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CHRONIQUE PAR ...

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Magmahot
Cette chronique a été mise en ligne le 24 mars 2016
Sa note : 17.5/20

LINE UP

-Christopher Cruz
(chant+basse)

-Brandon Cruz
(guitare+claviers)

-Etienne Vazquez
(guitare)

-Danny Moncada
(batterie)

Guests :

The First Light Orchestra

-Stephanie Joiner
(chant)

-Sylvia Maisonet
(chant)

-Kate Marley
(chant)

-Peter Lam
(chant)

-Jovier Q. Sanchez
(chant)

-Tony Ramos
(chant)

-Matthew Singer
(chant)

-Michelle Des Roches
(violon)

-Alev Gökçe Erem
(violon)

-Noah Call
(violon)

-Adrianna Mateo
(violon)

-Nicholas Pauly
(violon)

-Filip Pogady
(violon)

-Kiho Yutaka
(violon)

-Linda Hsieh
(alto)

-Rick Quantz
(alto)

-Bobbie Lee Crow III
(violoncelle)

-Kristine Kruta
(violoncelle)

-Darius Christian Jones
(trombone)

-Benjamin Vokits
(tuba)

TRACKLIST

1) Yesteryear
2) Here After
3) Relinquish
4) The Keepsake
5) Falling Cedars
6) The True Pierce
7) A Faint Whisper

DISCOGRAPHIE


So Hideous - Laurestine
(2015) - postcore metal symphonique black metal illuminé - Label : Autoproduction



Il est clair que la meilleure catégorie de groupes sur laquelle on peut tomber sont ceux qui aiment faire de la musique. Ceux qui cherchent à émouvoir, à fasciner et transporter l'auditeur dans un univers fictif régi par les lois du décibel. Si je devais donc citer une œuvre qui m'a empoigné en ce début d'année 2016, Laurestine en sort grande vainqueur, en raison de cet enchevêtrement inextricable de troubles et d'états d'âme, mais aussi de cet ingrédient mystère sur lequel je ne peux mettre la main.

Que vaut-donc cette constellation émotionnelle décrite ? Déjà, des présentations s'imposent, l'ami Winter a d'ailleurs plutôt bien résumé le groupe dans la chronique de l'album précédent, je cite : black sympho + metalcore + post-rock. Comme quoi, les étiquettes nous rendent bien service en ces temps sombres. Vous visualisez la chose maintenant ? Ce que je vais donc vous conseiller est de vous débarrasser de l'immondicité que vous venez d'imaginer, Laurestine ne peut en aucun cas accepter une matérialisation aussi prosaïque. Les influences sont pourtant bien présentes, on retrouve d'ailleurs ce son post-black caractéristique des nouveaux groupes qui bourgeonnent un peu partout ces dernières années, mais pas que - la musique de So Hideous penche du côté aérien et contemplatif. Ici, place à la lumière, à ces billions de photons qui traverseront vos tympans pour vous entraîner dans une catalepsie inopinée. Une lumière si pure qu'une tentative de conceptualisation de cette dernière se résumerait à une totale déconvenue. Bien sûr, pas besoin d'être un spécialiste pour dire qu'il est plus facile de barbouiller une toile noire plutôt que peindre une fenêtre aux reflets aveuglants dans le monde du rock. Et bien, ce constat permettra de mieux apprécier l'exploit réalisé par So Hideous.
La musique jouée vous propulsera d'ailleurs vers un autre monument du genre : Shelter de Alcest. Ne parlons pas de riffs, d'instrumentations et autres banalités. Il est ici question d'essence, de lumière, de pureté. D'autant plus que l'instrumentation est simple à première vue : des pianos, des nappes de synthétiseurs, des violons et des guitares planantes. Pas besoin de compliquer les choses quand on peut faire aussi simple, bordel ! Bon, voyons ce qui nous est proposé. "Yesteryear" offre un début on ne peut plus parfait à l'album, à base des notes douces de piano et de violons enchanteurs. Puis, ce cri. Ouf. Ivre de mélancolie, de tristesse, tout en dégageant la plus sainte des lumières, dépeignant la plus belle des fresques. Matez-moi ce vitrail, putain. Prenez place et priez pour votre salut, puisse le Seigneur vous pardonner. Puissent les messieurs de So Hideous vous imprégner de leur éclat divin.
La transition vers la piste suivante indique que cette claque n'était que la première. Quelle transition, pardi ? Le recueil est tellement homogène que l'enchaînement est immédiat et que le sens même du mot « transition » en devient inapproprié ! En réalité, le groupe ne propose pas des chansons à proprement parler, mais une seule grosse orchestration, un seul mouvement de quarante minutes. De ce fait, le début décrit constitue aussi la fin du disque. Le réveil plutôt, l'atmosphère et l'ambiance étant tellement poignantes qu'on se perd à admirer la clarté de cette lampe astrale pendant que nos sens se désorientent dans l'accalmie la plus totale. Rien ne peut vous faire évader de Laurestine, si ce n'est Laurestine. On a d'ailleurs l'impression que la fin de chaque morceau clôt le disque, mais l'écoute des notes qui suivent fait disparaître tout doute concernant ce dénouement hypothétique. Le monologue est donc le même après la fin de chaque chanson : « Mais oui, bien sûr, c'est parfait, ils n'auraient pas mieux enchaîné ».

Inutile de prolonger les comparaisons pour vous faire apprécier ce disque. C'est simple : écoutez ! Remerciez ensuite l'humanité de vous délivrer des virtuoses pareils. Le bond en qualité effectué depuis le premier album est vertigineux. Messieurs, appréciez. Il y a des choses qu'on ne peut goûter qu'une fois dans sa vie et Laurestine n'en fait définitivement pas partie. La « dernière écoute de la journée » n'est en réalité que la première écoute du lendemain. Tiens, je crois qu'il est temps de démarrer mon rituel quotidien.


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