’ils achètent l’album, qu’ils en parlent à leurs amis… c’est un processus très lent mais ça continue de monter, ce qui est sympa (rires).


Aurelsan : Ah ! Et maintenant pouvez vous nous dire avec quel artiste vous auriez aimé jouer ? Même si cette personne est morte… qui vous voulez !

Steve Durose : Mmh ! Intéressant… (Quelques secondes de réflexion). J’aimerai monter sur scène avec Brian Wilson des Beach Boys, ce serait plutôt cool. En ce qui concerne les personnes décédées, Jimmy Hendrix bien sûr. Ca doit être fantastique.

Aurelsan : Que peut-on trouver dans votre discographie de jeunesse ?

Steve Durose : Le premier disque que j’ai eu était Stand and Deliver de Adam and the Ants. Tu vois ?

Aurelsan : Euh non pas vraiment !

Steve Durose :Ils avaient des pistolets, des chevaux et des calèches dans leur clip. Enfin je parle de 1980 là.

Aurelsan : Euh ouais toujours pas…

Steve Durose : C’est mon premier album : Adam and the Ants ! Je ne sais pas si j’aimerai travailler avec eux... (rires).

Aurelsan : Et quand as-tu eu ton premier instrument ?

Steve Durose : Quand ? (un ange passe)… je ne sais pas. J’ai toujours eu un instrument de musique chez moi.
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Aurelsan : Tu viens peut-être d’une famille de musiciens ?

Steve Durose : Oui, mon père est mort quand j’avais un an. Il était guitariste. J’ai toujours joué de la guitare, cassé des cordes… C’était une guitare acoustique, elle n’avait même pas de marque (rires). Donc oui j’ai toujours eu une guitare, j’aimais aussi chanter ce qui avait l’avantage de ne pas requérir un instrument. La première fois que j’ai acheté une guitare électrique j’avais 13 ans je crois, et c’est l’achat le plus excitant que j’ai jamais fait.

PhotoAurelsan : Et tu te rappelles ton premier groupe ?

Steve Durose : Oui, c’est assez embarrassant. C’était un groupe avec des amis d’école et on s’appelait Maximum Volume (rires). On jouait du Chuck Berry et des trucs comme ça.

Aurelsan : Le mot de la fin est pour toi…

Steve Durose : Ne vous attendez pas à ce qu'on vous serve la musique sur un plateau, il faut aller la chercher.


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