1419

CHRONIQUE PAR ...

11
Bigduff
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 17/20

LINE UP

-Phil Anselmo
(chant)

-Dimebag Darrel
(guitare)

-Rex
(basse)

-Vinnie Paul
(batterie)

TRACKLIST

1)Mouth for War
2)A New Level
3)Walk
4)Fucking Hostile
5)This Love
6)Rise
7)No Good (Attack the Radical)
8)Live in a Hole
9)Regular People (Conceit)
10)By Demons Be Driven
11)Hollow

DISCOGRAPHIE


Pantera - Vulgar Display Of Power



La médiocrité du premier album de Damage Plan, le lymphatique "New Found Power", aura eu pour seul mérite de me replonger rageusement dans mes vieux Pantera, la bave aux lèvres et l’œil fou. Parce qu’il y a douze ans, les compères Dime et Vinnie ne donnaient pas dans la ballade pour fillettes et le gros son pour ados. Non à l’époque ils s’évertuaient plutôt à écraser la gueule de leur fans dans le plus terrible des étaux sonores, et à lâcher des albums du calibre de Vulgar Display Of Power à la face des métalleux déjà maltraités par un Cowboys From Hell, sorti deux ans plus tôt. Véritable pilier du power-thrash sans concession, cet album est la meilleure des invites à de violentes empoignades entre amis, épaules contre épaules, dans la chaleur de la fosse. La pochette ne pourrait d’ailleurs pas donner de meilleure illustration.

Histoire de se mettre en jambes, et de donner le tempo, "Mouth For War", qui ouvre l’album, nous assène d’entrée un terrible coup derrière la nuque. Difficile de faire plus efficace ! Son riff est mortel, et son refrain encore plus. Signature des grands batteurs, le jeu de Vinnie Paul ne se résume pas à la simple alternance grosse caisse/caisse claire, mais est redoutable de précision et de diversité, de groove furieux dirais-je même… Associé au véloce Rex, qui double la plupart du temps les parties de gratte à la basse, vous obtenez une session rythmique proprement hallucinante. Dimebag, pas peu fier, aura tôt fait de reconnaître qu’ils «sont solides comme un roc», qu’ils «se sont créé leur propre formule. They’re a fuckin’ machine». Tu m’étonnes !

La gratte n’est pas en reste d’ailleurs, mais on ne présente plus Dimebag ! N’importe quel métalleux a au moins fais une fois dans sa vie les frais de la puissance sonore et de la dextérité diabolique du texan. Difficile de ne pas rester admiratif devant la facilité avec laquelle le gaillard enchaîne les riffs les plus massifs et les solos les plus vicieux, le tout avec un son, LE son, rêve humide de bien des d’jeunz’. Reste enfin à évoquer le cas de Phil Anselmo, brailleur attitré du combo depuis l’expulsion de Terence Lee, en 1988, à l’époque où Pantera officiait dans un registre bien moins couillu que ce Vulgar Display Of Power… Le tatoué est intenable, gueulant comme un damné, et son chant (si l’on peut dire) a presque encore gagné en énergie depuis Cowboys from Hell.

Voilà pour la présentation de l’écurie, mais passons à la musique maintenant ! C’est bien simple, les cinq premiers titres de l’album sont des tueries absolues, des coups de matraque qui n’en finissent pas de cogner, mais qu’on a de cesse de réclamer. Le furieux "Mouth For War", que j’ai déjà évoqué, ouvre l’album comme on ouvre une Kro, d’un coup net et précis, qui ne laisse aucune chance à la pauvre capsule. Pitoyable analogie ? Sans aucun doute, mais ô combien véridique ! Pas le temps de souffler (la mousse ? hahem…) d’ailleurs avec "A New Level", tellement lourd qu’il en est oppressant, aéré l’espace d’un instant par un solo cosmique de Dime. Difficile de faire plus massif ? C’est sans compter sur le riff pachydermique de "Walk", délicieusement jouissif.

Toutes ces douceurs, qui ne suivent définitivement pas un long fleuve tranquille, sont truffées de breaks et de renversements de vapeur en tout genre, variant les tempos, égrenant sans compter solos et rythmiques d’acier, allant même jusqu’à passer d’une atmosphère intimiste à la pire des invites au headbanging, comme sur la power ballade "This Love". Un exercice où décidemment Pantera assure, rappelez vous "Cemetery Gate" sur Cowboys From Hell. Le reste est de la même trempe, un cran en dessous tout de même, avec les très bons "Rise" ou "Regular People" et le sympathique "By Demons Be Driven". Seuls le bizarre "No Good" et "Live In a Hole" font un peu tâche, tout comme le sirupeux "Hollow".


Mais peu importe, cet album est un véritable brûlot, indispensable dans toute cédéthèque digne de ce nom. Et franchement, si après vous être enfilés un "Mouth for War" ou un "Walk" vous n’avez pas décimé vos potes à mains nues, on ne peut plus grand-chose pour vous !!!


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 2 polaroid milieu 2 polaroid gauche 2