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CHRONIQUE PAR ...

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Joe Le Hareng
Cette chronique a été mise en ligne le 08 novembre 2009
Sa note : 18/20

LINE UP

-Phil Anselmo
(chant)

-Dimebag Darrell
(guitare)

-Rex Brown
(basse)

-Vinnie Paul
(batterie)

TRACKLIST

1)A New Level
2)Walk
3)Becoming
4)5 Minutes Alone
5)Sandblasted Skin
6)Suicide Note Part. 2
7)War Nerve
8)Strength Beyond Strength
9)Dom/Hollow
10)This Love
11)I'm Broken
12)Cowboys from Hell
13)Cemetary Gates
14)Fuckin' Hostile
15)Where You Come From
16)I Can't Hide

DISCOGRAPHIE


Pantera - Official Live : 101 Proof
(1997) - heavy metal thrash metal Power Metal - Label : EastWest



Il ne faut pas être bien malin pour deviner que Official Live : 101 Proof est un album live et un simple coup d'oeil à l'artwork (inspiré d'un célèbre marque de bourbon du Tennessee) que ce 101 Proof (littéralement 55° d'alcool) suffit à comprendre qu'il ne s'agit pas d'un Unplugged... Sorti en 1994, enregistré au cours de la tournée suivant The Great Southern Trendkill, 101 Proof reste à ce jour le seul témoignage live des Texans. Et autant dire tout de suite que c'est une grosse claque dans la gueule.

L'examen attentif de la tracklist permettra d'éluder très vite la question : ce live a des allures de Best-Of... À quelques omissions près, toutes les grosses bombes nucléaires sont là et sans même avoir mis la galette dans la platine, on se doute bien que l'on va prendre sévère. Les seules interrogations sont donc : le son est-il bon ? Phil Anselmo assure-t-il ? À la première question, la réponse est oui, sans hésiter. Vinnie Paul, triggé à mort mais avec un son gros comme ça a sorti les buchettes de compétition et Rex Brown légèrement sous-mixé vient gonfler le son de Dimebag. Parlons en de Dimebag, parce que là c'est le gros son : ample, dynamique et percutant. Et surtout pas froid pour un rond, voire même carrément organique. Ouf !

La deuxième interrogation vient donc d'Anselmo, que l'on sait capable du meilleur comme du pire, à force d'excès en tout genre (pensez donc, le Philou était cliniquement mort un an avant la sortie de l'album) : pas de crainte, il assure. À mort même (sans mauvais jeu de mot). Avec le timbre qu'on lui connaît, il parvient à balancer une énergie pas croyable dans les morceaux, reste d'une justesse irréprochable et se permet même quelques incursions dans les aigus. Bref, il fait son boulot de frontman. Un peu trop même et ses interventions entre les morceaux, truffées de « fuck » et autres perles d'argot anglo-saxon sont parfois pénibles (et ce discours sur le metal à la fin de "Sandblasted Skin", du grand art). Bah, ça fait partie du truc...

Et quel truc! Le moins que l'on puisse c'est que les Texans savaient (snif) monter une playlist! Du bourrin, du bourrin et du bourrin (ou presque) à peu près également réparti sur l'ensemble de leur carrière (enfin, les albums « misogynes », faut pas déconner non plus) même si l'album qu'ils sont censés défendre est particulièrement peu représenté : dommage, on n'aurait pas craché sur un "Flood", un "13 Steps" et surtout un "The Great Southern Trendkill" en ouverture... Tant pis, c'est "A New Level" qui ouvre la marche et ça fait place nette. Surtout avec un "Walk" de bon aloi pour assurer les finitions ! S'ensuit une heure où les torpilles succèdent aux torpilles : Un "5 Minutes Alone" d'anthologie (ce groove, quoi !), un "Suicide Note Part 2" qui brise la nuque et un "Strength Beyond Strength" d'une violence hallucinante qui ferme la première demi-heure.

La deuxième moitié vient achever les blessés à grands coups de classiques. "Hollow" se voit greffer le break/solo de "Domination" (un mutant bien connu des possesseurs de bootlegs) et "This Love" parée de son riff démoniaque vient calmer le jeu avant la grande déferlante. Imaginez vous prendre l'enchainement "I'm Broken"/"Cowboys"/"Cemetary Gates" dans la face. c'est chose faite. La première groove tellement que ça frise l'indécence. La seconde dépoussière la version album grace à un Philou imparable et un break/solo qui pique les yeux. Quant à "Cemetary Gates", elle est a deux doigts d'enterrer définitivement la version originale (merci Vinnie Paul) tellement Anselmo y met de l'émotion et des couilles. Un petit "Fucking Hostile" pour terminer ? Avec plaisir !


Force est d'avouer que la présence des deux inédits à la fin du disque (même s'ils sont d'une grande qualité) gâche un peu la fête... Mais ne boudons pas notre plaisir ! Pour ceux qui, comme votre serviteur, n'auront pas eu la chance de voir Pantera en concert, ce 101 Proof restera la seule chance de faire « comme si »... La double force de ce live est de proposer un best-of de qualité à ceux qui désireraient se lancer dans l'aventure et d'offrir aux fans un témoignage de cet énorme groupe qu'était Pantera. « Fucking Hostiiiiiiiiiiiiile! »


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