CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
le 03 juillet 2013




SETLIST

Riches to Rags
Firebox
Scream of Anger
Superstitious
Girl From Lebanon
The Beast
Rock the Night
Prelude
Last Look at Eden
The Final Countdown

AFFILIÉ

Europe
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2009)

21 juin 2013 - Hellfest


Europe_Hellfest_20130621

Marduk, Immortal, Napalm Death et... Europe. Non, l'éclectisme du Hellfest n'est pas une légende. Servant de caution hard FM à une programmation qui en est fortement dépourvue, les derniers nommés se présentent en milieu d'après-midi sur la Mainstage 01, juste avant la prestation des très bruyants et – brouillons - thrasheurs de Testament. Le choc culturel n'est pas loin. Pourtant, il ne peut être question de déception concernant un concert de Europe. Tout simplement parce qu'on n'en attend rien.

De fait, une certaine perplexité domine chez les festivaliers qui ont lâché l'actu du groupe depuis belle lurette ou qui ne l'ont jamais suivie : que peuvent bien proposer ces poseurs suédois depuis la vague hair metal qui leur a permis d'écouler des disques par semi-remorques dans les années 80 ? Certes, le line-up « historique », celui qui a enregistré le fameux The Final Countdown en 1986 s'est reformé après le long hiatus des années 90 pour enregistrer quatre albums depuis le début du millénaire mais ceux-ci sont loin d'avoir déclenché la même ferveur qu'à la période de gloire. Et la mollesse du petit dernier sorti en 2012 fait redouter un set ennuyeux. Il n'en sera rien. À l'instar de Saxon moins de deux heures auparavant, les Scandinaves ne vont guère s'attarder sur leur plus récente livraison (Bag of Bones) : deux titres dès l'entame et basta. Choix judicieux car même si le public applaudit poliment, on sent bien qu'il n'est pas vraiment enthousiasmé par ces chansons bien troussées mais pas franchement bouleversantes, tout comme "The Beast" (malgré sa sympathique intro) et "Look at Eden" extraits de l'album précédent sorti en 2009 et qui seront jouées un peu plus tard.
Cependant, les bonnes vibrations sont au rendez-vous. Car le son est heavy, messieurs dames ! Histoire sans doute de rappeler que Europe s'est d'abord dénommé Force et n'a pas toujours été un groupe de glamouzes sirupeux - en témoigne l'interprétation musclée de "Scream of Anger", un titre co-écrit par Marcel Jacob à l'époque de Wings of Tomorrow (1984). Sur ce morceau comme sur les autres, Joey Tempest est particulièrement en voix, les ravages du temps n'ont pas encore (trop) entamé leur sinistre besogne sur l'organe le plus en vue du frontman. Il y a d'ailleurs fort à parier que nombre de (plus ou moins) jeunes filles n'ont pas été insensibles au charme bonifié du bientôt quinquagénaire. N'empêche que même s'il en fait des caisses – le jeu de scène un peu outré à base de pied de micro manipulé tel un bâton de majorette ne semble pas non plus avoir beaucoup évolué – notre vieux beau du Grand Nord assure une belle présence qui tranche avec le quasi immobilisme de ses compagnons, on sera toutefois plus indulgent avec le batteur et le claviériste. Présenté par Tempest comme « [son] inspiration, [son]  frère » - ricanements parmi les membres non-amnésiques de l'assistance - le guitar hero John Norum montre lui aussi qu'il n'a rien perdu de sa dextérité en reproduisant à la perfection ses soli véloces - pour l'improvisation, en revanche, on repassera. Il faut le voir changer de guitare entre chaque morceau et ce en à peine cinquante minutes de concert - Monsieur se la joue rock star mais il assure suffisamment pour qu'on songe à lui reprocher. Peu à peu conquise, l'audience s'époumone à grand renfort de « Ohoo, Oohoo » sur le refrain du très accrocheur "Rock the Night" et réserve une ovation sur le "Compte à Rebours Final" pourtant redouté avant le début du concert tant il rappelle de mauvais souvenirs aux allergiques du Top 50 mais qui passe comme une lettre à la poste grâce à l'interprétation irréprochable de leurs géniteurs qui font péter leurs instrus.


Les plus jeunes des vétérans qui arpentent la scène principale n°1 en ce vendredi ont remis tranquillous les pendules à l'heure. Certes, leurs meilleurs titres datent de presque 30 ans mais les Suédois tout de noir vêtus n'hésitent pas à sonner bien plus puissamment sur scène que sur disque, transformant leur pastilles pour mémés insomniaques en pilules énergisantes. Même le traumatisant "Final Countdown", ainsi débarrassé de ses oripeaux en toc eighties, prouve que les mecs de Europe savent écrire de bonnes, voire de très bonnes chansons. Et les exécuter correctement, eux.


(crédits photo : Christophe Ochal de Metalchroniques)


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