CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 11 décembre 2010




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Municipal Waste
Hellfest (Clisson)
(22 juin 2008)
Luynes - Le Korigan
(16 septembre 2009)

07 décembre 2010 - Paris - Glaz'art


Municipal_Waste_Paris_-_Glaz'art_20101207

La seule fois que j'ai eu la chance de voir Municipal Waste, c'était au Hellfest 2008 pour un set atomique de 30 minutes. Bien qu'ayant énormément kiffé le spectacle, j'en étais tout de même resté sur l'impression suivante : on se demande comment Municipal Waste pourrait donner des concerts plus longs sans finir par saouler le public. Et bien nous y sommes : après deux ans d'attente insoutenable, voici enfin la réponse.

Avant cela, il aura fallu patienter. Devant la salle d'abord, puisque le concert aura pris pas mal de retard à cause d'un contretemps rencontré par le cortège sur la route. Plutôt que de laisser les fans poireauter dehors dans un froid polaire, on aurait bien aimé que l'organisation ouvre tout de même les portes de la salle, ce qui aurait sûrement permis de faire tourner la buvette. Ensuite, devant les deux groupes de première partie, royalement ignorés par la grande majorité du public. Bon, Ramming Speed, je veux bien : j'ai déjà eu l'occasion de vous dire tout le mal que je pensais de leur unique album à ce jour, et bien sachez que le groupe ne vaut pas davantage en live et que les 25 minutes de leur set m'ont paru beaucoup plus longues. Place ensuite à Saviours, le seul groupe au programme capable d'écrire des chansons des plus de 3 minutes. Bizarrement présentés comme les fils bâtards de Trouble et Black Sabbath (on a quand même affaire à un groupe à dominante thrash !), les Californiens ont besoin d'un titre pour se chauffer, le temps d'un "Firewake Angel" un peu poussif.

Par contre, à partir de "Acid Hand", les chevaux sont lâchés, à l'image de Scott Batiste qui se met à cogner comme un sourd. Saviours enchaîne avec son nouveau titre présenté cet été, "Dixie Dieway". Un titre dans la lignée d'Accelerated Living, très efficace puisque sitôt écouté, sitôt adopté. Austin Barber se fait d'ailleurs un petit plaisir en descendant dans les premiers rangs pendant le solo. Dans la foulée, un spectateur vient squatter la scène un long moment, avant que ce même Barber ne lui indique la sortie d'une poussette amicale mais ferme (et courageuse, vu la carrure mastoc du gars !). "Burnin' Cross" permet aux deux gratteux d'afficher leur complicité lors de l'harmonie à deux guitares, avant que le groupe ne mette un terme à ces 35 minutes de show (au lieu de 45, les groupes ayant équitablement raboté leur temps de jeu) avec l'explosif "Slave to the Hex". A l'évidence, les Californiens auraient mérité un accueil plus en rapport avec le niveau de leur prestation. Hé les gens, je ne vous ai jamais recommandé d'écouter Saviours ? Alors voilà : écoutez Saviours. Et vite.

Changement d'ambiance radical au moment où Municipal Waste s'empare de la scène, puisque le public, jusqu'ici très passif, s'embrase en une fraction de seconde. Le premier riff agit comme un véritable détonateur, déclenchant instantanément un moshpit qui ne s'arrêtera qu'à la fin du set. Les gobelets de binouze volent, le batteur Dave Witte en prenant même un en pleine tronche au début du deuxième titre "Beer Pressure". Et puis surtout, c'est l'ouverture officielle du festival de stage diving. N'importe qui pouvait tenter sa chance, même les personnes corpulentes. À certains moments, comme au début de "Headbanger Face Rip", il y avait tellement de candidats que chacun a dû attendre son tour pour se jeter dans les premiers rangs. A voir les tronches de Ryan Waste et Tony Forresta, nul doute que ces derniers ne s'attendaient pas à un tel accueil. En guise de remerciement, le groupe rajoutera à la dernière minute "Boner City" entre "Unleash the Bastards" et "Born to Party", alors que Forresta avait préalablement annoncé qu'il s'agissait des deux derniers morceaux.

Revenons à la question de départ : est-ce qu'un concert complet de Municipal Waste souffre de son côté répétitif ? En effet, sorti de l'incontournable "Born to Party" et quelques titres comme "Headbanger Face Rip", "Sadistic Magician" ou le monstrueux "Wrong Answer", les morceaux ne sont pas conçus pour être chantés et se ressemblent donc tous plus ou moins. Est-ce un problème ? Absolument pas, tant la débauche d'énergie du groupe et du public fait presque passer la musique au second plan. Il faut dire que ce set fut d'une intensité rare : on dirait que face au retard qui avait plombé le début de soirée, la réponse de Municipal Waste était la suivante : « Fuck yeah, jouons notre set d'une heure en 45 minutes, quitte à tuer notre chanteur !» Pas de temps mort, pas de blabla, à peine une petite respiration pour donner au discret bassiste Land Phil sa part de lumière, et une sortie de scène qui a dû durer environ 1 minute entre la fin de "Born to Party" et le rappel "The Art of Partying". Et à voir la tronche lessivée des premiers rangs à l'issue du concert, même le public n'aurait pas pu tenir beaucoup plus longtemps !


Depuis le temps que j'écoute du metal, j'ai vu un petit paquet de concerts, mais je crois bien n'avoir jamais vu une telle ambiance auparavant. Finalement, voir Municipal Waste au Hellfest était presque une absurdité : ce groupe n'est pas fait pour jouer en plein jour sur une grande scène distante du public, mais dans des clubs tels que le Glaz'Art où il peut communier avec ses fans en furie. Franchement, la prochaine fois que Municipal Waste passe près de chez vous, même si vous ne pouvez pas blairer le thrash/crossover, allez-y les yeux fermés. Parce que je vous jure que ça vaut le déplacement.


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