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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 octobre 2007
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Pest
(chant)

-Heks
(guitare)

-Doden
(guitare)

-Morrigan
(claviers)

-T. Reaper
(basse)

-Torquemada
(batterie)

TRACKLIST

1)A Black Odyssey
2)The Dark Night Of The Souls
3)Soulblight
4)Nightbreed
5)Voice From A Starless Domain
6)The Goddess’ Lake
7)Charge

DISCOGRAPHIE

Witchcraft (1997)
Soulblight (1998)

Obtained Enslavement - Soulblight



Après un petit premier disque tout à fait réussi (Witchcraft), Obtained Enslavement repointe le bout de son nez avec un 2e album (et aussi avant-dernier malheureusement ...) qui reprend les grandes lignes du précédent tout en les poussant plus loin. L'album est ainsi plus rapide, les claviers sont plus présents, le son est meilleur et la maîtrise instrumentale plus grande. Le groupe continue à prouver qu'on peut faire du black metal à claviers toujours très pur sans pour autant copier Emperor.

Et c'est bien là que réside la plus grande caractéristique du groupe. Obtained Enslavement peut être considéré comme la seule alternative plausible et valable à Emperor en terme de black metal à claviers ... non devenu grand public. Sur cet album il est évident que cet instrument joue un rôle prépondérant dans la qualité des compositions. Son utilisation façon piano est remarquable et apporte réellement une touche de raffinement exquis à la musique. L'intro est elle entièrement composée aux claviers dans le plus pur style imitation d'orchestre classique. Ça rend diablement bien. La chanson qui arrive juste derrière, "The Dark Night Of The Souls" annonce la couleur du reste de l'album : rapide. Car cette galette fait la part belle au blast beat même si Torquemada est capable de bien d'autres choses. La musique proposée par le groupe est très véloce et par la force des choses, violente. Mais pas tant que ça. Obtained Enslavement ne lâche pas les riffs assassins, au contraire presque. Il compose toujours avec un sens certain de l'harmonie et de la mélodie. Cela fait que malgré le déluge blast, on ne ressent pas un sentiment d'oppression suffocante.

Ces norvégiens sont donc délicats dans leur manière d'aborder l'Art Noir. La chanson-titre "Soulblight" est un magnifique résumé de tout ce que le groupe sait faire de mieux. Ligne de piano excellente toute en retenue, riffs imparables, mélodie présente et accrocheuse accompagnée de gros blasts fumants et chant râclé très malsain. D'ailleurs ce chant assuré par Pest est peut-être l'élément le plus violent du groupe. Il a un grain criard particulièrement malsain. Ça passe magnifiquement bien dans les compositions puisqu'il est ainsi mis en opposition avec le côté plus mélodique des instruments. Côté mélodique soutenu comme il se doit par une maîtrise instrumentale très convenable ce qui autorise l'émergence de riffs recherchés et délicats ainsi que des variations de tempo tout à fait bienvenues. Il faut peut-être s'arrêter ici un instant sur le batteur du groupe : Torquemada. Comme dit précédemment, il balance le blast avec maestria mais assure très correctement dans les parties plus calmes. Ses roulements de double pédale sont ravageurs et son travail sur le kit en général donne toujours des réjouissances à l'oreille avec quelques finesses et subtilités bien présentes.

Et si le groupe se pose comme la seule alternative à Emperor, il n'en demeure pas moins qu'il se rapproche parfois beaucoup de ce maître. "Nightbreed" et "Voice From a Starless Domain" quand elles commencent à partir dans des claviers par nappes rappellent indéniablement la référence du style période In the Nightside Eclipse. Ce n'est absolument pas un reproche car le groupe ne peut être taxé de copieur puisqu'il se démarque d'Emperor la plus grande partie du temps. Mais on sent les influences. "Voice From a Starless Domain" est aussi l'hôte de magnifiques arpèges aériens qui apportent un souffle d'air frais supplémentaire au disque. C'est une initiative toujours très agréable à entendre d'autant que leur insertion dans la composition est naturelle et excellente. Cela souligne un point important concernant cet album : Obtained Enslavement a mûri dans sa façon de composer et possède un plus grand savoir-faire en la matière désormais. Witchcraft était déjà très satisfaisant à ce niveau là, mais possédait un petit arrière-goût de lassitude qui n'est pas présent ici.


Ce Soulblight est donc un brin supérieur au premier effort du groupe et rappelle que le black metal possède des pépites qui ne sont pas assez connues. Car Obtained Enslavement n'a jamais eu un grand succès commercial et est resté plutôt underground, milieu où il s'est forgé une très forte réputation. Dommage, il aurait mérité à être plus connu. Toutefois, cela ne vient en rien interférer avec le fait que Soulblight est un album de toute beauté, peut-être un poil trop policé ou « gentil » pour devenir une référence réellement absolue néanmoins. Cependant, la qualité est largement au rendez-vous et satisfera les fans les plus exigeants de black metal. A acheter les yeux fermés ... si vous le trouvez. Car le bougre est fort rare de nos jours.


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