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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 07 octobre 2007
Sa note : 13.5/20

LINE UP

-Leo Szpigiel
(chant)

-Ralph Hubert
(guitare+basse)

-Peter Lake
(guitare)

-Uli Küsch
(batterie)

TRACKLIST

1)Society in Dissolution
2)Purification
3)Immortal Hate
4)Allegro Furioso
5)Rules of Corruption
6)Ratters
7)Moderato
8)Defenders of the Faith
9)Symphony of Agony
10)Allegro

DISCOGRAPHIE


Mekong Delta - Lurking Fear



La reformation de Mekong Delta, c'est un peu la surprise du chef. Ralph Hubert, la tête pensante du groupe, avait en effet décidé de dissoudre sa création en 1996, jugeant qu'il n'avait plus rien à dire. Du coup, on attendait beaucoup de ce Lurking Fear, nouvelle oeuvre de cet étrange cocktail de techno-thrash symphonique unique en son genre.

L'histoire de Mekong Delta a toujours été entourée d'un épais mystère. Estimant que leur nationalité allemande pouvait constituer un handicap à l'échelle internationale, mais également pour des raisons contractuelles liées au line-up, les musiciens n'apparaissaient pas sur les photos promotionnelles et ont toujours évolué sous des pseudonymes, quand bien même certains étaient assez célèbres. Pour ne citer que les plus connus, disons que Jörg Michael se cachait sous le pseudo de Gordon Perkins, tandis qu'Uli Küsch portait le nom Patrick Duval. Maintenant que tous ces secrets ont été révélés, il n'est pas étonnant de voir les musiciens arborer leur vrai nom.

Pour ce grand retour, Hubert a complètement renouvelé ses troupes, si l'on considère que Küsch n'avait fait qu'une tournée et un picture disc, remplaçant un Jörg Michael qui n'avait pu se libérer. Musicalement, Mekong Delta reprend les choses là où il les avait laissées. Cela n'est pas sans poser un réel problème au niveau de la production, qui sonne extrêmement datée. Certes, c'est sans doute une volonté de Ralph Hubert, puisque celui-ci s'en est chargé lui-même, mais le son requiert un certain temps d'adaptation. Ainsi, la batterie, qui sonne de façon très synthétique, se révèle assez déstabilisante. En revanche, musicalement, on évolue en terrain connu. On saluera d'ailleurs l'effort fourni pour limiter les habituels délires, ce qui permet de conserver une certaine cohérence au niveau des morceaux qu'on avait un peu perdu sur les derniers albums.

Ce qui est surprenant en revanche, c'est la coloration heavy metal de certains titres, presque speed mélodique, insufflée par la voix très aiguë de Szpigiel. On croirait presque entendre Michael Kiske sur "Purification" ou l'excellent "Defenders of the Faith". Le chanteur est parfois un peu à la peine, notamment sur "Symphony of Agony", et fait quelque peu regretter l'époque Doug Lee. En revanche, derrière les fûts, Küsch fournit un travail ahurissant, notamment sur l'opener "Society in Dissolution", probablement le plus technique du lot. Très présente sur les derniers essais avant le split, la facette classique est quant à elle un peu mise à l'écart. On ne retrouve que peu d'inspirations de ce côté sur les morceaux chantés, et elle ne s'exprime en fait que sur les 3 instrumentaux ("Allegro Furioso", "Moderato" et "Allegro"). La seconde offre un amusant clin d'œil à Star Wars, tandis que la dernière est une relecture d'une oeuvre d'un compositeur russe, qui n'est pas Moussorgsky pour une fois mais Chostakovitch, et sur laquelle la basse d'Hubert fait merveille.


Au final, pour son retour, Mekong Delta nous livre un bon album, assez dans l'esprit qui animait le début de sa carrière. Toutefois, pas de révolution à l'horizon et le groupe aura du mal à intéresser d'autres personnes que les fans de la démarche d'un groupe comme Coroner ou des amateurs d'un metal prog' agressif, et qui tolèreront un chant aigu et une production faiblarde. Donc pas vraiment le metalleux lambda, malgré un effort sur l'accessibilité de sa musique.


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